Après avoir reconnu le 27 avril 2026 le martyre de 50 catholiques espagnols originaires de Catalogne, le pape Léon XIV a autorisé ce 22 mai la promulgation d’un autre décret concernant le martyre du P. Francisco González de Córdova et ses 79 compagnons, tués en Espagne par haine de la foi entre 1936 et 1937.
Ce deuxième décret est publié une dizaine de jours avant la visite apostolique du pape en Espagne, qui se déroulera du 6 au 12 juin prochain. Il est certain que tous ces nouveaux bienheureux et le déplacement imminent du pape remettront en lumière cette période douloureuse de l’histoire. À ce jour, l’Église catholique compte plus de 2 100 bienheureux et saints martyrs de la guerre civile espagnole.

« Permettez-moi d’être le dernier pour pouvoir absoudre et bénir mes compagnons » © causesanti.va
Le P. González de Córdova et ses compagnons étaient originaires de Santander, sur la côte nord du pays. Parmi eux, on compte 67 prêtres, 3 religieux de l’ordre des Carmes déchaux, 3 séminaristes et 7 laïcs. Durant leur martyre, certains ont été jetés à la mer avec une pierre attachée au corps, d’autres ont disparu à bord du navire-prison « Alfonso Pérez », d’autres ont été brûlés et certains sont morts dans des camps.
« Le dévouement et l’engagement quotidiens des serviteurs de Dieu au service pastoral sont reconnus. Même pendant leur détention, ils ont prié, entendu les confessions, encouragé, aidé et consolé sans jamais perdre espoir. La renommée de leur martyre a été perpétuée au fil des ans », a écrit le Dicastère pour les causes des saints en publiant ce nouveau décret.
Mort à 48 ans, le P. Francisco González de Córdova donne notamment un témoignage fort de fidélité au Christ. Curé de Sainte-Marie-du-Port à Santoña, il a refusé de fuir sa paroisse malgré les persécutions, continuant à célébrer l’Eucharistie et à administrer les sacrements.
En captivité sur le navire-prison, il a organisé la vie spirituelle des prisonniers, a récité le rosaire avec eux chaque jour et encouragé les plus fragiles. Au moment des exécutions, le prêtre a demandé à ses bourreaux : « Permettez-moi d’être le dernier, pour pouvoir absoudre et bénir mes compagnons. » Sa demande a été acceptée, et il est mort après avoir donné l’absolution à tous ses frères martyrs.
Le diocèse de Santander a été l’un des diocèses les plus touchés par la violence antireligieuse entre 1936 et 1939. 54 églises ont été démolies ou entièrement détruites, et certaines profanées. Beaucoup de retables, d’autels, d’images, d’ornements, de livres paroissiaux ont été détruits. Le séminaire diocésain a été transformé en prison, puis entièrement détruit, ainsi que sa bibliothèque et son musée.



