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Fr Eric Salobir, op.org

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« Goodmakr », un « incubateur » au service de la communication du bien, par le Fr Salobir

Le charisme dominicain et le numérique

Le projet d’un « incubateur » ou « accélérateur » pour start-ups « éthiques », Goodmakr, du réseau Optic des dominicains, a été présenté au siège de la Conférence des évêques de France (CEF) à Paris (France), lundi 12 juin 2017, lors d’une rencontre sur l’Église et le numérique.

Goodmakr est sous l’égide d’Optic, le réseau de recherche sur les nouvelles technologies des dominicains, présidé par le Fr Eric Salobir qui a annoncé pour l’automne 2017 un premier appel à candidatures pour les start-ups intéressées, comme il l’explique, dans cette interview, aux lecteurs de ZENIT.

Le président du Conseil pour la communication de la CEF, Mgr Norbert Turini, évêque de Perpignan, a pour sa part annoncé une nouveauté : la publication d’un Documents épiscopat sur les enjeux du numérique pour l’Eglise.

L’évêque de Pamiers, Mgr Jean-Marc Eychenne,  membre du conseil pour la communication de la CEF, a annoncé la création d’un pôle de réflexion dans ce domaine.

Le Fr Eric Salobir, promoteur général pour les communications sociales de l’Ordre des prêcheurs, qui a été nommé par le pape consulteur du Secrétariat pour la communication, le 12 avril 2017,  vous en dit davantage.

ZENIT – Fr Eric Salobir, quelle est votre mission ?

Fr Eric Salobir OP – Je suis dominicain, je suis membre de la curie de l’Ordre, et je suis en charge de tout ce qui est technologie et communications et à ce titre je suis le président d’Optic qui est un réseau dédié à l’étude et à la promotion des technologies.

Vous venez de présenter un projet à la Maison des évêques de France…

Nous travaillons beaucoup avec la Conférence des évêques de France. Nous avons collaboré avec eux à la rédaction d’un document sur l’Eglise et les réseaux. Et, en dehors de nos activités de recherche, nous avons aussi une action de promotion, de soutien de l’innovation. Cette activité nous a conduits à créer un « incubateur de projets » de projets numériques, de projets innovants qui s’appelle « Goodmakr ».

A qui s’adresse Goodmakr ?

Goodmakr a pour ambition d’accompagner l’innovation pour le bien commun, en constituant un environnement favorable au développement de projets éthiques, qui accompagne les créateurs dans leurs convictions, avec réalisme et engagement.

Au sein de Goodmakr, se côtoieront des équipes travaillant sur des projets d’Église, sur des initiatives de type civic tech, dédiées à une amélioration de la société, mais aussi dans des start-ups investies dans d’autres secteurs d’activité, et qui souhaitent placer l’éthique au cœur de leur développement. Participant aux mêmes séminaires, hackathons ou master classes, ces différents acteurs pourront s’inspirer les uns des autres, pour que les projets associatifs soient aussi professionnels et que les entreprises apprennent à tirer leur profitabilité et leur pérennité de leur modèle de développement éthique.

Goodmakr est la première référence existante en matière de développement de nouveaux modèles d’affaires « éthiques  by design »,  à la fois rentables et soucieux du bien commun.

Un premier appel à candidatures start-ups aura lieu à l’automne 2017.

Il y a une option pour l’éthique possible au sein des réseaux sociaux ?

Il y a une option pour l’éthique au sein des réseaux sociaux et il y a une option pour le bien commun qu’un  certain nombre de projets de start-ups, d’entreprises ou d’associations ont et que nous allons aider à développer.

Vous avez déjà une cible ?

Nous savons déjà à peu près quels sont les porteurs de projets qui sont venus nous voir, après nous les développerons au fur et à mesure. Nous avons organisé des hackathons : des concours de « hackers », en fait des concours de projets numériques, de projets innovants, mais en l’occurrence c’était au service de l’Eglise. Nous en avons organisé à San Francisco, à Paris… A Paris, les vainqueurs étaient les porteurs d’une application pour aider à prier, pour prier avec son téléphone : le téléphone vous aide ! Et donc on « incube » un projet c’est-à-dire qu’on l’accompagne pas à pas dans son marketing, sa finance, son éditorial, son aspect ecclésial. On les aide à se développer, on les aide à structurer leur projet.

Comment se passe un hackathon?

Un hackathon se passe dans un lieu précis : à Paris c’était rue du Faubourg Saint-Honoré (au couvent de dominicains, ndlr). Le prochain sera à Los Angeles et le suivant sera annoncé plus tard.

C’est un instrument au service d’une grande créativité ?

C’est un instrument, le hackathon, au service d’une rencontre entre la créativité des jeunes venus parfois des périphéries, de loin, et puis les questions que se pose l’Eglise y compris dans son institution.

Comment se tenir au courant de ces événements ?

Nous avons un site optictechnology.org qui concerne Optic, la recherche et l’innovation. Et puis nous avons goodmakr.org : c’est un site dédié à notre incubateur,  sur lequel on retrouve toutes les informations.

Frère Salobir, vous êtes dominicain: cela fait partie de la vocation dominicaine ?

La vocation dominicaine a toujours été en lien avec la Parole de Dieu, donc aujourd’hui aussi avec les media, avec la radio, la télévision – le Jour du Seigneur par exemple –. Et puis la relation à la science, à la technologie, depuis saint Albert le Grand, depuis saint Thomas d’Aquin, a toujours été importante pour nous. Et donc effectivement, le fait de travailler sur les media numériques et les technologies c’est quelque chose d’assez naturel pour nous.

Vous êtes parisien mais vous êtes romain aussi…

Alors, mon bureau principal est à Rome, mais je suis assez souvent à Paris et j’essaye de travailler le plus possible en  lien avec l’Eglise qui est en France.

A Rome nous avons la curie généralice de l’Ordre, à Sainte-Sabine, et cette curie généralice adresse toutes les questions du gouvernement de l’Ordre et elle fait la promotion d’un certain nombre de choses. Je suis en charge de la promotion de l’usage des media et des technologies pour la mission, pour le service de la mission, pour annoncer l’Evangile.

Et vous travaillez avec le nouveau Secrétariat pour la communication dont vous êtes consulteur…

Nous sommes en lien étroit avec Mgr Dario Vigano et le Secrétariat pour la communication, et c’est avec ce Secrétariat et les autres dicastères que nous allons essayer de discerner quelles sont les attentes de l’Eglise.

Les dominicains viennent de célébrer leurs 800 ans…

Pendant une année nous avons fêté dans le monde entier les 800 ans de l’Ordre dominicain : il y a eu des célébrations, des colloques, des vidéos, beaucoup de choses se sont faites. Le Saint-Père a célébré avec nous, le Saint-Père a twitté pour nous… Mais la question c’est que 800 ans ce n’est pas un point d’arrivée, 800 ans c’est aussi un point de départ. Et pendant ce jubilé nous avons eu un grand colloque pour essayer de préparer ce que seraient, j’oserais dire, les 800 ans à venir. Et donc quels sont les défis pour la pastorale, quels sont les défis pour la mission, pour la prédication. Et c’est cela que l’on a travaillé autour du Maître de l’Ordre, le Fr Bruno Cadoré, pour l’aider à définir un peu les grandes orientations de notre Ordre. Et parmi ces orientations, affronter, ou confronter ou rencontrer, dialoguer avec le monde numérique et c’est l’un des points clefs.

About Anita Bourdin

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