Messe du Samedi de la XIIe semaine du Temps ordinaire, 27 juin 2026, © Vatican Media

« Le bien commun est l’antidote aux fractures de notre temps »

Résumé de la troisième session du consistoire extraordinaire (26-27 juin 2026)

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Réunis au Vatican pour la troisième session du consistoire extraordinaire, les cardinaux ont poursuivi leur discernement sur les grands défis contemporains. Ils ont souligné le rôle de l’Église dans la reconstruction du bien commun, la promotion de la doctrine sociale, le discernement face à l’intelligence artificielle et l’approfondissement de la synodalité comme chemin de communion et de responsabilité.

Après la messe célébrée par Son Éminence le cardinal Re, les cardinaux se sont réunis à 9 h 30 dans la salle Paul VI pour la troisième session du consistoire, présidée par le cardinal Rugambwa.

Le pape Léon XIV a introduit la rencontre par la prière de l’Adsumus. En son nom, le cardinal modérateur a remercié le Collège cardinalice pour les paroles de soutien adressées aux appels du Saint-Père en faveur de la paix. Il les a exhortés à rendre ces appels encore plus efficaces en les relayant dans leurs diocèses et leurs régions d’origine, afin qu’un appel unanime s’élève et donne davantage de force à cet engagement commun. Le cardinal Brislin a ensuite présenté son rapport introductif sur le thème : « Construire le bien : les chantiers de notre temps ». Après un temps de prière et de silence, le cardinal Rugambwa a ouvert les travaux en groupes, en fixant le retour en assemblée plénière, après la pause, à 11 h 30.

Le Saint-Père, présent au début de la session, est revenu avant la présentation des rapports des groupes. Onze groupes ont rendu compte de leurs travaux en séance plénière : les huit groupes du premier ensemble et trois groupes du second.

Une grande partie des groupes ont centré leur réflexion sur une lecture des profondes fractures de notre époque : fractures entre les peuples, entre les nations, au sein des sociétés et jusque dans les familles. Ils ont souligné combien ces divisions engendrent des blessures particulièrement chez les plus pauvres, les plus fragiles et les jeunes, souvent privés d’espérance, mais aussi chez des adultes qui semblent manquer de la sagesse acquise avec les années. Nombre de rapports ont mis en évidence le danger d’une perte du sens, de relations authentiques et de l’identité, qui pousse les personnes à adopter des attitudes de repli tribal.

Tous ont dénoncé le rôle d’un individualisme exacerbé, qui entretient l’illusion que les autres n’existent que pour servir notre propre réussite.

Dans ce contexte s’inscrit également le défi de l’intelligence artificielle, considéré comme une véritable question anthropologique. Les cardinaux ont estimé nécessaire d’identifier des valeurs humaines communes, en partant de l’appel biblique donné à l’homme de nommer les êtres vivants, plutôt que de les réduire à des chiffres ou à des statistiques. Ils ont également souligné l’importance de reconnaître et d’accepter la limite propre à la condition humaine, que l’intelligence artificielle tend parfois à nier, ainsi que la nécessité de défendre la dignité du travail.

Dans ce contexte, de nombreux groupes ont évoqué la valeur du bien commun, en soulignant qu’il est devenu difficile à comprendre et à embrasser pleinement, et que le monde politique ne le recherche pas toujours véritablement.

Ils ont estimé qu’il exige un langage du cœur, capable de dépasser le conformisme, la corruption et le sentiment d’impuissance né du constat que les richesses et les ressources nécessaires à sa réalisation sont souvent concentrées entre les mains d’un petit nombre.

Le sens du bien commun trouve son origine dans la foi, ont affirmé de nombreux groupes : la foi en Dieu et en la dimension transcendante présente en chaque personne pousse l’être humain à dépasser toutes les frontières, à commencer par celle qui le conduit au-delà de lui-même. Elle l’invite à vivre la solidarité avec les pauvres comme réponse à l’individualisme, à déployer pleinement la catholicité, à construire des relations gratuites plutôt que de simples institutions, à tous les niveaux, et à rechercher un langage capable d’entrer en dialogue avec des milieux étrangers à la foi chrétienne. Dans cette perspective, le rôle de la politique est essentiel, tout comme l’engagement des institutions ecclésiales dans la formation des futurs responsables de la vie publique.

Les groupes ont également souligné l’importance de faire mieux connaître et étudier la doctrine sociale de l’Église, présentée comme un véritable remède aux divisions. Nombre d’entre eux ont convenu que l’Évangile est l’antidote à l’individualisme et aux fractures de notre temps. Ils ont appelé à une Église capable de donner un véritable sentiment d’appartenance, de panser les blessures de notre époque, de se renouveler en évitant toute forme d’intégrisme et de polarisation, afin de rendre visible son visage de Bon Samaritain.

Les chrétiens ne doivent pas être les simples spectateurs d’une société qui se désagrège, mais des architectes sages capables de reconstruire la cité commune. Dans ce cadre, plusieurs groupes ont vu un signe d’espérance dans la prise de conscience que les mêmes défis se présentent, sous des formes diverses, dans de nombreuses régions du monde, et que la communion avec le Christ permet de se libérer de la préoccupation excessive du regard des autres. Plusieurs groupes ont également souligné la valeur de la synodalité, comme chemin d’écoute, de dialogue et de coresponsabilité ecclésiale.

À l’issue des rapports des groupes, plusieurs cardinaux sont intervenus pour reprendre, de manière plus personnelle, les principaux thèmes de la session. D’autres ont exprimé leur gratitude au pape pour ses récents voyages apostoliques ainsi que pour son engagement constant en faveur de la paix. La session s’est achevée à 12 h 45 par la prière de l’Angélus, présidée par le Saint-Père.

Photos de la messe avant la troisième session du consistoire, présidée par le cardinal Re

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Rédaction

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