Le cardinal Marc Ouellet a été innocenté par la Cour supérieure du Québec, après avoir intenté un procès pour diffamation contre Pamela Groleau, ancienne agente pastorale de son diocèse. Celle-ci l’avait accusé de l’avoir agressée sexuellement à quatre reprises entre 2008 et 2010, alors qu’il était archevêque de Québec.
Pamela Groleau devra ainsi verser 100 000 dollars au cardinal Marc Ouellet pour l’avoir diffamé publiquement. Une somme que le prélat souhaite reverser au profit de la lutte contre les abus sexuels subis par les autochtones au Canada.

Paméla Groleau condamnée pour diffamation © facebook.com/pamela.groleau
Mme Groleau a porté plainte en 2021 auprès du pape François, qui a demandé une enquête préliminaire au prêtre jésuite Jacques Servais. Après avoir reçu les conclusions du P. Servais et mené de nouvelles consultations, le Saint-Siège a annoncé en août 2022 que le pape n’ouvrirait pas d’enquête canonique contre le prélat canadien, n’ayant pas d’éléments fiables à son encontre.
En 2022, l’agente pastorale a une nouvelle fois dénoncé le cardinal Ouellet dans une action collective visant des religieux et clercs québécois ayant agressé des mineurs. Cette démarche n’a fait qu’attiser les rumeurs médiatiques et assimilé en même temps le prélat à la pédophilie. Le cardinal était alors préfet du Dicastère pour les évêques à Rome.
Honneur et dignité : une réhabilitation enclenchée
Mais le cardinal Ouellet n’en est pas resté là. Il a déposé plainte pour diffamation en décembre 2022. Le procès a eu lieu en mars 2026, et le jugement final a été rendu ce lundi 31 août. Le juge Martin Castonguay, de la Cour supérieure du Québec, a déclaré que les accusations portées contre le prélat étaient infondées, affirmant avoir reçu plusieurs preuves formelles le disculpant.
Ne mâchant pas ses mots en rendant son jugement, M. Castonguay a affirmé que les actes de l’ancienne agente pastorale « révèlent une très grande témérité équivalant à de la malice ». Il a évoqué de multiples faussetés dans les propos de Mme Groleau, d’exagérations et de changements de versions tout au long du procès : la femme de 41 ans est en effet revenue sur ses trois premières accusations, ce qui a durement affecté sa crédibilité.
« Mme Groleau, insatisfaite du traitement de sa plainte auprès du pape François, a choisi de modifier sa version des faits pour attirer l’attention du public, mais elle l’a fait d’une façon telle qu’elle a agi avec témérité, voire malice, à l’endroit du cardinal Ouellet », a conclu le juge Castonguay. « Le Tribunal constate que le cardinal Ouellet a été victime d’infamies et de propos infamants et fait donc droit à sa demande en justice. »
La justice canadienne réhabilite ainsi le cardinal Ouellet, âgé de 82 ans, lui redonnant honneur et dignité. Mais ce jugement rappelle évidemment la fragilité de certaines diffamations « gratuites » qui peuvent mettre en cause des innocents. Il rappelle aussi à quel point des accusations aussi graves demandent beaucoup de vigilance, et doivent toujours être appuyées sur des faits exacts et des témoignages rigoureux.



