ROME, Dimanche 16 mars 2008 (ZENIT.org) - La mort de l'archevêque chaldéen de Mossoul, en Irak, Mgr Paulos Faraj Rahha, âgé de 65 ans, est un « coup de couteau aux valeurs célestes et humaines », a déclaré le prince de Jordanie El Hassan Bin Talal.

Dans un communiqué envoyé à Zenit, le prince de Jordanie, également président du Conseil des préfets de l'institut royal pour les études religieuses et président honoraire de la Conférence mondiale des religions pour la paix, déplore l'issue tragique de l'enlèvement de l'archevêque irakien trouvé mort le 13 mars. Il avait été enlevé le 29 février.

« Tuer l'archevêque de Mossoul après l'avoir enlevé est un crime horrible et un coup de couteau aux valeurs célestes et humaines », écrit le prince de Jordanie.

La nouvelle de la mort de Mgr Rahho « nous a terrassés comme la foudre », souligne-t-il.

« En tuant un homme qui apporte le message du Ciel, un message de charité, de fraternité et de paix, les mains des criminels ont touché les cœurs de tous les croyants », ajoute-t-il.

« Ces mains tuent des personnes qui ont donné leur vie pour le bien des fils et des filles de leur société, sans tenir compte de leur appartenance ethnique ou religieuse, en faveur d'une vie tranquille et digne et comblée de signes d'amour et de sacrifice », précise-t-il.

Après avoir exprimé ses condoléances à tous ceux « qui ont été touchés par ce crime horrible », le prince de Jordanie déclare que « ce péché grave ne sera jamais un obstacle pour les croyants, partout dans leur travail, pour faire entendre la voix de la raison qui refuse les voix horribles qui veulent diviser l'Irak et attaquer les principes de fraternité de tous les citoyens, qui supportent la crise avec patience et sont déterminés à aller de l'avant dans la collaboration et l'union, à tout prix ».

« Nous demandons aux sages du monde d'œuvrer pour que la paix soit restaurée en Irak, et d'agir rapidement pour combattre ce terrorisme aveugle et destructeur dont le seul objectif est de détruire la valeur suprême sur la face de la terre : la vie humaine », écrit le prince de Jordanie.

« Nous demandons au Seigneur tout puissant de donner la tranquillité et la sérénité à l'Irak », conclut-il.

La culture juive et chrétienne au centre d’une rencontre au Vatican

ROME, Vendredi 14 mars 2008 (ZENIT.org) – Le rapport culturel entre le judaïsme et le christianisme a été au coeur d’une rencontre qui s’est tenue au Vatican lundi 10 mars. Elle était organisée par le Conseil pontifical de la culture et l’ambassade d’Israël près le Saint-Siège, sur le thème : « Israël et le Vatican : réflexions sur la culture judéo-chrétienne ». 

Les principaux orateurs étaient Mgr Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, et l’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, Oded Ben-Hur. 

Mgr Ravasi, précise L’Osservatore Romano, a proposé cinq itinéraires de dialogue basés sur l’exégèse du texte biblique.

Il a mentionné en premier lieu la conception théologique du monothéisme, soulignant que « le chapitre 3 de l’Exode où est écrit ‘je suis celui qui suis’, est la page la plus emblématique pour la vision du transcendant en occident ».

Le deuxième itinéraire de dialogue réside dans une vision anthropologique commune. L’homme de la Bible, en effet, est une unité psychophysique. « Si nous regardons le texte hébreu du chapitre 1 de la Genèse, souligne le prélat, nous remarquons le parallèle : ‘homme et femme il les créa’ ».

« L’image de Dieu qui est en nous est cette relation d’amour entre l’homme et la femme, ajoute-t-il, c’est ce qui nous donne une idée du divin. Si nous n’avions pas de corps nous ne pourrions pas nous en rendre compte, exprimer cette bipolarité sexuelle dans sa communion ».

Le troisième itinéraire s’arrête sur la valeur de la parole, vu que la Révélation, tant dans le judaïsme que dans le christianisme, se fait à travers le souffle de la voix.

Le quatrième itinéraire vise quant à lui à reconnaître que Dieu parle dans les faits, à travers les vicissitudes de l’histoire qui placent l’homme en leur centre. 

Pour Mgr Ravasi, « tant le judaïsme que le christianisme préparent un grand noyau culturel qui fera en sorte que l’occident soit ancré dans l’histoire ». 

Le dernier itinéraire examine les textes sacrés, dont « nous sommes tous les fils ».

Pour sa part, l’ambassadeur d’Israël, Oded Ben-Hur, estime que si les chrétiens veulent mieux comprendre l’Israël d’aujourd’hui, ils ne doivent pas s’arrêter uniquement à l’élément religieux, mais « connaître une nouvelle culture, une politique, une poésie, une littérature, une langue », ce « mélange fascinant de communautés, de provenances mixtes, de connexions sociales jusqu’ici jamais expérimentées dans notre histoire » qui constituent aujourd’hui le monde culturel israélien. 

Selon lui, la culture israélienne, « est moins éloignée de la culture chrétienne que de la culture juive. D’un côté, les juifs ont apporté en Israël beaucoup de valeurs et de coutumes absorbées dans l’Europe chrétienne. De l’autre, le juif israélien est généralement plus séculier, laïc, moins lié à la religion juive que ne le sont les juifs de la diaspora ».

Devant cette situation, Israël et le Saint-Siège ont le devoir de préparer « un agenda commun pour lancer un vrai dialogue social, politique et culturel ».