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Lit de malade, paroisse Ste Marie de Setteville, capture TV2000

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Le Saint-Siège met à jour sa « Charte des personnels de la santé »

Pour le « droit à la santé » pour tous

Le Saint-Siège a mis à jour sa « Charte des personnels de la santé », publiée sous l’égide du Conseil pontifical pour la pastorale de la Santé en 1995. Le nouveau document, actualisé en tenant compte des questions éthiques nées ces dernières années, a été présenté le 6 février 2017 au Vatican. Il encourage les personnes du monde de la santé à promouvoir le « droit à la santé » pour tous.

Dans un message, le cardinal Peter Turkson préfet du Dicastère au service du développement humain intégral, qui englobe désormais le dicastère pour la pastorale de la santé, a rendu un hommage posthume à Mgr Zygmunt Zimowski, signataire de la nouvelle Charte. Le président de l’ancien Conseil pontifical s’est éteint le 13 juillet 2016.

L’ouvrage, a écrit le cardinal Turkson, est « son héritage laissé à la pastorale de la santé et au monde de la souffrance, auxquels il a consacré tant d’énergie et pour lesquels il a œuvré avec sacrifice et détermination, jusqu’aux dernières heures de son existence terrestre ».

Mgr Jean-Marie Mupendawatu, secrétaire délégué du Dicastère, a expliqué que cette nouvelle Charte « réaffirme la sacralité de la vie ». Ainsi « les personnels de santé sont (…) serviteurs de la vie et sont appelés à l’aimer et à l’accompagner ».

Soutenir la fidélité éthique

Le nouveau document respecte la trame de l’ancien – en trois parties : procréation, vie, mort – a expliqué Antonio Gioacchino Spagnolo, directeur de l’Institute of Bioethics and Medical Humanities de l’Université catholique du Sacré-Cœur de Rome.

Il a présenté les nouveautés de la Charte, qui fait état des avancées de la recherche biomédicale et des nouvelles réalités socio-sanitaires. Le texte élargit son spectre : outre les figures classiques des professionnels de la santé, il s’adresse aussi aux biologistes, pharmaciens, législateurs en matière de santé…

« La Charte, a expliqué Antonio Gioacchino Spagnolo, veut soutenir la fidélité éthique du professionnel de la santé dans les choix et dans les comportements où prend corps le service de la vie ». Il s’agit « d’offrir des lignes-guides le plus claires possible pour les problèmes éthiques à affronter dans le monde de la santé en général, en harmonie avec les enseignements du Christ et avec le magistère de l’Église ».

La section « procréation » spécifie « les critères pour les soins en matière d’infertilité et les références aux méthodes naturelles, non seulement pour la régulation de la fertilité mais aussi comme méthodes pour obtenir une grossesse ». Parmi les sujets abordés : la congélation de tissu ovarien comme « réponse éthiquement acceptable dans le cas de thérapies oncologiques qui peuvent altérer la fertilité de la femme » ; les nouvelles tentatives de génération humaine en laboratoire, des procédures « moralement inacceptables » ; le diagnostic préimplantatoire, « expression d’une mentalité eugéniste qui légitime l’avortement sélectif pour empêcher la naissance d’enfants affectés de diverses maladies ».

La deuxième section, « vie », confirme « la position de toujours concernant l’avortement en insérant de nouveaux articles sur la réduction embryonnaire, l’interception, la contragestion, les fœtus anencéphaliques, les grossesses extra-utérines, la protection du droit à la vie ».

Justice sanitaire

La Charte, a poursuivi Antonio Gioacchino Spagnolo, se penche aussi « sur le thème de l’accès aux médicaments et aux technologies » des populations des pays en voie de développement. Elle encourage les professionnels de la santé à « se faire les promoteurs d’une sensibilisation des institutions, des organismes d’aide sociale, de l’industrie de la santé, afin que le droit à la protection de la santé soit étendu à toute la population pour que l’on arrive à une justice sanitaire ».

Le texte souligne le rôle de la « consultation d’éthique clinique » (art. 140) qui favorise la résolution des problèmes « par des choix diagnostics et thérapeutiques partagés auprès du lit du malade, dans le cadre des valeurs de la médecine et de l’éthique ».

Enfin, la dernière section qui concerne le malade en phase terminale, évoque notamment la nutrition et l’hydratation ; l’expression anticipée des volontés du patient vis-à-vis de ses traitements ; le caractère éthique de la sédation palliative profonde dans les phases proches du moment de la mort.

Sur la toile de fond de cette section, a précisé Antonio Gioacchino Spagnolo, se trouve « le sens du respect du malade dans la phase finale de sa vie, en excluant et d’anticiper la mort (euthanasie) et de la prolonger par l’acharnement thérapeutique ».

Avec une traduction de Constance Roques

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