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Mgr Scicluna © thechurchinmalta.org

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Protection de mineurs : la méthode synodale du sommet de février, selon Mgr Scicluna

Et une liturgie pénitentielle

Le sommet convoqué à Rome par le pape François en 2019 pour affronter la question de la protection des mineurs dans tous les diocèses du monde et dans toutes les communautés religieuses aura quelque chose de la méthode des synodes, confie à « America Magazine » l’archevêque de Malte, Mgr Scicluna, une des chevilles ouvrières du dispositif « tolérance zéro » voulu par le pape. Et il inclura une célébration pénitentielle avec la participation de victimes d’abus.

Le pape vient en effet de nommer, le 23 novembre 2018, les organisateurs de cette rencontre mondiale sans précédent qui aura lieu du 21 au 24 février 2019: le cardinal Blase J. Cupich, archevêque de Chicago (Etats-Unis), le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Bombay (Inde), Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte et secrétaire adjoint de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le p. Hans Zollner, S.J., président du Centre pour la protection des mineurs de l’Université grégorienne et membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, qui sera le référent du Comité.

Le problème des abus étant « mondial », il faudra une approche « synodale », avec la présence d’une centaine de présidents de conférences épiscopales et les chefs des Eglises de rite oriental, explique Mgr Scicluna, mais aussi de laïcs : « Nous ne pouvons pas faire cela tout seuls, dans notre communauté, nous avons aussi besoin de donner leur place aux laïcs, pour qu’ils nous aident à être de bons serviteurs ».

Il insiste sur le fait que « la prévention des abus et la protection, la sauvegarde des enfants n’est pas seulement le problème de l’évêque, c’est une question synodale, quelque chose qui implique toute l’Eglise, et chacun dans l’Eglise dans le monde entier. Cela concerne chacun et tous. »

Une “synodalité” sur laquelle le pape insiste par exemple dans sa Lettre au Peuple de Dieu d’août dernier, car il tient à cette « collégialité affective », rappelle l’archevêque maltais.

Des éléments de la méthode des synodes seront donc présents : « Il y aura des sessions plénières, des groupes de travail linguistiques et leurs rapports ; il y aura des groupes de prière ; il y aura l’écoute de différentes personnes impliquées. Ce sera un ensemble d’information, de formation, de discussion. L’idée ce n’est pas seulement d’être d’accord sur des valeurs, mais d’indiquer des priorités et qu’elles soient adoptées par les évêques ».

L’archevêque révèle qu’il y aura une liturgie pénitentielle : « le pape le veut ». Et des victimes y prendront part, ajoute Mgr Scicluna. Celles-ci « seront aussi consultées en amont de la rencontre » et elles « seront écoutées pendant la rencontre ».

Il souhaite enfin que ce sommet soit pour tous l’occasion de prendre conscience de la « gravité de la situation », il espère qu’elle se révélera « positive » et débouchera sur « l’action ». Car, dit-il, toujours selon America Magazine, ce ne sera que « le début d’un processus ».

Un communiqué du Saint-Siège précisait, le 23 novembre, que le pape François participera à cette rencontre, ainsi que les chefs des Eglises orientales, les supérieurs de la Secrétairerie d’Etat, les préfets des Congrégations pour la doctrine de la foi, pour les Eglises orientales, pour les évêques, pour l’évangélisation des peuples, pour le clergé, pour les instituts de vie consacrée, et du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, les présidents des Conférences épiscopales et les représentants de l’Union des Supérieurs généraux et de l’Union internationale des supérieures générales.

Les travaux de préparation impliqueront aussi Gabriella Gambino et Linda Ghisoni, sous-secrétaires du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, la Commission pontificale pour la protection des mineurs et des victimes d’abus commis par des membres du clergé.

Le directeur du bureau de presse du Saint-Siège, Greg Burke a insisté sur le fait que « le pape François veut que les leaders de l’Eglise aient une pleine compréhension de l’impact dévastateur que les abus sexuels ont sur les victimes ».

Enfin, si cette réunion « est d’abord pour les évêques – et ils ont une grande responsabilité dans ce grave problème », cependant les laïcs experts dans ce domaine « donneront leur apport, et peuvent aider à affronter spécialement ce qui doit être fait pour assurer la transparence et la responsabilité ».

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