Visite pastorale à Pavie : Rencontre avec la population, 20 juin 2026 © Vatican Media

Visite pastorale à Pavie : Rencontre avec la population, 20 juin 2026 © Vatican Media

Léon XIV à Pavie : « C’en est assez des paroles de haine »

Le pape appelle à bâtir la paix, la fraternité et une citoyenneté responsable

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Pavie (Italie), 20 juin 2026 – En visite pastorale à Pavie et Sant’Angelo Lodigiano, le pape Léon XIV a exhorté les habitants à devenir des artisans de paix et de réconciliation, tout en soulignant l’importance de l’engagement citoyen, du dialogue entre les cultures et de la transmission des valeurs humaines et spirituelles qui fondent la vie commune.

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Paroles improvisées sur l’esplanade de la cathédrale :

Bonjour à tous!
Merci! Merci à tous d’être ici.
Un saludo a los peruanos, a todos los latinoamericanos.
Une grande salutation à vous tous!
Vive Pavie!

Visite pastorale à Pavie : Rencontre avec la population, 20 juin 2026 © Vatican Media il y a quelques instants, nous avons entendu parler de l’importance de l’espérance et de la paix. Nous voulons tous vivre dans la paix. Il est très important de ne jamais perdre l’espérance, parce que, comme nous l’a dit saint Augustin: «Si nous voulons changer les temps, si nous voulons que le monde vive en paix, nous devons commencer par nous-mêmes». Cela signifie: c’en est assez de paroles de haine, c’en est assez des insultes, c’en est assez du harcèlement et de l’intimidation, c’en est assez de toutes ces choses qui créent la guerre entre les personnes, entre les communautés et entre les pays. Nous devons tous apprendre à être des bâtisseurs de paix et des promoteurs de réconciliation.

À tous les animateurs qui sont ici: merci pour votre travail et pour votre service!

Visite pastorale à Pavie : Rencontre avec la population, 20 juin 2026 © Vatican Media Et à tous les jeunes: persévérez, participez, cherchez à construire une véritable amitié, et non une amitié seulement à travers un écran ou un téléphone portable. Une amitié authentique, personnelle, réelle! Soyez présents! Tous présents! Ainsi, nous découvrirons que Jésus vit réellement parmi nous. Jésus sera présent.

Alors, merci à vous tous. Je vous donne ma bénédiction  et je vous encourage vraiment à vivre votre foi, à vivre la joie d’être disciples de Jésus.

[Bénédiction]

Que vous soyez toujours une communauté vivante, de foi, d’espérance et d’amour.

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Discours du Saint-Père :

Excellence, Monsieur le Maire, chères autorités, chers frères et sœurs!

Je vous remercie pour votre accueil si chaleureux et pour les aimables paroles de bienvenue. À travers l’Évêque et le Maire, c’est Pavie elle-même qui se présente, donnant voix à la beauté de votre ville. Une beauté exigeante, car elle représente le précieux héritage d’un passé qui devient un engagement pour le présent. La ville est en effet un don et une responsabilité pour ceux qui l’habitent: depuis cette place, nous en prenons conscience en observant comment la vie des citoyens se reflète dans les édifices et les pierres alentours.

Nous nous trouvons au milieu de monuments qui parlent de vous et qui, par conséquent, vous parlent aussi. Je ne pense pas seulement aux monuments anciens, mais aussi aux maisons, aux écoles, à l’université, à l’hôpital, aux centres paroissiaux. Tous sont des lieux importants, porteurs de sens, qui témoignent de l’accueil, de l’éducation et de la culture. Sous des formes diverses, ils manifestent une même attention à la personne dans la communauté, à sa dignité et à ses valeurs, celles qui vous unissent comme un seul peuple et qui sont également au fondement de la Constitution italienne.

En parcourant le centre historique de Pavie, dans ses rues et ses places, on respire une beauté chargée d’histoire, une beauté qui n’est pas superficielle. Et cela est une caractéristique des villes européennes: alors que nous reconnaissons en elles le génie et le sens civique de ceux qui les ont construites, nous nous rendons compte combien la qualité du tissu urbain soutient leur vie quotidienne et leur rôle au niveau national et international.

Le mot ville, issu du latin civitas, désigne non seulement un lieu mais aussi une condition humaine. La ville est une pour tous: à la fois singulière et plurielle. Le peuple qui l’habite forme une société, c’est-à-dire un organisme qui doit être harmonieusement ordonné dans ses relations et dans ses lois. Être social signifie être solidaire, se comporter en véritables associés: motivés par le bien commun et non par des intérêts particuliers. Les citoyens sont toujours des concitoyens! C’est précisément pour cette raison que l’institution démocratique qui prend soin de la ville s’appelle «mairie», car elle veille au bien-être de tous ceux qui y vivent.

Puisque le peuple est responsable de l’espace public, demandons-nous, face aux défis actuels, ce qui renforce nos maisons et ce qui les fragilise; ce qui rend notre société stable et ce qui la blesse. Autrement, ce qui appartient à tous risque de n’appartenir à personne: lorsque l’indifférence menace de désagréger notre communauté, il est nécessaire de renouveler la participation active de tous à la vie de la cité. Face aux formes de dégradation et d’analphabétisme incivisme, nous sommes appelés à partager un langage de dévouement et de service qui préserve les places, les parcs et les rues comme des lieux de rencontre par excellence. Cette bonne citoyenneté sait cultiver la concorde à travers le dialogue et la rencontre constructive entre les personnes et les cultures qui animent Pavie.

Cette bonne citoyenneté sait cultiver la concorde à travers le dialogue et la rencontre constructive entre les personnes et les cultures qui animent Pavie.

Aujourd’hui, je vous invite à répéter intérieurement: ma ville m’a intéresse! La santé de ceux qui vivent à mes côtés m’intéresse, la beauté du lieu où j’habite m’intéresse, je m’intéresse à la qualité de vie dans les endroits où je travaille et où je passe mon temps libre. Je m’intéresse à cette plaine si fertile où chaque champ et chaque fossé portent les marques du travail patient de ceux qui, depuis des siècles, ont écouté le rythme de la création en vivant en harmonie avec la nature.

La culture de la terre reflète la promotion de la culture intellectuelle, qui trouve à Pavie un modèle particulièrement heureux. En évoquant votre illustre tradition universitaire, je pense surtout aux jeunes et aux étudiants qui fréquentent l’université de la ville. Dans ce pôle culturel, ils ne rencontrent pas seulement un ensemble de savoirs, mais un système capable de former la personne sans exploiter son travail. Promouvoir les sciences signifie en effet promouvoir l’homme, qui doit toujours demeurer le protagoniste de ses recherches.

Dans cette perspective, à chaque savoir correspond une forme de soin: de même que la médecine prend soin du corps humain, le droit veille sur le corps social et la philosophie réfléchit à la pensée, à partir de laquelle l’homme développe tous ses arts. Tout ce que nous apprenons sur le monde nous aide à mieux nous connaître nous-mêmes et nous pousse à nous interroger à nouveau sur notre existence, assoiffée de vérité et de justice. Cette soif habitait profondément l’âme de saint Augustin, exemple d’une saine inquiétude qui frémit chez ceux qui recherchent, étudient, éduquent. Sa figure, alors qu’elle incarne le dialogue exigeant et constant entre foi et raison, témoigne de leur appartenance mutuelle. On ne peut croire sans penser, pas plus qu’il n’est possible d’éclairer les plus hautes questions de la raison sans la foi. Avec cette ouverture confiante, la raison humaine interroge et construit: elle ne s’enferme pas dans des logiques de profit ou de domination, mais découvre de nouvelles manières de prendre soin d’elle-même et du monde. Dans la mesure où il croit, l’être humain ne se résigne pas à la fin ni à un simple fragment d’histoire qui s’achèverait avec la mort: la foi nous rappelle que nous ne sommes pas soumis à un destin anonyme; elle nous donne au contraire la certitude que Dieu est le Créateur et le Sauveur de la vie.

À cet égard, à Pavie aussi, l’Église agit comme un sein maternel qui accueille tous les hommes et engendre une humanité nouvelle. Aujourd’hui encore, l’institution la plus ancienne de la ville est appelée à évangéliser avant tout comme foyer de foi et maison de charité au service des plus petits, des plus pauvres, des personnes seules et des personnes âgées, en engageant dans ce soin toutes les forces du bénévolat, auxquelles j’adresse mon estime et ma reconnaissance. Grâce à votre engagement, Pavie est riche non seulement de biens matériels, mais aussi de vertus: honorez toujours la dignité de toute vie humaine! La croix qui figure sur les armoiries de votre ville est bien plus qu’un simple symbole héraldique, elle est une synthèse culturelle: elle rappelle que l’histoire de Pavie est ancrée dans la valeur universelle de l’amour chrétien; et cette histoire doit continuer à s’écrire ensemble, en exerçant une mémoire créative dans l’entente entre les citoyens et les associations, entre l’Église et les institutions publiques, entre les générations et entre les cultures.

Chères sœurs et chers frères, tout en invitant chacun à donner le meilleur de lui-même pour le bien de tous, je vous accorde de tout cœur ma bénédiction, à vous, à vos maisons et à vos familles. Merci!

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L’Osservatore Romano

 

Retrouvez toutes les images de la visite à Pavie dans notre album photo 

 

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Pape Léon XIV

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