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Corruption © Flickr

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Intention de prière de février 2018 : « Non à la corruption »

Editorial du p. Daniel Régent

Voici l’intention que le pape François confie à la prière de son Eglise pour le mois de février 2018:

« Non à la corruption : Pour que ceux qui ont un pouvoir matériel, politique ou spirituel ne glissent pas vers la corruption. »

Le père  Daniel Régent sj, directeur national du Réseau mondial de prière France, « Prier au Coeur du monde » (l’Apostolat de la prière www.prieraucoeurdumonde.net) aide à approfondir ce que le pape confie à chaque baptisé.

« Corruption… tous mouillés ? »

« Tous mouillés » dit le titre du magazine. L’expression donne à penser à « tous pourris ! » Le Pape appelle ce mois-ci à prier « pour que ceux qui ont un pouvoir matériel, politique ou spirituel ne glissent pas vers la corruption. » Nous sommes tous prêts à nous scandaliser des agissements de ceux qui sont pris la main dans le sac de la corruption et font la une des journaux une fois que le scandale a éclaté, alors même qu’ils ont pu agir longtemps en toute impunité avec diverses complicités, qu’ils soient industriels, financiers, politiques ou même religieux. La corruption hélas n’a pas de frontière et prend des formes diverses.

Passer de « tous mouillés » à « tous pourris » est un glissement dangereux. Avec « tous mouillés » je me sens concerné ; avec « tous pourris » je ne pense, pour ma part, qu’aux autres… Passer de l’un à l’autre en prenant une expression plus musclée donne bonne conscience à bon compte. Les excès dans le langage pourraient-ils nous mettre sur la planche savonnée qui fait glisser ? La corruption est au coin de la rue. Elle touche aussi le langage.

L’esprit est le gardien de la lettre. Qu’est-ce à dire ? C’est l’esprit qui donne sens à la loi et la garde dans sa pureté d’intention. Sans l’esprit, la loi peut être contournée dans le respect de la loi, avec en prime la fierté de la rectitude. Les champions de cette manière de faire sont les Pharisiens de l’Évangile. Ils tiennent à la lettre de la loi, quitte à vivre des choses très austères. Ils en tirent leur fierté et font la leçon à Jésus. Aujourd’hui, ils peuvent s’appeler « redresseurs de torts ». La loi est corrompue dans son esprit.

Une fois cette première étape franchie, une deuxième se présente. En effet, la loi sans esprit n’a pas de raison. Elle est arbitraire. S’il y a une bonne raison de faire autrement, qu’est-ce qui va retenir de passer outre ? La fin – qui est vue comme bonne – justifie les moyens. Et hop, c’est parti pour déraper. D’ailleurs « tout le monde le fait ».

A la fin du discours sur la montagne (Mt 5 – 7), Jésus donne une image : la maison construite sur le roc et celle construite sur le sable. Celui qui écoute les paroles de Jésus, écoute l’esprit de la loi qui est béatitude. Il construit sa maison sur le roc. Celui qui entend sans écouter, construit sur le sable. Il est sur la planche savonnée. La pluie vient et la maison s’écroule. La ruine est grande pour le propriétaire et pour tous.

Les dégâts de la corruption seront proportionnels au pouvoir de chacun. Petits ou grands, ils sont de toute façon ‟ une pourriture contagieuse  ” : « La corruption gâte et détruit l’âme et le corps » -Pape François 21-22 janvier 2018-

Qui peut dire qu’il garde toujours dans son cœur l’esprit de la loi ? C’est au-delà des forces humaines. L’Esprit Saint travaille en chacun, croyant ou non-croyant. Il construit la maison bâtie sur le roc.

Au milieu de ce mois, nous entrerons en Carême. En priant pour l’intention du Pape, soyons conscients que nous prions aussi pour notre conversion.  Bon carême à chacun !

P. Daniel Régent sj, Directeur France

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