Première publication le 15 juin 2026 par l’AED
Un pays sur trois parmi les 48 nations qui participent à la Coupe du monde de football sont confrontés à un manque de liberté religieuse sur leur territoire.
La Coupe du monde de la FIFA 2026, qui se déroule entre le 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Mexique et au Canada, réunit 48 nations autour de valeurs communes comme le sport. Parmi elles, 14 font face à des restrictions de liberté religieuse selon le dernier Rapport sur la liberté religieuse dans le monde publié par l’AED.
Cette proportion — 30 % des participants — correspond au nombre de pays signalés en orange (discrimination) ou en rouge (persécution) sur la carte mondiale du Rapport. Selon ce document, trois des pays engagés dans la compétition sont classés comme des lieux de persécution religieuse et onze comme des pays où une discrimination significative affecte la liberté de religion ou de conviction.
Liberté religieuse bafouée dans 14 pays
En Iran et en Arabie saoudite, des interprétations rigoristes de l’islam sous-tendent des systèmes juridiques qui restreignent sévèrement la liberté religieuse, en particulier pour les convertis et les membres de communautés religieuses non reconnues. Les personnes qui contestent ces restrictions risquent l’arrestation, l’emprisonnement et même, dans certains cas, la peine de mort. La République démocratique du Congo, quant à elle, souffre d’une instabilité chronique et de violences persistantes, aggravées dans l’est du pays par l’intensification des activités djihadistes des Forces démocratiques alliées.
Le Mexique, l’un des trois pays hôtes et lieu du match d’ouverture, est victime de crimes organisés et de trafic de drogue. Prêtres, responsables religieux et agents pastoraux y sont souvent pris pour cibles par des groupes criminels cherchant à contrôler les communautés locales dans plusieurs régions du pays. En 2025, deux prêtres ont été assassinés (le Père Ernesto Baltazar Hernández Vilchis le 17 novembre 2025 et le Père Bertoldo Pantaleón Estrada le 6 octobre 2025).
Haïti — dans le groupe C de la phase à élimination directe, avec son dernier match prévu le 24 juin à Atlanta, aux États-Unis — offre un tableau encore plus sombre. Bien que qualifié pour la Coupe du monde, un seul des 26 joueurs de son effectif vit et joue actuellement dans le pays. De larges portions du territoire sont de fait sous le contrôle de gangs armés, qui ont à plusieurs reprises kidnappé et assassiné des figures religieuses ces dernières années et entravent le travail des Églises et des organisations confessionnelles.
D’autres pays participants, notamment le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, la Jordanie, le Qatar, l’Égypte et la Turquie, abritent des millions de personnes qui ne bénéficient pas pleinement de la liberté de religion ou de conviction. Les minorités religieuses, notamment les chrétiens, les bahaïs et certaines communautés musulmanes, y subissent divers degrés de discrimination et de restrictions dans la pratique et l’expression de leur foi.
En Ouzbékistan, des contrôles stricts sur les activités religieuses touchent des personnes de différentes confessions, y compris au sein de la majorité musulmane, limitant la liberté de culte et d’expression religieuse.
L’Irak offre cependant un exemple porteur d’espoir. Les chrétiens et d’autres minorités religieuses y ont subi de terribles persécutions ces dernières années et continuent de dénoncer des discriminations officielles. Cependant, l’équipe nationale de football est devenue un symbole d’unité, réunissant différentes composantes ethniques et religieuses, notamment Arabes, Kurdes, chiites et sunnites. Quatre joueurs sont chrétiens. Dans un pays où les chrétiens représentent aujourd’hui moins de 1 % de la population, cela constitue une réalisation remarquable : près de 15 % de l’équipe est composée de joueurs chrétiens.
« La Coupe du monde rassemble des personnes de toutes cultures, religions et nations. Elle nous rappelle également les valeurs qui nous unissent : le respect de la dignité humaine et de la liberté de religion ou de conviction. Nous encourageons les gouvernements du monde entier à défendre et à protéger ce droit humain fondamental, afin que chacun puisse pratiquer, changer ou partager sa foi librement, sans crainte de discrimination ou de persécution. » Marta Petrosillo, rédactrice en chef du Rapport sur la liberté religieuse dans le monde.
Filipe d’Avillez
