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Deux survivants, Luciana Tedesco et Gabriele Sonnino, courtoisie de la Fondation Wallenberg

Deux survivants, Luciana Tedesco et Gabriele Sonnino, courtoisie de la Fondation Wallenberg

La « Maladie K », subterfuge pour sauver des familles juives sous l’Occupation

L’hôpital Saint-Jean-de-Dieu de Rome reconnu «Maison de Vie»

L’hôpital Saint-Jean-de-Dieu de l’île du Tibre, à Rome, s’est vu décerner le prestigieux titre de « Maison de Vie – Casa di Vita » par la Fondation internationale Raoul Wallenberg, le 21 juin 2016.

Ce titre rend hommage à l’action des Frères hospitaliers durant la Seconde Guerre mondiale: ils ont sauvé des dizaines de Juifs persécutés, notamment grâce au subterfuge de la « Maladie K ».

Une plaque commémorative a été placée dans la cour de l’hôpital en présence de deux survivants, Gabriele Sonnino et Luciana Tedesco, de frère Giampietro Luzzatto, conseiller général de l’Ordre hospitalier, et de hauts représentants de la communauté juive de Rome, indique Haaretz en anglais (Anna Momigliano).

Durant la guerre, le professeur Giovanni Borromeo et les Frères hospitaliers ont caché des familles juives aux nazis venus perquisitionner l’hôpital. Pour cela, le médecin a inventé une maladie infectieuse : la « Maladie K » (la lettre K étant inspirée par le nom de Herbert Kappler, officier SS et commandant des services secrets et de la Gestapo de Rome, et du général allemand Albert Kesserling). Craignant la contagion, les nazis n’osèrent  pas entrer dans la partie de l’hôpital mise en « isolement » et où se trouvaient des hommes, des femmes et des enfants juifs, entre septembre 1943 et juin 1944.

Le nom du frère Maurizio Bialek, supérieur de la communauté de l’époque, a été aussi évoqué lors de la cérémonie. Il avait installé une radio clandestine dans la cave de l’hôpital, permettant ainsi le contact avec les résistants de Rome et des alentours. Il procurait également de faux papiers aux juifs qui trouvaient  refuge dans son hôpital.

Les deux survivants, Gabriele Sonnino et Luciana Tedesco, ont pris la parole au cours de la cérémonie. « Il y avait des enfants de mon âge, a raconté Gabriele Sonnino qui est entré à l’hôpital le 16 octobre 1943. Nous ne pouvions rien faire de toute la journée, et ne savions pas pourquoi nous étions enfermés ici. Nous pensions que c’était une punition. Aujourd’hui, nous savons que c’était le salut. »

Gabriele Sonnino, ému, a évoqué le nom du frère Maurizio Bialek: « C’est mon deuxième père. Je lui dois la vie. »

About Marina Droujinina

Journalisme (Moscou & Bruxelles). Théologie (Bruxelles, IET).

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