ROACO: La communion a besoin des richesses spirituelles de l’Occident et de l’Orient

Audience à la Réunion des Œuvres d’aide aux Églises orientales (traduction complète)

Le pape François remercie le card. Leonardo Sandri, ROACO 16 juin 2016, L'Osservatore Romano

Le pape François remercie le card. Leonardo Sandri, ROACO 16 juin 2016, L'Osservatore Romano

La communion dans l’Eglise « a besoin, partout dans le monde où catholiques latins et orientaux vivent côte à côte, des richesses spirituelles de l’Occident et de l’Orient », déclare le pape François.

Le pape François s’est en effet adressé aux participants de l’Assemblée de la Réunion des Œuvres d’aide aux Églises orientales (ROACO), ce jeudi 16 juin, dans la Salle Clémentine du palais apostolique du Vatican.

L’assemblée était consacrée « à la présence des Églises syro-malabare et syro-malankare dans les territoires de l’Inde, en-dehors du Kerala », cet Etat du sud, très catholique.

Le pape dit, en citant saint Jean-Paul II son espérance « que l’on pourra avancer selon les indications de mes prédécesseurs, dans le respect du droit propre à chacun, sans esprit de division, mais favorisant la communion dans le témoignage de l’unique Sauveur Jésus Christ. Cette communion a besoin, partout dans le monde où catholiques latins et orientaux vivent côte à côte, des richesses spirituelles de l’Occident et de l’Orient, auxquelles puissent puiser les jeunes générations de prêtres, religieux et religieuses et agents pastoraux, selon ce qu’a affirmé saint Jean-Paul II : « Les paroles de l’Occident ont besoin des paroles de l’Orient pour que la Parole de Dieu manifeste toujours mieux ses insondables richesses. Nos paroles se rencontreront à jamais dans la Jérusalem céleste, mais nous invoquons et nous voulons que cette rencontre soit anticipée dans la Sainte Église qui chemine encore vers la plénitude du Royaume » (Lett. Ap. Orientale Lumen, 28) ».

Il encourage le travail de « restauration » de la ROACO « pour que le visage de l’Église reflète visiblement la lumière du Christ, le Verbe incarné ».

Le pape redit sa sollicitude notamment pour l’Ukraine : « Il est notre paix et il frappe à la porte de notre cœur au Moyen-Orient, comme en Inde ou en Ukraine, ce dernier pays auquel j’ai voulu que soit destinée une quête extraordinaire qui a eu lieu au mois d’avril dernier dans les Églises d’Europe. »

Voici notre traduction intégrale du discours du pape prononcé en italien.

A.B.

Discours du pape François

Chers amis,

Je vous souhaite la bienvenue et je remercie le cardinal Sandri pour les paroles par lesquelles il a introduit notre rencontre. Je salue de tout cœur chacun de vous et les communautés auxquelles vous appartenez. Je vous suis reconnaissant à tous pour le zèle que vous mettez à faire avancer la mission qui vous est confiée et pour votre attention aux besoins de nos frères d’Orient. Participent à vos travaux les représentants pontificaux à Jérusalem, au Liban, en Syrie, en Irak et Jordanie et en Ukraine, qui accompagnent la vie des Églises et des peuples de ces pays, rendant proches le pape et le Saint-Siège à travers des rencontres mais aussi à travers des gestes de charité concrète, en coordination avec tous les organismes impliqués de la Curie romaine.

J’adresse mes salutations fraternelles aussi au père Francesco Patton, qui a succédé au p. Pierbattista Pizzaballa comme Custode de Terre sainte ; et je saisis cette occasion pour exprimer ma sympathie et ma reconnaissance à tous les frères mineurs qui, depuis des siècles, garantissent le maintien des lieux saints et des sanctuaires, grâce entre autres à la quête du Vendredi saint qui, chaque année, se renouvelle à partir de l’heureuse intuition du bienheureux Paul VI. Que le Seigneur vous garde et vous donne la paix ! J’espère qu’avec l’aide généreuse de tant de personnes, les travaux de restauration de la Basilique de la Nativité et de l’édicule du Saint Sépulcre seront menés à terme, y compris avec la contribution des autres communautés chrétiennes.

On m’a rapporté que, précisément au cours des restaurations à Bethléem, sur un mur de la nef, un septième ange en mosaïque avait été mis en lumière, formant, avec les six autres, une sorte de procession vers le lieu qui commémore le mystère de la naissance du Verbe fait chair. Cela nous fait penser que le visage de nos communautés ecclésiales peut aussi être couvert d’ « incrustations » dues aux différents problèmes et aux péchés. Et pourtant, votre œuvre doit être toujours guidée par la certitude que sous les incrustations matérielles et morales, et même sous les larmes et le sang provoqués par la guerre, la violence et la persécution, sous cette strate qui semble impénétrable, se trouve un visage lumineux, comme celui de l’ange de la mosaïque. Et vous tous, avec vos projets et vos actions, vous coopérez à cette « restauration » pour que le visage de l’Église reflète visiblement la lumière du Christ, le Verbe incarné. Il est notre paix et il frappe à la porte de notre cœur au Moyen-Orient, comme en Inde ou en Ukraine, ce dernier pays auquel j’ai voulu que soit destinée une quête extraordinaire qui a eu lieu au mois d’avril dernier dans les Églises d’Europe.

La réflexion que vous avez voulu, ces jours-ci, consacrer à la présence des Églises syro-malabare et syro-malankare dans les territoires de l’Inde, en-dehors du Kerala, me laisse espérer que l’on pourra avancer selon les indications de mes prédécesseurs, dans le respect du droit propre à chacun, sans esprit de division, mais favorisant la communion dans le témoignage de l’unique Sauveur Jésus Christ. Cette communion a besoin, partout dans le monde où catholiques latins et orientaux vivent côte à côte, des richesses spirituelles de l’Occident et de l’Orient, auxquelles puissent puiser les jeunes générations de prêtres, religieux et religieuses et agents pastoraux, selon ce qu’a affirmé saint Jean-Paul II : « Les paroles de l’Occident ont besoin des paroles de l’Orient pour que la Parole de Dieu manifeste toujours mieux ses insondables richesses. Nos paroles se rencontreront à jamais dans la Jérusalem céleste, mais nous invoquons et nous voulons que cette rencontre soit anticipée dans la Sainte Église qui chemine encore vers la plénitude du Royaume » (Lett. Ap. Orientale Lumen, 28).

Tout en invoquant sur vous la bénédiction du Seigneur, je vous demande de prier pour moi qui me rendrai dans quelques jours en pèlerinage sur une terre orientale, l’Arménie, première parmi les Nations à accueillir l’Évangile de Jésus. Merci de tout cœur. Que la Vierge Marie vous protège et vous accompagne. Merci.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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