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Election du pape François, 13 mars 2018 capture CTV

Election du pape François, 13 mars 2018 capture CTV

Cinq ans de pontificat : la force du nom de François

Editorial de Giovanni Maria Vian dans L’Osservatore Romano

À l’occasion du cinquième anniversaire de l’élection du pape Bergoglio, c’est sur le nom du pape François que titre L’Osservatore Romano du 13 mars 2018, dans un éditorial intitulé « La force d’un nom ».

Un nom imprévu et inattendu, symbole d’un « renouvellement radical », un nom qui «  rappelle le saint d’Assise et sa radicalité dans l’imitation du Christ ». Ce nom qui évoque « l’attention et la proximité avec les pauvres », « la prédication de la paix et la protection de la création » est désormais lié à « un pontificat essentiellement missionnaire ».

Nous publions notre traduction de cet éditorial du directeur de L’Osservatore Romano, Giovanni Maria Vian, avec l’autorisation du quotidien du Vatican.

La force d’un nom

Il y a cinq ans, bien peu nombreux étaient ceux qui avaient su prévoir l’élection au conclave de l’archevêque de Buenos Aires, et encore moins encore étaient ceux qui s’attendaient au nom qu’allait choisir le successeur de Benoît XVI après sa renonciation au pontificat, pour la première fois depuis six siècles. Et pourtant, l’attente de ce nom était là, comme le proposaient certains électeurs et comme cela apparut, de manière étrange, sur l’image relancée pendant le conclave par les télévisions, d’un homme vêtu d’une bure et à genoux, sous la pluie glaciale qui tombait sur la Place Saint Pierre, un carton autour du coup sur lequel on lisait « pape François », résumant, dans ces paroles écrites, l’attente, fréquente au Moyen-Âge, d’un renouvellement radical grâce à un « papa angelicus ».

Dans la tradition juive puis chrétienne, un nom renferme beaucoup plus qu’une préférence ou une inclinaison, comme cela apparaît dans la Bible : le Seigneur change celui d’Abraham et Jésus fait de même avec Pierre pour indiquer sa transformation de vie. L’usage de prendre un nom différent du sien s’est affermi beaucoup plus tard dans certains ordres religieux, comme cela s’était produit après les premiers siècles dans les successions des papes. Mais aucun pontife n’avait choisi de s’appeler François, nom d’origine profane qui, en latin médiéval, indiquait la provenance de la France, mais devenu chrétien par excellence parce qu’il rappelle le saint d’Assise (baptisé sous le nom de Jean) et sa radicalité dans l’imitation du Christ.

Au début de la sixième année de pontificat, apparaît clairement la force de ce nom que Bergoglio a voulu expliquer aux journalistes rencontrés trois jours après l’élection. Nom qui évoque la figure de saint François pour trois motifs : l’attention et la proximité avec les pauvres, recommandées au nouveau pontife par « un grand ami » (le cardinal brésilien Cláudio Hummes qui était à côté de lui dans la Chapelle Sixtine), lorsque les votes avaient désormais dépassé les deux tiers nécessaires, la prédication de la paix et la protection de la création. Trois composantes du message chrétien qui caractérisent le déroulement des journées du premier pape américain, qui est aussi le premier non européen depuis presque treize siècles et le premier jésuite.

En indiquant la nécessité pour l’Église de sortir dans les périphéries réelles et métaphoriques du monde pour annoncer l’Évangile, l’archevêque de Buenos Aires traçait peu avant le conclave les lignes d’un pontificat essentiellement missionnaire, lignes qui, en quelques mois, allaient être développées dans le long document programmatique Evangelii gaudium. Joie, oui, malgré les persécutions et le martyre de nombreux chrétiens, malgré le déséquilibre qui croît entre le nord et le sud du monde, malgré la guerre mondiale « en morceaux » si souvent dénoncée, malgré la dévastation de la planète, au détriment avant tout des pauvres, décrite dans Laudato si’, une encyclique accueillie avec intérêt et espérance aussi de la part de très nombreuses personnes qui semblent ne pas se reconnaître dans l’Église. Comment, bien au-delà des frontières visibles de l’Église, arrive la parole simple et passionnée d’un chrétien qui, portant un grand poids, demande tous les jours que l’on prie pour lui.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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