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Masako Kudo, bouddhiste, rencontre avec les jeunes à Tokyo, cathédrale Sainte-Marie, capture @ Vatican Media

Masako Kudo, bouddhiste, rencontre avec les jeunes à Tokyo, cathédrale Sainte-Marie, capture @ Vatican Media

Japon : les questions d’une jeune bouddhiste au pape François

Comment aider les jeunes à sortir de leur malaise?

Masako Kudo, jeune professeur bouddhiste, a donné son témoignage lors de la Rencontre des jeunes avec le pape François, dans la cathédrale Sainte-Marie de Tokyo, lundi 25 novembre 2019 et elle lui a posé ses questions.

Ce jeune professeur d’éducation physique a exprimé son inquiétude devant la fréquence des situations de harcèlement et de suicide dans son pays, ainsi que la propagation des appareils électroniques.

À l’occasion d’un jeu sportif, Masako a découvert « la grande joie de ne faire qu’une avec une équipe qui travaillait dur ensemble », une expérience qui les a tous fait grandir, explique-t-elle. Devenue professeur dans un collège, et confrontée au malaise des jeunes qu’elles côtoie, qui « ne s’aiment pas et ont une faible estime d’eux-mêmes » elle a demandé au pape François comment « aider ces élèves à prendre conscience de leur bonté et de leur valeur »

Le pape François lui a répondu notamment: « Masako nous a parlé de ces choses à partir de son expérience personnelle comme étudiante et enseignante. Elle s’est demandé comment on peut aider les jeunes à percevoir leur propre bonté et valeur. Une fois de plus, je voudrais vous dire que, pour grandir, pour découvrir notre propre identité, votre propre bonté et votre propre beauté intérieure, nous ne pouvons pas nous regarder dans un miroir. Beaucoup de choses ont été inventées, mais grâce à Dieu, les selfies de l’âme n’existent pas encore. Pour être heureux, nous avons besoin de demander de l’aide aux autres, de faire tirer la photographie par quelqu’un d’autre, c’est-à-dire de sortir de nous-mêmes pour aller vers les autres, surtout vers les plus démunis ».

HG/AB

Témoignage de Masako Kudo, jeune professeur, bouddhiste

Merci beaucoup de me donner cette précieuse occasion aujourd’hui. J’enseigne l’éducation physique et la santé dans un collège.

Lorsque j’étais stagiaire, lors d’une journée de sport dans notre école, 38 étudiants et moi-même avaont participé à une « course mille-pattes », dans laquelle des rangs de coureurs se tenaient les coudes, les jambes attachées par un élastique. À travers cette expérience, j’ai eu la grande joie de ne faire qu’une avec une équipe qui travaillait dur ensemble. Avec les élèves, nous avons tous grandi et j’étais déterminée à devenir professeur.

Toutefois, il n’est pas facile de devenir professeur. À cette époque, je pratiquais la récitation des soutras (prière) matin et soir, ce que je n’avais pas été capable de faire auparavant. Grâce au soutien et aux encouragements d’autres personnes, j’ai pu réussir les examens et devenir enfin professeur.

Au Japon, il y a sans cesse des nouvelles à propos de harcèlement et de suicides, et les étudiants ont des problèmes avec leurs amis et sont angoissés par les professeurs ou par l’école. En plus, avec la propagation des téléphones portables, des ordinateurs, des appareils de jeu électroniques etc., beaucoup d’enfants, qui trouvent ennuyeuses la communication ou la compétition avec les autres, se replient sur eux-mêmes.

Dans mon école, il y a des étudiants qui se comparent aux autres et qui éprouvent des sentiments d’infériorité ou de supériorité. Ils ne s’aiment pas et ont une faible estime d’eux-mêmes, mais en même temps, ils n’arrivent pas à reconnaître les efforts et les réalisations des autres. Quand je parle à des étudiants qui ont un air sombre, ils me donnent ce genre de réponses : « Je me suis disputé avec mes parents. Ils trouvent que je les dérange », ou bien « Mes parents me comparent à mes frères et soeurs ». Ils ont tendance à devenir agressifs envers ceux qui réussissent à l’école, en disant : « Il/elle est né avec un cerveau différent » et « Il/elle fait bonne figure devant le professeur »

J’ai fini par réaliser que les attitudes de ces élèves ressemblent aux miennes. J’avais l’habitude de me comparer à mon frère ainé ou à mes amis. Je voulais être meilleure que tout le monde et je voulais être reconnue par les autres.

Je suis reconnaissante parce que je peux comprendre les sentiments de mes élèves mais, en même temps, comme professeur, je m’inquiète et me demande ce que je peux faire pour eux à part les écouter. S’il vous plaît, donnez-moi un conseil, Sainteté, sur le genre d’interaction qui pourrait aider ces élèves à prendre conscience de leur bonté et de leur valeur.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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