À l’occasion du 50e anniversaire des conférences d’été de Steubenville, le pape Léon XIV s’inspire de saint François d’Assise pour rappeler aux jeunes que la paix véritable et la joie parfaite ne se trouvent ni dans le succès ni dans les biens matériels, mais dans une relation vivante avec Dieu.
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Chers amis,
je suis heureux de vous saluer tous alors que vous vous réunissez en divers lieux pour les « Steubenville Summer Youth Conferences », en cette année qui marque le cinquantième anniversaire de ces rencontres. Comme vous le savez peut-être, nous célébrons également cette année le huitième centenaire de la mort de saint François. Cet événement étant organisé par l’Université franciscaine de Steubenville, j’ai pensé qu’il serait opportun de réfléchir au message que saint François pourrait adresser aux jeunes d’aujourd’hui. Je pense qu’il pourrait nous parler de bien des choses, mais surtout de la paix authentique et de la joie parfaite, car ces thèmes ont occupé une place importante dans sa vie.
Si, au XIIIe siècle, vous aviez croisé saint François dans les rues d’Assise, il vous aurait probablement regardés avec un sourire serein et aimant et vous aurait dit «Paix et bien». C’est ainsi que saint François saluait souvent les gens, exprimant ainsi l’un des désirs qu’il portait dans son cœur. Nous pouvons, nous aussi, nous demander : est-ce que je souhaite la vraie paix à ceux qui entrent en contact avec moi ? Est-ce que je traite les autres d’une manière qui leur apporte la paix ? Vous pourriez dire que ce n’est pas toujours facile. Parfois, notre comportement, même envers ceux que nous aimons beaucoup, peut être source de frustration et de conflit plutôt que de paix. Nous devons garder à l’esprit que saint François a réussi à semer la paix non pas grâce à ses propres efforts, mais parce qu’il possédait en lui la source de la vraie paix. J’ai souvent répété que la paix est un don de Dieu, un don que nous recevons lorsque nous invitons le Seigneur à entrer dans notre cœur. Nous sommes alors appelés à devenir des instruments de sa paix, en l’apportant à nos familles, à nos communautés, à nos pays et au monde entier. Je voudrais donc vous inviter à profiter des moments de silence au cours de cette conférence pour découvrir la paix du Christ, qu’il a promise à ses disciples (cf. Jn 14, 27).
Saint François était également connu pour être une personne particulièrement joyeuse. Il se réjouissait de la beauté de la création, de la bonté et de la miséricorde infinies de Dieu, ainsi que de la conversion des pécheurs. Et pourtant, la manière dont il a un jour expliqué ce qu’était la joie parfaite pourrait vous surprendre. Un soir d’hiver, alors qu’il rentrait à pied à Assise avec frère Léon, l’un des premiers membres de l’Ordre franciscain, saint François se mit à énumérer les choses en apparence « bonnes » qui ne mènent pas à la joie parfaite. À un certain moment, frère Léon s’écria : « Père François, dis-moi où l’on peut trouver la joie parfaite ! ». En réponse, le saint décrivit une situation tragique impliquant de souffrir du froid, de la faim et du rejet — à l’opposé de ce à quoi on pourrait s’attendre —, ajoutant ensuite que si ces difficultés étaient accueillies avec patience, sans se plaindre et avec amour pour Dieu, « c’est là la joie parfaite ».
On pourrait se demander : est-il vraiment possible de ressentir de la joie dans des circonstances aussi difficiles ? Cela n’est possible que si notre vie repose sur notre relation avec Dieu en tant que Père aimant. En effet, la joie de saint François, celle dont il parlait, ne peut être trouvée à travers des appareils électroniques, en passant des heures devant un écran ou en faisant défiler sans fin les réseaux sociaux chaque jour. Ces activités nous font souvent perdre un temps précieux qui pourrait être consacré à des moments de prière silencieuse, à cultiver des amitiés authentiques, à passer du temps de qualité en famille, à approfondir notre foi, à étudier ou à faire du sport. La joie ne doit jamais être recherchée dans la consommation de drogues, l’abus d’alcool, la promiscuité, les relations superficielles, l’obsession de notre image ou tout autre type de comportement néfaste. Étonnamment, elle ne se trouve pas non plus dans des biens tels que la richesse, la beauté, la renommée ou même la santé, car un jour, nous laisserons tout cela derrière nous.
Seul l’amour de Dieu peut nous donner une joie véritable et parfaite. Si nous sommes profondément convaincus que Dieu prend soin de nous comme de ses enfants bien-aimés, nous ne serons ni désorientés ni découragés, même dans les situations difficiles. Beaucoup d’entre vous ont entendu dire dès leur plus jeune âge que Dieu les aime. Mais y croyez-vous vraiment ? Vous êtes précieux aux yeux de Dieu ! (cf. Is 43, 4). Vous êtes aimés de lui sans condition ! En êtes-vous certains ? Si vous cultivez avec lui une relation de confiance, par la prière régulière, par la réception des sacrements, si vous vous abandonnez entre ses mains, alors l’angoisse, la tristesse et la solitude s’évanouiront tandis que sa grâce vous comblera et que son amour enflammera votre cœur. C’est là le secret pour réussir à affronter les circonstances difficiles avec le sourire. Ouvrez vos cœurs pour découvrir cette réalité.
Ainsi, le message de saint François — et le mien — est simple : la vraie paix et la joie parfaite sont des dons de Dieu qui nous parviennent lorsque nous nous ouvrons à Lui et que nous avons confiance en son pouvoir de nous transformer. Que pouvons-nous Lui donner en échange d’un amour si grand, de ces dons si généreux ? Rien, si ce n’est nous-mêmes ! Aujourd’hui, le Seigneur a besoin de missionnaires qui portent la Parole à ceux qui ne le connaissent pas, d’hommes et de femmes saints qui fondent des familles catholiques aimantes, de prêtres qui soient des pères spirituels et des ministres des sacrements, ainsi que de religieux et de religieuses qui témoignent de la véritable joie de son Royaume. Si vous avez le sentiment que le Seigneur vous appelle peut-être à l’une de ces vocations, ne vous renfermez pas sur vous-mêmes et ne vous éloignez pas par peur, mais faites un pas en avant et dites au Seigneur : « Me voici, envoie-moi ! » (Is 6, 8). En même temps, n’ayez pas peur d’en parler à quelqu’un, un ami de confiance, un prêtre ou une religieuse.
Je vous souhaite à tous une conférence fructueuse, en priant pour que, durant ces journées, vous soyez comblés de l’amour du Christ et que vous rencontriez d’autres jeunes qui souhaitent lui offrir totalement leur vie et, ce faisant, trouver le vrai bonheur. En vous confiant tous à l’intercession maternelle de Notre-Dame, Cause de notre joie, j’invoque volontiers sur chacun de vous les bénédictions divines de la paix et de la force.
Et que Dieu Tout-Puissant, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, vous bénisse. Amen.
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L’Osservatore Romano, Édition quotidienne, année CLXVI, n° 139, samedi 20 juin 2026, p. 3.
Traduction réalisée par ZENIT