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Angélus, 16 déc. 2018 @ Vatican Media

Angélus, 16 déc. 2018 @ Vatican Media

Angélus du « Gaudete »: « L’étincelle du bonheur pour le monde entier » (traduction complète)

« Joie, prière et gratitude », pour « vivre Noël de manière authentique »

« Dans le cœur d’une jeune femme, Dieu allume l’étincelle du bonheur pour le monde entier », explique le pape François en ce dimanche 16 décembre 2018, troisième dimanche de l’Avent – du « Gaudete » -, dans son allocution avant l’angélus de midi, Place Saint-Pierre, en présence de quelque 25 000 visiteurs.

Pour vivre ce temps de préparation à Noël, le pape a invité à se poser la question:  « Qu’est-ce que je dois faire? Une toute petite chose, mais « qu’est-ce que je dois faire? ». »

« Et que la Vierge Marie, qui est notre Mère,  nous aide à ouvrir nos cœurs au Dieu-qui-vient, afin qu’il inonde de joie toute notre vie », a conclu le pape.

Le pape François a ensuite appelé la communauté internationale à la « responsabilité » quant à la gestion des migrations.

Il a aussi béni les santons des « Enfant Jésus » des crèches des enfants, des familles, des écoles, des paroisses, des communautés présents à l’angélus de midi.

Avant l’angélus, le pape s’était rendu au dispensaire Sainte-Marthe du Vatican, pour saluer les enfants et le personnel, invitant à cultiver « l’humilité » de qui « se penche » pour servir les autres.

« Joie, prière et gratitude sont les trois attitudes qui nous préparent à vivre Noël de manière authentique », a ensuite expliqué le pape François dans le « tweet » de ce dimanche.

Voici notre traduction, rapide, de travail, des paroles du pape François avant l’angélus.

AB

Paroles du pape François avant l’angélus

Chers frères et soeurs, bonjour!

En ce troisième dimanche de l’Avent, la liturgie nous invite à la joie. Le prophète Sophonie s’adresse au petit peuple d’Israël par ces paroles: « Réjouis-toi, fille de Sion, crie de joie, Israël, exulte et acclame de tout ton cœur, fille de Jérusalem! » (3,14). Les habitants de la ville sainte sont appelés à se réjouir parce que le Seigneur a révoqué sa condamnation (cf. v. 15). Dieu a pardonné, il n’a pas voulu punir! Par conséquent, pour le peuple, il n’y a plus de motif de tristesse, il n’y a plus de motif de découragement, mais tout porte à une gratitude joyeuse envers Dieu, qui veut toujours racheter et sauver ceux qu’il aime. Et l’amour du Seigneur pour son peuple est incessant, comparable à la tendresse d’un père pour ses enfants, de l’époux pour l’épouse, comme le dit encore Sophonie: « Il se réjouira pour toi, il te renouvellera par son amour, il exultera pour toi avec des cris de joie « (v. 17). Ce dimanche est – il s’appelle comme cela – le dimanche de la joie: le troisième dimanche de l’Avent, avant Noël.

Cet appel du prophète est particulièrement approprié au moment où nous nous préparons à Noël, car il s’applique à Jésus, l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous: sa présence est la source de la joie. En effet, Sophonie proclame: « Le roi d’Israël c’est le Seigneur au milieu de toi »; et un peu plus tard, il répète: « Le Seigneur ton Dieu est au milieu de toi un puissant sauveur  » (vv. 15.17).

Ce message trouve toute sa signification au moment de l’Annonciation à Marie, relaté par l’évangéliste Luc. Les paroles adressées par l’ange Gabriel à la Vierge sont comme un écho de celles du prophète. Que dit l’archange Gabriel?  « Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi » (Lc 1,28). Réjouis-toi », dit-il à Marie. C’est dans un village reculé de Galilée, dans le cœur d’une jeune femme inconnue du monde, que Dieu allume l’étincelle du bonheur pour le monde entier.

Et aujourd’hui, la même annonce s’adresse à l’Eglise, appelée à accueillir l’Évangile pour qu’il devienne chair, vie concrète. Il dit à l’Eglise, à nous tous: « Réjouis-toi, petite communauté chrétienne, pauvre et humble mais belle à mes yeux parce que tu désires ardemment mon Royaume, tu as faim et soif de justice, tu tisses patiemment la paix, tu ne suis pas les puissants de service mais tu restes fidèlement auprès des pauvres. Et ainsi tu n’as peur de rien mais ton cœur est dans la joie ».

Si nous vivons ainsi, en présence du Seigneur, notre coeur sera toujours dans la joie. La joie « de haut niveau », quand elle est là, pleine, et la joie humble de tous les jours, c’est-à-dire la paix. La paix c’est la joie, plus petite, mais elle est joie.

Aujourd’hui, saint Paul aussi nous exhorte à ne pas nous angoisser, à ne pas désespérer pour rien, mais en toute chose à présenter à Dieu nos demandes, nos besoins, nos préoccupations « par des prières et des supplications » (Ph 4,6). La conscience que dans les difficultés nous pouvons toujours nous tourner vers le Seigneur, et qu’Il ne rejette jamais nos prières, est un grand motif de joie. Aucune préoccupation, aucune peur ne réussira jamais à nous enlever la sérénité qui vient, non pas de choses humaines, des consolations humaines, non, la sérénité vient de Dieu, de savoir que Dieu guide toujours notre vie avec amour, et il le fait toujours. Même au milieu des problèmes et des souffrances, cette certitude nourrit l’espérance et le courage.

Mais pour accueillir l’invitation du Seigneur à la joie, il faut être des personnes prêtes à se remettre en question. Qu’est-ce que cela signifie? Tout comme ceux qui, après avoir écouté la prédication de Jean-Baptiste, lui demandent: tu prêches ainsi, et nous, « que devons-nous faire? » (Lc 3, 10). Moi, qu’est-ce que je dois faire? Cette question c’est le premier pas de la conversion que nous sommes invités à faire en cette période de l’Avent.

Que chacun de nous se demande, qu’est-ce que je dois faire? Une toute petite chose, mais « qu’est-ce que je dois faire? »

Et que la Vierge Marie, qui est notre Mère,  nous aide à ouvrir nos cœurs au Dieu-qui-vient, afin qu’il inonde de joie toute notre vie.

Ave Maria…

© Traduction de Zenit, Anita Bourdin

About Anita Bourdin

Journaliste accréditée au Vatican depuis 1995. A lancé Zenit en français en janvier 1999. Correspondante à Rome de Radio Espérance. Formation: journalisme (IJRS, Bruxelles), théologie biblique (PUG, Rome), lettres classiques (Paris IV, Sorbonne).

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