En ce mercredi 20 mai 2026 au matin, le P. François Potez est mort à « Ma Maison », rue Notre-Dame des Champs à Paris. Il avait 71 ans. La messe de funérailles aura lieu ce mardi 26 mai à 15h30 en l’église Saint-Sulpice, et sera présidée par Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, en présence de nombreux évêques, prêtres et fidèles.
Le P. François a quitté cette terre dans la paix, comme il en a témoigné sur la chaîne de télévision KTO en décembre dernier, mais aussi dans la revue « Découverte » consacrée à la fin de vie. Dans cet article intitulé « La force de la vulnérabilité », il disait combien il avait été accompagné « formidablement » par les Petites sœurs des pauvres et le personnel. Ému par la douceur, la tendresse, la patience de tous, il rendait grâce pour cet accompagnement pendant ses derniers mois.
« Ici, il n’y a pas de mourants, on accompagne des vivants jusqu’au bout », disait-il. Il exprimait aussi son espérance, et même sa joie : « Ce qui me porte jour après jour, ce sont les paroles du psaume 121 : “Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem”. » Et il ajoutait : « Je vais découvrir Celui que j’ai cherché toute ma vie. Je vais toucher et boire à la source de la tendresse. »
Un feu dans son cœur, le même que celui des saints
Né en 1955 dans une famille nombreuse profondément chrétienne, prêtre à Paris depuis plus de 30 ans, le P. François Potez a eu un grand rayonnement dans les paroisses parisiennes où il a servi, à Notre-Dame du Travail et à Saint Philippe du Roule. Mais il a aussi marqué les nombreux jeunes qu’il a accompagnés dans les camps de l’Eau Vive à Briançon, ainsi que de nombreux couples qu’il a préparés au mariage.

Un grand rayonnement dans les paroisses où il a servi © Laurence Leprince-Ringuet
Il est l’auteur de plusieurs livres, dont « La grave allégresse » pour les prêtres, et « Puisque vous avez décidé de vous aimer » pour les fiancés. Son dernier ouvrage publié l’an dernier, « L’urgence de l’amour », est un recueil d’homélies des temps de Carême et de Pâques.
Connu dans de nombreux milieux, le P. François a aussi sillonné le monde, d’abord comme officier de marine, puis comme prêtre. Diplômé de l’École navale en 1976, il a passé une année entière en Océanie, et notamment à Tahiti. En 1980, alors curé de la cathédrale de Nouméa, j’ai accueilli ce jeune marin venu rencontrer le P. Bernard Bro, dominicain, qui prêchait des retraites en Nouvelle-Calédonie.
Après ce premier contact, nous nous sommes retrouvés souvent, et même une fois à l’improviste dans la basilique d’Ars, alors qu’il était membre de la communauté des frères de Saint-Jean. Ordonné prêtre en 1989, il a aussitôt été l’aumônier de l’Eau Vive fondée par le Père de Monteynard.
En 1991, à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse qui se déroulaient à Czestochowa en Pologne, il m’a confié une cinquantaine de jeunes de l’Eau Vive. Ceux-ci ont rejoint les étudiants de la « Catho » de Paris ainsi que des jeunes d’Océanie. Au retour, nous avons beaucoup échangé sur cet évènement inouï et sur cette grâce des JMJ pour toute l’Église.
Puis, les rencontres fraternelles à Paris nous ont permis de fortifier notre amitié, jusqu’à ses derniers jours. En effet, je suis allé récemment célébrer la messe à « Ma Maison » pour la Solennité de l’Ascension. Malgré sa faiblesse, le P. François a tenu à venir dans la chapelle pour prier avec les prêtres, les sœurs et les personnes âgées.
Enfin, je me souviens de l’une de ses homélies du jour de Pâques, où il avait médité sur le mot « croire », en évoquant des grands témoins de la foi comme saint Jean-Paul II et Mère Teresa. « La foi a transformé leur vie ! On a l’impression qu’il y a du feu dans leur cœur », avait-il confié. Je peux dire que c’est ce même feu qui brûlait dans le cœur du P. François Potez, lui qui aimait saluer ses nombreux amis en leur disant : « À toujours ».
À-Dieu, Père François, entre dans la joie de ton Maître !



