Lors de l’Audience générale du 13 mai 2026, sur la Place Saint-Pierre, le pape Pape Léon XIV a consacré sa catéchèse à la Vierge Marie, présentée par le Concile Vatican II comme modèle, mère et figure exemplaire de l’Église dans la foi et la charité.
Résumé de la catéchèse du Saint-Père
Frères et sœurs, en ce jour de Notre-Dame de Fatima, 45ème anniversaire de l’attentat contre Saint Jean-Paul II, nous contemplons le mystère de l’Église en lien avec la sainte Vierge Marie. La Mère de Dieu est à la fois le modèle, le membre par excellence et la mère de l’Église (Cf. LG n° 53). Le Concile Vatican II rappelle que Jésus-Christ est le seul Médiateur du salut et que « la bienheureuse Vierge […] a coopéré d’une manière tout à fait spéciale à l’œuvre du Sauveur, par l’obéissance, la foi, l’espérance et la charité ardente, pour restaurer la vie surnaturelle des âmes. C’est pourquoi elle est devenue pour nous mère dans l’ordre de la grâce » (LG, 61). Laissons-nous donc interpeller par ce modèle : est-ce que nous vivons dans une foi humble et active notre appartenance à l’Église ? Est-ce que nous nous sentons partie intégrante de l’Église dans l’obéissance aux pasteurs que Dieu nous donne ? Est-ce que nous demandons à la Vierge Marie de nous aider à être disciples fidèles de son Fils ? Chers frères et sœurs, demandons à la Vierge de nous obtenir ce don : que grandisse en chacun de nous l’amour pour notre Sainte Mère l’Église.
Salutations
Je salue cordialement les fidèles de langue française, en particulier les jeunes et les pèlerins venus de Belgique et de France.
Demandons au Seigneur d’envoyer son Esprit-Saint sur chacun de nous, afin qu’il nous vivifie de plus en plus et nous rende conscient d’être membre de l’Église, responsables de sa mission. Demandons-lui la grâce de déployer tous nos talents aux services de nos frères qui attendent de trouver en nous l’image de Jésus-Christ.
Que Dieu vous bénisse !
En anglais

La plaque située sur la place Saint-Pierre indique l’endroit où le pape Jean-Paul II a été blessé par balle lors de la tentative d’assassinat du 13 mai 1981 (« XIII V MCMLXXXI » en chiffres romains) © Vatican Media
Je salue les pèlerins et les visiteurs de langue anglaise qui participent à l’audience d’aujourd’hui, en particulier les groupes venus d’Angleterre, d’Irlande, de Tanzanie, d’Inde, d’Indonésie, du Canada et des États-Unis d’Amérique. Aujourd’hui, nous commémorons la fête de Notre-Dame de Fatima. En ce jour, il y a quarante-cinq ans, un attentat a été perpétré contre la vie du pape Jean-Paul II ; c’est pourquoi j’ai consacré ma catéchèse d’aujourd’hui à la Bienheureuse Vierge Marie. Par ailleurs, nous célébrerons bientôt l’Ascension du Seigneur, qui marque l’entrée de son humanité au ciel. Alors que nous attendons la seconde venue de Jésus dans la gloire, puissions-nous, comme les Apôtres, nous confier à la Sainte Vierge. Sur vous et vos familles, j’invoque de tout cœur la joie et la paix du Christ Seigneur. Que Dieu vous bénisse !
En langue arabe
Je salue les fidèles de langue arabe. Renouvelons ensemble notre « oui » au Seigneur et à sa volonté, en lui faisant confiance, comme Marie, qui nous donnera une vie nouvelle. Que le Seigneur vous bénisse tous et vous protège toujours de tout mal !
Aux jeunes, aux malades et aux jeunes mariés

Ma pensée va enfin aux jeunes, aux malades et aux jeunes mariés. Je vous remercie de votre présence et j’invoque sur vous et sur vos proches les dons du Saint-Esprit, afin que vous puissiez vivre un engagement chrétien toujours cohérent dans les différents appels et situations que la Providence réserve à chacun. À tous, ma bénédiction !
Catéchèse
Les Documents du Concile Vatican II
II. La Constitution dogmatique Lumen gentium
9. La Vierge Marie, modèle de l’Église
Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !
Le Concile Vatican II a voulu consacrer le dernier chapitre de la Constitution dogmatique sur l’Église à la Vierge Marie (cf. Lumen gentium, 52-69). Elle « est saluée comme membre suréminent et absolument unique de l’Église, modèle et exemplaire admirables pour celle-ci dans la foi et dans la charité » (n° 53). Ces paroles nous invitent à comprendre comment, en Marie, qui, sous l’action du Saint-Esprit, a accueilli et engendré le Fils de Dieu venu dans la chair, on peut reconnaître à la fois le modèle, le membre par excellence et la mère de toute la communauté ecclésiale.
En se laissant façonner par l’œuvre de la Grâce, venue s’accomplir en elle, et en accueillant le don du Très-Haut par sa foi et son amour virginal, Marie est le modèle parfait de ce que toute l’Église est appelée à êtrConcile Vatican IIe, créature de la Parole du Seigneur et mère des enfants de Dieu engendrés dans la docilité à l’action du Saint-Esprit. En tant que croyante par excellence, en qui nous est offerte la forme parfaite de l’inconditionnelle ouverture au mystère divin dans la communion du peuple saint de Dieu, Marie est membre éminent de la communauté ecclésiale. Enfin, en tant qu’elle engendre des enfants dans le Fils, aimés dans l’Éternel Bien-Aimé venu parmi nous, Marie est mère de toute l’Église, qui peut s’adresser à elle avec une confiance filiale, dans la certitude d’être écoutée, protégée et aimée.
On pourrait exprimer l’ensemble de ces caractéristiques de la Vierge Marie en parlant d’elle comme de la femme icône du Mystère. Le terme femme met en évidence la réalité historique de cette jeune fille d’Israël, à qui il a été donné de vivre l’expérience extraordinaire de devenir la mère du Messie. L’expression icône souligne qu’en elle se réalise le double mouvement de descente et d’ascension : en Elle resplendissent tant l’élection gratuite de la part de Dieu que le libre consentement de la foi en Lui. Marie est donc la femme icône du Mystère, c’est-à-dire du dessein divin de salut, autrefois caché et révélé en plénitude en Jésus-Christ.
Le Concile nous a laissé un enseignement clair sur la place singulière réservée à la Vierge Marie dans l’œuvre de la Rédemption (cf. Lumen gentium, 60-62). Il a rappelé que le seul Médiateur du salut est Jésus-Christ (cf. 1 Tm 2, 5-6) et que sa Très Sainte Mère « n’offusque et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ mais en manifeste au contraire la vertu. » (LG, 60). En même temps, « la bienheureuse Vierge, prédestinée de toute éternité, à l’intérieur du dessein d’incarnation du Verbe, pour être la Mère de Dieu, […] apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C’est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l’ordre de la grâce, notre Mère. » (ibid., 61).
Le mystère de l’Église se reflète également dans la Vierge Marie : en Elle, le peuple de Dieu trouve représentés son origine, son modèle et sa patrie. En la Mère du Seigneur, l’Église contemple son propre mystère, non seulement parce qu’elle y retrouve le modèle de la foi virginale, de la charité maternelle et de l’alliance nuptiale à laquelle elle est appelée, mais aussi et surtout parce qu’elle reconnaît en elle son archétype, la figure idéale de ce qu’elle est appelée à être.
Comme on peut le voir, les réflexions sur la Vierge Mère rassemblées dans Lumen gentium nous enseignent à aimer l’Église et à servir en son sein l’accomplissement du Règne de Dieu qui vient et qui s’accomplira pleinement dans la gloire.
Laissons-nous donc interpeller par ce sublime modèle qu’est Marie, Vierge et Mère, et demandons-lui de nous aider, par son intercession, à répondre à ce qui nous est demandé à travers son exemple : est-ce que je vis avec une foi humble et active mon appartenance à l’Église ? Est-ce que je reconnais en Elle la communauté de l’alliance que Dieu m’a donnée pour correspondre à son amour infini ? Est-ce que je me sens partie intégrante de l’Église, dans l’obéissance aux pasteurs que Dieu lui donne ? Est-ce que je regarde Marie comme modèle, membre éminent et mère de l’Église, et est-ce que je Lui demande de m’aider à être un disciple fidèle de son Fils ?
Sœurs et frères, que le Saint-Esprit, descendu sur Marie et invoqué par nous avec humilité et confiance, nous donne de vivre pleinement ces merveilleuses réalités. Et, après avoir approfondi la Constitution Lumen gentium, demandons à la Vierge de nous obtenir ce don : que grandisse en chacun de nous l’amour pour la Sainte Mère Église. Ainsi soit-il !








