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Le cardinal Farrell à Murcia © laityfamilylife.va

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Le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, un « chantier en effervescence », par le card. Farrell

Les trois sous-secrétaires sont des laïcs

Le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie constitue un « chantier en effervescence », confie le cardinal Kevin Farrell à L’Osservatore Romano en italien du 12 janvier 2018, dans cet interview de Nicola Gori.

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Un « chantier » à peine ouvert mais déjà en effervescence, prêt à accueillir les défis toujours nouveaux que la société impose et à témoigner des valeurs de l’Évangile et du magistère de l’Église sur des thèmes de grande actualité pour la vie ecclésiale et sociale. C’est là le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, institué par le pape le 15 août 2016 et guidé par le cardinal préfet Kevin Joseph Farrell qui, dans cette interview accordée à L’Osservatore Romano du 12 janvier 2018, fait le point des activités de l’organisme et indique les perspectives de travail de la nouvella année.

Pouvez-vous tracer un premier bilan de l’activité du Dicastère ?

Un an est un temps bref pour une réalité complexe et structurée comme celle du nouveau dicastère, qui recueille les compétences et les fonctions qui avaient jusque là appartenu aux Conseils pontificaux pour les laïcs et pour la famille, pratiquement presque tout le peuple de Dieu ! Le défi est formidable parce que les tâches sont « la promotion de la vie et de l’apostolat des fidèles laïcs, le soin pastoral de la famille et de sa mission, selon le dessein de Dieu et pour la protection et le soutien de la vie humaine », comme le mentionnent les Statuts. Plus que de bilan, par conséquent, on peut parler de chantier à peine ouvert, y compris dans le sens matériel, puisque doivent encore être exécutés les travaux d’adaptation et de restructuration de l’environnement pour pouvoir avoir tout le personnel et les bureaux au même étage. Le 1er septembre dernier, le secrétaire, le p. Alexandre Awi Mello, a pris son service effectif ; le 7 novembre, le pape a nommé Linda Ghisoni sous-secrétaire pour la section des laïcs et Gabriella Gambino sous-secrétaire pour la section de la vie. Mais par-dessus tout cela, la nouvelle la plus importante a été la visite du pape François, le 30 octobre dernier. En saluant et en remerciant le pape, à cette occasion, j’ai rappelé que le grand défi que nous affrontons est celui d’entrer dans une nouvelle mentalité de travail, de collaboration et de service. Cette nouvelle mentalité comporte avant tout le fait de raisonner en termes d’un seul dicastère, d’un unique et nouveau « corps », composé, bien sûr, de divers organes, mais qui vit, bouge et agit comme un tout. Dans tout le travail ordinaire et quotidien – visite ad limina des épiscopats, rapport avec les mouvements et associations de laïcs et de pastorale familiale – ce qui ressort particulièrement, c’est la tâche de coordonner et d’organiser deux grands événements : la journée mondiale de la jeunesse et la rencontre mondiale des familles.

Parlons de cette dernière. Quelles sont les attentes pour le prochain rassemblement prévu en août en Irlande ?

Les attentes sont nombreuses, non seulement pour la rencontre en elle-même mais aussi pour le défi de proposer « l’Évangile de la famille : joie pour le monde », thème choisi par le pape François sur le fond de l’exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia. Dans la lettre qu’il m’a adressée, le pape se demandait : « La famille est-elle encore une bonne nouvelle pour le monde d’aujourd’hui ? » Et il ajoutait aussitôt : « Oui, j’en suis certain ! » Et ce « oui » est fermement fondé sur le dessein de Dieu. L’amour de Dieu est son « oui » à toute la création et au cœur de celle-ci, qu’est l’homme ». À l’événement de Dublin est liée l’attente d’admirer la beauté de l’amour familial concret, fait de gestes quotidiens, de l’habitude de dire « puis-je, merci, pardon » et de l’attention à la fragilité de chacun. Nous nourrissons la vive espérance d’avoir la présence du pape aux journées de clôture.

Comment se prépare-t-on à la rencontre ?

La préparation de ce rendez-vous est importante dans tous les diocèses et dans les paroisses, autant que la célébration finale en Irlande. Les sept catéchèses internationales de préparation seront bientôt rendues publiques, une pour chaque mois. Mêlant le texte d’Amoris laetitia et l’histoire de la famille de Nazareth, les catéchèses veulent montrer l’actualité prophétique de l’Évangile de la famille. D’un regard concret sur les familles d’aujourd’hui (la première), à l’actualité de la parole de Dieu dans le quotidien familial (la seconde) pour arriver au rêve que Dieu a pour toutes les familles (troisième), y compris là où sont fragilité et faiblesse (quatrième) ; la famille est le véritable générateur d’une culture nouvelle, celle de la vie (cinquième), de l’espérance (sixième) et de la joie (septième).

Comment se passe l’organisation de la JMJ 2019 à Panama ?

Depuis le début, le chemin vers Panama s’est caractérisé comme un pèlerinage marial, selon les indications du pape François lui-même : « Il me tient à cœur que vous, les jeunes, vous puissiez cheminer non seulement en faisant mémoire du passé, mais en ayant aussi du courage dans le présent et de l’espérance pour l’avenir ». Ce sont les attitudes de la jeune femme de Nazareth. Dans les étapes vers la grande rencontre des jeunes, celle du Synode des évêques sera aussi fondamentale, en octobre prochain, sur le thème « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » : un synode spécial par son thème mais aussi par la méthodologie de consultation directe des jeunes. Il est clair, dans les intentions comme dans les gestes, que le pape a tracé un parcours en grande harmonie entre le synode et la JMJ de Panama. Plus concrètement, il y a eu, et il y aura encore, des rencontres entre le dicastère et le comité organisateur local.

Que sera la journée de Panama ?

La JMJ que nous vivrons sera certainement une JMJ très mariale et très typique de l’Amérique centrale, selon l’image évoquée par notre secrétaire, le père Alexandre. Plus concrètement, nous travaillons à la planification des principaux événements de la journée, à réaliser un fonds de solidarité, aux logements des participants, aux catéchèses préparatoires, à la composition du « sac du pèlerin » et au vaste thème de la communication. Depuis des mois, se poursuit le pèlerinage des symboles de la JMJ ; après le Mexique, la croix des jeunes est allée à Cuba, à Saint-Domingue et à Haïti ; elle vient d’arriver à Porto Rico et rejoindra bientôt toute l’Amérique centrale. Et après celle de Rome, en avril dernier – environ 270 participants, venant de 103 pays et 44 mouvements et communautés – les aspects pastoraux et logistique de la seconde rencontre internationale de préparation à la JMJ, qui se tiendra du 7 au 9 juin prochains à Panama, sont en train de se perfectionner.

Vous avez récemment lancé la vidéo Goodnews et une lettre d’information en différentes langues. Quelle est l’importance de la communication dans la stratégie du dicastère ?

La nature, l’histoire et les perspectives du dicastère montrent la richesse des contenus, la variété des sujets impliqués et les objectifs à atteindre. Il s’agit, pour le dire de manière synthétique, de contribuer effectivement à la nouvelle évangélisation. Avec des mots lourds de sens, c’est ce que dit la lettre apostolique Sedula Mater par laquelle le pape François a institué le dicastère : « Nous-mêmes, nous nous employons promptement à faire en sorte que les richesses du Christ Jésus se déversent de manière appropriée et à profusion parmi les fidèles ». Pour « déverser » l’Évangile, la communication est structurellement nécessaire et stratégique parce qu’elle est toujours au service des contenus, faisant partie du processus même de construction du message, et non comme une simple annexe.

Vous êtes vous aussi, d’une certaine manière, impliqués dans la réforme de la communication voulue par le pape François ?

Il est sous les yeux de tous que la réforme voulue et inaugurée par le pape a concerné, de manière visible, concrète et à long terme, le nouveau système communicatif du Saint-Siège ; une réforme à la recherche de « nouveaux critères et modalités pour communiquer l’Évangile de la miséricorde à tous les peuples, au cœur des différentes cultures, à travers les médias que le nouveau contexte culturel numérique met à disposition », comme l’a dit François aux participants à l’assemblée plénière du Secrétariat pour la communication. Dans notre contexte, nous voulons nous engager dans la même ligne, dans la simplicité de nos moyens et de nos ressources. Je suis conscient que la communication ne s’improvise pas et qu’elle nécessite une préparation, un accompagnement et une vérification ; mais je suis aussi confiant parce que nous voulons nous insérer dans le grand flot communicatif déjà mis en œuvre dans tous les contextes de la réalité ecclésiale, qu’elle soit centrale ou périphérique. C’est justement l’intérêt pour les réalités particulières qui constitue une occasion privilégiée pour construire et consolider des relations avec les différentes conférences épiscopales et les autres réalités associatives impliquées.

Le troisième champ du travail du dicastère est la vie. Sur quelles initiatives travaillez-vous et quelles sont les formes de collaboration avec l’Académie pontificale pour la vie ?

Quelques rappels de l’actualité suffiraient pour comprendre combien le thème de la protection et du soutien de la vie humaine est essentiel pour les compétences explicites de notre dicastère, appelé à soutenir et à coordonner les initiatives en faveur de la procréation responsable et pour « la protection de la vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle », selon les besoins et les particularités de la personne dans les différentes phases de l’évolution. Ceci rappelle aussi le rapport avec les organisations et les associations qui aident la femme et la famille à « accueillir et à garder le don de la vie et à prévenir le recours à l’avortement », tout comme le soutien à des initiatives pour l’aide aux femmes qui ont avorté. La doctrine morale catholique et le magistère de l’Église sont un guide incontournable et sûr, accompagnés et soutenus par les études sur les grands thèmes de biomédecine et de droit relatifs à la vie humaine : une attention particulière est due aussi aux idéologies qui se développent, liées à la vie et au genre humain. Ce spectre très large de thèmes et de compétences est commun aux autres organismes du Saint-Siège – congrégations et académies – même si notre perspective spécifique est strictement pastorale et située dans le cadre de la famille. Gabriella Gamino, sous-secrétaire de la section Vie, a la compétence sur ces thèmes. Quant aux autres formes de collaboration avec l’Académie pontificale pour la vie, selon l’indication des statuts qui l’indique comme « liée à ce dicastère, qui s’appuie sur sa compétence », outre la représentation de notre délégué, Mgr Carlos Simon Vasquez, au sein du conseil de direction de l’Académie, quelques lignes spécifiques de recherche et de raccord seront convenues.

La nomination des deux femmes sous-secrétaires s’insère dans l’effort pour la valorisation du rôle de la femme dans l’Église. Quelle place ont les femmes dans l’activité du dicastère ?

Il est déjà dans les Statuts du dicastère que les trois sous-secrétaires sont des laïcs ; actuellement il manque encore celui pour la section de la famille. Les Statuts disent encore que, parmi les membres du dicastère, il y a « des fidèles laïcs, hommes et femmes, des célibataires et des personnes mariées, engagés dans les divers domaines d’activités et venant des différentes parties du monde, afin de respecter le caractère universel de l’Église ». C’est pourquoi le dicastère est un lieu privilégié et emblématique de l’Église catholique où les femmes et les hommes collaborent pour le bien de toute la communauté ecclésiale et où la différence entre les genres n’est pas seulement une occasion de collaboration, mais aussi d’une effective coresponsabilité. Actuellement, le personnel, entre les supérieurs, les officiels et le personnel technique, est équitablement partagé entre hommes et femmes ; parmi celles-ci, outre les deux sous-secrétaires, nous avons aussi Marta Rodriguez, responsable de la section Femme de notre dicastère.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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