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Crucifix carved into a wooden hammer and sickle given to Pope Francis by Bolivian President Evo Morales

ANSA - OSSERVATORE ROMANO

Bolivie: la croix sculptée dans un marteau sur une faucille, explications

Le président bolivien Morales offre au pape une croix de bois sculptée dans un marteau sur une faucille. Une croix attribuée au martyr jésuite Luis Espinal. Explications du porte-parole du Saint-Siège.

Le cadeau du président bolivien Evo Morales au pape François –  un crucifix en bois sculpté dans un marteau appuyé sur une faucille – est l’œuvre du père jésuite Luis Espinal, torturé et assassiné le 21 mars 1980, à La Paz, à l’époque de la dictature. Le pape lui a rendu hommage le 8 juillet.

Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi l’a révélé lors d’un briefing  à Santa Cruz de la Sierra, en disant: « C’est quelque chose qu’on ne connaissait pas, Espinal n’en a pas fait de publicité. Effectivement, dire que c’est Espinal qui l’a faite c’est vrai. En revanche pour ce qui est de la signification à lui donner c’est une autre affaire ».

«  Il s’agit de comprendre l’objet, de savoir comment il est né et quel sens lui donner . L’Eglise, normalement, ne propose pas de crucifix en dehors du contexte de Jésus qui meurt sur la croix, mais en même temps nous savons que tant de personnes ont essayé de trouver des formes d’expression qui illustrent leur engagement pour la justice et de l’exprimer de différentes manières ».

«  Le dessinateur plus créatif, a poursuivi le père Lombardi, peut l’exprimer avec un symbole qui pour certains sera parlant, pour d’autres ne le sera pas. La question c’est l’interprétation que l’on en donne, l’utilisation que l’on en fait. Si l’on vient me dire qu’il s’agit d’une œuvre d’Espinal en lien avec son époque je n’ai pas trop de mal à penser que dans ce contexte, celui-ci a voulu représenter le dialogue avec ceux qui se battaient pour la justice sous une forme qui dépasse même les frontières de l’Eglise ».

«  Si maintenant on me dit nous l’utilisons et que nous en faisons un symbole d’identification, il faut voir comment on l’utilise et pourquoi on le fait », a précisé le porte-parole du Saint-Siège. «  Je ne pense pas mettre ce symbole  dans une église ou sur un autel, mais en même temps si, lui, il a dessiné cette chose en 1980 pour exprimer ce qu’il vivait à l’époque … les jésuites m’ont dit que c’est Espinal qui l’a faite et dessinée. C’est une autre chose que de le prendre et de le proposer : ne venez pas me demander ce qu’a dit le pape je n’en sais rien. Mes confrères jésuites non boliviens, eux non plus, n’avaient jamais vu la sculpture, ils sont tombés des nues ».

Cette croix a été interprétée par certains comme l’évangélisation d’un symbole non chrétien, et même hostile à la foi, manifestant la force de récocniliation de la Passion du Christ.

Avec une traduction d’Océane Le Gall

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