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Bureau des affaires de désarmement de l’ONU © research.un.org

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ONU: réduire la dépendance mondiale de la force armée, par Mgr Auza

Pour la non-prolifération des armes de destruction massive

Il est urgent d’adopter des mesures en vue d’une part de « l’élimination des armes de destruction massive » et, d’autre part, « de la réduction de la dépendance mondiale de la force armée dans la conduite des affaires internationales », déclare Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies, au Débat ouvert du Conseil de sécurité sur la non-prolifération des armes de destruction massive, à New York le 28 juin 2017.

Le nonce apostolique plaide pour que « tous les États » prennent « les mesures appropriées en accord avec le droit national et international et (remplissent) scrupuleusement leurs obligations en vertu du droit international et des dispositions de la Charte des Nations Unies ». Il faut aussi « améliorer l’assistance aux États et la coopération entre eux », exhorte-t-il.

En effet, rappelle-t-il, la prolifération des armes, « à la fois conventionnelles et de destruction massive, aggrave les situations de conflit et aboutit à d’énormes coûts humains et matériels qui sapent profondément le développement et la recherche d’une paix durable ».

Voici notre traduction intégrale du discours en anglais de Mgr Auza.

CR

Déclaration de Mgr Bernardito Auza

Monsieur le Président,

Le Saint-Siège est reconnaissant du fait que la présidence de l’État plurinational de Bolivie ait porté cet important sujet d’arrêter la prolifération des armes de destruction massive (ADM) à la délibération de ce Conseil et à l’attention de la communauté internationale.

La prévention de la prolifération des armes de destruction massive et de leurs moyens de livraison constitue un défi commun auquel la communauté internationale est confrontée et est la clé de la gouvernance mondiale.

Près de six mois ont passé depuis l’adoption à l’unanimité par le Conseil de la Résolution 2325 (2016) sur la non-prolifération des armes de destruction massive. Cependant, ma délégation estime que la situation n’a pas changé substantiellement parce que, comme l’a déclaré le pape François, « nous disons : ‘Jamais plus’, mais en même temps, nous produisons des armes et les vendons à ceux qui sont en guerre les uns contre les autres. » (1) Le pape nous rappelle que « c’est une contradiction absurde de parler de paix, de négocier la paix et, en même temps, de promouvoir ou d’autoriser le commerce des armes ». Il invite les dirigeants nationaux « à s’engager fermement à mettre fin au commerce des armes qui fait des victimes de tant de personnes innocentes » (2) et réitère son soutien fort à l’adoption rapide d’étapes qui mèneraient à l’élimination des armes de destruction massive et à la réduction de la dépendance mondiale de la force armée dans la conduite des affaires internationales.

Le principal instrument juridiquement contraignant actuellement disponible pour lutter contre cette menace est la Résolution 1540 (2004), adoptée à l’unanimité il y a plus d’une décennie. Le rôle préventif de la Résolution et les efforts du Comité 1540 dans les cinq domaines de son travail – mise en œuvre, assistance, coopération, transparence et diffusion – sont fondamentaux pour guider les actions de tous les États afin de mettre en commun les efforts de lutte contre la prolifération.

À cet égard, ma délégation souhaite réaffirmer qu’il est essentiel d’améliorer l’assistance aux États et la coopération entre eux si nous voulons lutter contre la prolifération des armes de destruction massive. Il est nécessaire d’accroître la coordination des efforts nationaux, régionaux et internationaux, le cas échéant, pour renforcer notre réponse à ce grave défi. Tous les États devraient prendre les mesures appropriées en accord avec le droit national et international et remplir scrupuleusement leurs obligations en vertu du droit international et des dispositions de la Charte des Nations Unies. L’établissement de zones exemptes d’armes de destruction massive constituerait également un grand pas dans la bonne direction, car cela démontrerait que nous pouvons en effet aller vers un accord universel pour éliminer toutes ces armes.

Monsieur le Président,

La prolifération des armes, à la fois conventionnelles et de destruction massive, aggrave les situations de conflit et aboutit à d’énormes coûts humains et matériels qui sapent profondément le développement et la recherche d’une paix durable. En effet, la non-prolifération, le contrôle des armements et le désarmement sous-tendent la sécurité mondiale et le développement durable. Sans eux, la réalisation de l’Agenda pour le développement durable de 2030, tant vanté, sera gravement compromise, la paix continuera d’être dans un dangereux et grave déficit, et les souffrances humaines resteront sans relâche.

Il est impératif que tous les acteurs de l’État surmontent les différences et trouvent des solutions politiques capables d’empêcher et de stopper l’implication d’acteurs non étatiques dans les guerres et les conflits. Sans cela, le coût humain des guerres et des conflits continuera de croître et la prolifération des armes biologiques, chimiques et nucléaires, ainsi que leurs systèmes de livraison et le risque de leur utilisation par des États ou des groupes terroristes continueront de présenter des dangers très clairs et présents.

Merci, Monsieur le Président.

  1. Pape François dans une interview accordée à « Tertio », hebdomadaire catholique en Belgique, décembre 2016.
  2. Pape François, message vidéo de prière, juin 2017.

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