Léon XIV a célébrée la messe de la « Madone du Lac », samedi 29 août à Castel Gandolfo © Vatican Media

Léon XIV a célébrée la messe de la « Madone du Lac », samedi 29 août à Castel Gandolfo © Vatican Media

Léon XIV : « Seul l’amour sauve »

Homélie du pape Léon XIV lors de la messe en l’Église Notre-Dame du lac à Castel Gandolfo

Share this Entry

Lors de la messe de la « Madone du Lac », samedi 29 août à Castel Gandolfo, Léon XIV a invité les fidèles à ne pas répondre au mal par la haine et la violence, mais à « continuer à aimer, à donner, à pardonner », car « seule la voie de l’amour est la voie de la vie ».

________________

Chers frères et sœurs,

je suis heureux de célébrer avec vous la fête de la Madonna del Lago, comme l’ont déjà fait par le passé certains de mes prédécesseurs : saint Paul VI, qui a souhaité et soutenu la construction de cette église dédiée à Marie et l’a consacrée, et saint Jean-Paul II, qui a tenu ici à en commémorer la mémoire et à en renouveler le message.

La liturgie de la Parole nous propose des textes qui s’harmonisent bien avec ce rendez-vous traditionnel.

Léon XIV a célébrée la messe de la « Madone du Lac », samedi 29 août à Castel Gandolfo © Vatican Media
Dans la première lecture, le prophète Jérémie nous parle de son besoin irrésistible de répondre à l’appel qu’il a reçu : « Tu m’as séduit, Seigneur – dit-il –, et je me suis laissé séduire […]. Dans mon cœur, il y avait comme un feu ardent […] ; je m’efforçais de le contenir, mais je ne le pouvais pas » (Jr 20, 7.9). Dieu lui a révélé qu’il l’avait connu et choisi dès le sein maternel (cf. ibid. 1, 5), et qu’il aimait son peuple d’un amour éternel (cf. ibid. 31, 3) ; il lui a parlé de son plan de salut, et il ne peut plus se taire. Il ressent une impulsion irrésistible de porter son message à tous, même s’il sait que cela impliquera de dire et de faire des choses qui ne plairont pas à beaucoup, d’affronter des souffrances et des incompréhensions, au point de devenir « l’objet de railleries chaque jour » (v. 7). Mais l’amour le pousse à agir pour le bien de son peuple, sans compromis, jusqu’au bout.

C’est ce que Jésus nous enseigne également dans l’Évangile. Il vient de nourrir cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons (cf. Mt 14, 15-21), puis quatre mille autres avec sept pains et quelques petits poissons (cf. Mt 15, 32-38). Or, au-delà du succès remporté par ces gestes, il explique à ses disciples la signification messianique de ce qu’il a accompli : il leur révèle qu’il devra « se rendre à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être mis à mort et ressusciter le troisième jour » (Mt 16, 21).

Léon XIV a célébrée la messe de la « Madone du Lac », samedi 29 août à Castel Gandolfo © Vatican Media
Jésus explique comment, après les nombreux miracles accomplis, il manifestera définitivement sa gloire : en sacrifiant librement sa vie (cf. Jn 10, 17-18) et en s’offrant lui-même sur la croix comme un pain rompu. Et il précise que quiconque souhaite poursuivre sa mission devra faire de même : « Si quelqu’un veut venir à ma suite – nous dit-il –, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (v. 24).

Jésus révèle ainsi que seul l’amour sauve. L’amour que Dieu nous a montré en se faisant homme, en mourant et en ressuscitant pour nous et, en réponse, celui par lequel nous nous offrons nous aussi humblement à Lui et à nos frères : dans la constance fidèle de la charité de chaque jour comme dans les gestes les plus extraordinaires, jusqu’au martyre parfois, comme cela arrive malheureusement encore aujourd’hui à de nombreux chrétiens, dans diverses parties du monde.

Léon XIV a célébrée la messe de la « Madone du Lac », samedi 29 août à Castel Gandolfo © Vatican Media
Saint Augustin disait que « la joie du moissonneur […] révèle l’intention du semeur » (Sermo 330, 2), et nous souhaitons faire nôtres ses sentiments : avec l’aide de Dieu, nous voulons répandre partout dans le monde les graines de son amour infini, sans nous lasser, sans mesure, afin qu’aujourd’hui et toujours, quelqu’un puisse se réjouir en en récoltant les fruits.

Malheureusement, tous ne comprennent pas la beauté, la bonté et le caractère concret de ce rêve du Créateur ; bien au contraire, nombreux sont ceux qui pensent qu’il s’agit d’une utopie. Tendre l’autre joue (cf. Mt 5, 39) – disent-ils – est l’attitude des perdants, donner face au rejet est celui des naïfs, pardonner sans limites (cf. Mt 18, 21-22) est celui des faibles. Il n’y a rien d’étonnant à cela. Même pour Pierre, il a été difficile d’accepter cette manière nouvelle et différente de raisonner (cf. Mt 16,22). Mais Jésus reste catégorique : seule la voie de l’amour est la voie de la vie.

Léon XIV a célébrée la messe de la « Madone du Lac », samedi 29 août à Castel Gandolfo © Vatican Media
Ne nous faisons pas d’illusions. La haine et la violence n’apportent rien de bon, mais seulement la destruction et la mort, toujours, même lorsqu’elles sont une réponse à des injustices subies. Nous le voyons chaque jour, depuis les petits détails de notre vie familiale jusqu’à la grande scène du monde. Tout confirme ce que Jésus nous a enseigné : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera » (Mt 16, 25).

Chers frères et sœurs, nous avons tant besoin de vie, d’espérance, de sérénité, de paix, en nous-mêmes, dans nos villes, entre les peuples et les nations. C’est pourquoi, quelle que soit la blessure, quelle que soit l’offense, ne laissons pas le mal défigurer notre humanité et corrompre notre cœur ! Ne nous conformons pas à la mentalité du monde (cf. Rm 12, 2). Continuons à aimer, à donner, à pardonner, en nous offrant « comme un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu » (v. 1), afin de préserver et de faire grandir, en nous et chez les autres, la dignité infinie de l’image divine que nous portons dans notre âme. Et ne nous décourageons pas si c’est difficile : notre force est dans le Seigneur, et avec son aide, tout est possible (cf. Ph 4, 13).

Léon XIV a célébrée la messe de la « Madone du Lac », samedi 29 août à Castel Gandolfo © Vatican Media
Le rite de la procession sur le lac, que nous allons accomplir dans un instant, nous le rappelle également. Il évoque un autre miracle de Jésus, survenu peu avant les événements que nous venons d’entendre, lorsque le Maître, sur le lac de Tibériade, a rejoint ses disciples effrayés en marchant sur les eaux et les a conduits à terre en apaisant la tempête (cf. Mt8, 23-27). Au moment même où ils étaient le plus effrayés, à la merci des vents contraires, il les a exhortés à avoir la foi, à prier, pour retrouver la paix et, avec Lui, continuer à naviguer vers le but souhaité.

C’est avec cette foi que, ce soir, nous participons à l’Eucharistie. Sur l’autel, nous nous offrons nous-mêmes, avec le pain et le vin. Et le Seigneur unit nos offrandes à la sienne, les consacre et nous les redonne, transformées en son Corps et en son Sang, afin que nous les partagions, comme nourriture pour le chemin. Puis, comme les disciples, nous quitterons ensemble le rivage, emportant avec nous l’image de Marie, notre modèle et notre guide, pour porter, le long des rives du lac, la bénédiction que nous avons reçue.

Léon XIV a célébrée la messe de la « Madone du Lac », samedi 29 août à Castel Gandolfo © Vatican Media
Ce sont là des gestes simples, par lesquels nous renouvelons notre confiance en Dieu et notre dévotion filiale envers sa Très Sainte Mère. Et ils sont d’autant plus évocateurs qu’ils sont rendus possibles – comme aimait à le rappeler saint Paul VI – par le soin avec lequel la petite communauté qui vit ici veille tout au long de l’année sur ce lieu de paix, afin que, lors des moments solennels, tout le peuple de Dieu puisse s’y réunir, tout comme Marie, qui a accueilli dans son sein et dans la maison de Nazareth le Fils de Dieu fait homme, afin que son salut puisse parvenir à tous.

Ainsi, ce lieu de dévotion mariale devient aussi un signe de la manière dont l’Église s’efforce, jour après jour, de faire de nous tous un seul corps, dans la prière, dans les sentiments, dans nos intentions, dans le développement ordonné et unanime de notre vie commune, et un symbole de l’amour par lequel le Seigneur, par l’intermédiaire de sa Très Sainte Mère, a voulu se rapprocher de nous comme l’un des nôtres, jusqu’à se fondre dans la grande foule de notre humanité (cf. Homélie lors de la solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, 15 août 1977).

Léon XIV a célébrée la messe de la « Madone du Lac », samedi 29 août à Castel Gandolfo © Vatican Media
Rapprochons-nous donc ce soir de Jésus et de Marie, du Fils et de la Mère, pour être, unis, non seulement sur le lac, mais dans toutes les nuits du monde, un reflet apaisant de la présence de Dieu, et un écho irrésistible de son amour qui invite à aimer.

 

Traduction réalisée par ZENIT

 

Share this Entry

Pape Léon XIV

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel