Ce lundi 28 septembre 2026 au soir, après une journée intense vécue à Metz sous le signe de la paix et de l’espérance, le pape Léon XIV s’est envolé en direction de Rome. Comme à son habitude, il a pris un temps dans l’avion pour répondre aux questions de quelques journalistes, parmi les 80 présents à bord.
Selon les médias du Vatican, ces quatre jours en France ont été pour lui « littéralement riches en bénédictions », avec « presque des miracles ». En répondant en anglais et en espagnol aux 6 journalistes choisis, il a d’abord confié son émerveillement devant cette expérience vécue avec le peuple français, notamment lors de la rencontre avec les jeunes au Stade de France et celle vécue à Lourdes avec les malades et les plus vulnérables.
La première question concernait les victimes d’abus sexuels de la part de l’Église catholique, en écho à la rencontre du pape avec sept victimes à Lourdes ce dimanche. Le Saint-Père a précisé qu’il désire, au nom de toute l’Église, être aidé par les victimes elles-mêmes pour apprendre à mieux les écouter, les accompagner et surtout bien reconnaître leur souffrance.
« Lorsque les abus sexuels se produisent au sein de l’Église, ils prennent une tout autre dimension, car la vie de foi des personnes est profondément blessée, voire parfois détruite. L’Église a la responsabilité particulière de les accompagner et de les aider à trouver la guérison », a-t-il déclaré. « C’est dans ce sens que je leur ai expliqué comment l’Église, d’une certaine manière, a été considérée comme responsable, mais aussi comment, à mon sens, elle joue un rôle essentiel pour les aider à trouver la guérison. »
À la deuxième question sur les lois de fin de vie et le « respect » de la laïcité en France, le pape a expliqué que « lorsque l’Église parle de défendre la vie, lorsqu’elle aborde des questions de doctrine sociale, nous n’entrons pas dans le domaine politique, nous appliquons l’Évangile à la vie des gens. Je me suis rendu en France avant tout pour prêcher l’Évangile, pour annoncer la Bonne Nouvelle, pour réaffirmer ce que Jésus-Christ lui-même dit lorsqu’il déclare : “Je suis le chemin, la vérité et la vie“, c’est-à-dire pour proclamer la vérité que Jésus nous offre. »
Promouvoir les valeurs de la dignité humaine
Le Saint-Père a ensuite été interpellé sur le thème des plus vulnérables et des exclus dans la société, qui ont d’ailleurs retenu toute son attention durant son voyage en France. « L’Église parle beaucoup de l’exclusion et parle aussi de justice. Elle invite, encourage, cherche à éveiller en chacun la capacité de réagir avec davantage d’humanité, d’être véritablement sensible à la douleur et à la souffrance d’autrui », a-t-il répondu.
La quatrième question portait sur la notion du dialogue et du rôle diplomatique de l’Église dans un monde touché par les conflits. Le pape a souligné que la recherche du dialogue est essentielle, même si elle est parfois difficile. Pour lui, l’Église est « une voix qui s’efforce de promouvoir les valeurs de la dignité humaine, de l’importance de la vie, de la possibilité de dépenser peut-être davantage pour la santé et l’éducation et moins pour les armes ».
« Je crois que l’Église a la responsabilité de promouvoir ces valeurs, en invitant sans cesse les dirigeants, qu’ils viennent de Russie, d’Ukraine ou d’autres pays, à venir, à s’asseoir, à dialoguer, à chercher comment résoudre les problèmes sans poursuivre ces guerres qui n’ont plus de sens » a-t-il ajouté.
Puis est venue une question sur le développement de l’intelligence artificielle, à laquelle le Saint-Père a redit l’importance pour l’Église de « continuer à inviter les dirigeants politiques, les responsables du secteur de l’IA, les organisations sociales et les associations à se réunir pour examiner ce qui se passe déjà et ce qui pourrait se produire à l’avenir. »
« Depuis la publication de Magnifica Humanitas », a continué le pape, « nous avons reçu de nombreuses sollicitations de la part de personnes issues de domaines et de secteurs très variés. Nous nous efforçons donc de continuer à promouvoir le dialogue, l’étude et la recherche, afin de trouver les moyens de garantir que l’IA n’atteigne pas un stade où elle pourrait détruire l’humanité ou la mettre hors-jeu. »
Enfin, la dernière question concernait l’Église catholique en Allemagne, notamment sur le fait qu’elle soit « en train de mourir » en termes d’effectifs. Le pape s’est montré optimiste en évoquant le même cas en France il y a quelques années. « Je crois que si nous retrouvons le véritable esprit missionnaire et la bonne manière de nous y prendre, il y a encore beaucoup, beaucoup de personnes en Allemagne qui souhaitent vivre et célébrer leur foi chrétienne et catholique ».
Enfin, le pape Léon XIV a terminé ce temps de questions-réponses en remerciant toutes les personnes qui ont contribué à la mise en place de ce voyage apostolique, tant au sein du Saint-Siège qu’en France. Il a aussi exprimé sa gratitude envers les évêques français et les très nombreux laïcs qui ont travaillé à l’organisation de ce voyage « riche en bénédictions ».



