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Hommage à l'Immaculée, place d'Espagne, capture CTV

Hommage à l'Immaculée, place d'Espagne, capture CTV

Pour son diocèse, le pape demande à Marie une « bonne habitude » quotidienne

Hommage à la Vierge Place d’Espagne

« Fais que nous prenions la bonne habitude de lire tous les jours un passage de l’Évangile et, à ton exemple, de conserver la Parole dans notre cœur, pour que, comme une bonne graine, elle porte du fruit dans notre vie » : c’est l’une des trois grâces demandées par le pape François par l’intercession de la Vierge Marie pour son diocèse de Rome, ce vendredi 8 décembre 2017.

Le pape François s’est rendu, à 16h, Place d’Espagne pour le traditionnel acte de vénération de l’Immaculée que les Romains accomplissent au point que le jour est férié à Rome, en la fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie.  A l’angélus, le pape avait demandé aux catholiques de s’unir spirituellement à son pèlerinage marial dans Rome.

La statue de la Vierge a été commandée au sculpteur italien Giuseppe Obici (1807-1878) par le bienheureux pape Pie IX, en souvenir de la définition du dogme de l’Immaculée Conception, en 1854.

Le projet du monument dans son ensemble a été conçu par l’architecte Luigi Poletti (1792-1869). La statue a été placée au sommet d’une colonne antique de marbre, dont le socle est orné des statues de quatre « prophètes » qui ont annoncé la venue du Messie.

Il s’agit d’Isaïe (avec la citation d’Isaïe 7, 14: « la Vierge concevra »), du roi David (Psaume 45, 4: « il sanctifiera son tabernacle »), de Moïse (Genèse 3, 15: « Je mettrai une inimitié entre roi et la femme ») et d’Ezéchiel (44, 2: « cette porte sera close »).

Un pompier monte traditionnellement  à la grande échelle pour accrocher une couronne de fleurs au bras droit de la statue de la Vierge.

Dire merci

Le pape a uni sa démarche à celle de tous les Romains « Mère immaculée, pour la cinquième fois, je viens à tes pieds en tant qu’évêque de Rome, te rendre hommage au nom de tous les habitants de cette ville. Nous voulons te remercier pour la constante prévenance avec laquelle tu accompagnes notre chemin, le chemin des familles, des paroisses et des communautés religieuses, le chemin de ceux qui, tous les jours, parfois avec fatigue, traversent Rome pour aller au travail, des malades, des personnes âgées, de tous les pauvres, e toutes les personnes immigrées ici, venues de terres de guerre et de faim. Merci parce que, dès que nous t’adressons une pensée ou un regard ou un Je vous salue Marie fugace, nous sentons toujours ta présence maternelle, tendre et forte. »

Les anticorps de l’Evangile

Très précisément, le pape a demandé à la Vierge Marie la grâce que la ville développe des « anticorps » contre des virus qu’il diagnostique régulièrement dans la société: « O Mère, aide cette ville à développer les « anticorps » contre certains virus de notre temps : l’indifférence qui dit : « Cela ne me concerne pas », la mauvaise éducation civique qui méprise le bien commun, la peur de celui qui est différent et de l’étranger, le conformisme travesti de la transgression, l’hypocrisie qui accuse les autres, tout en faisant les mêmes choses, la résignation à la dégradation environnementale et éthique, et l’exploitation de tant d’hommes et de femmes. Aide-nous à repousser tous ces virus avec les anticorps de l’Évangile. »

Chaque jour un passage de l’Evangile

Comme lors de l’angélus, le pape a insisté sur le lien entre la Vierge Marie et la Parole de Dieu, demandant cette autre grâce pour Rome : « Fais que nous prenions la bonne habitude de lire tous les jours un passage de l’Évangile et, à ton exemple, de conserver la Parole dans notre cœur, pour que, comme une bonne graine, elle porte du fruit dans notre vie. »

Puis le pape a évoqué le pèlerinage qu’il a ensuite fait, à pied, depuis la place d’Espagne à l’église voisine de Sant’Andrea delle Fratte où Marie est apparue, le 20 janvier 1842, au jeune juif français – non religieux – de Strasbourg, Alphonse Ratisbonne, qui allait ensuite, avec son frère aîné, Théodore, fonder la Congrégation de Notre Dame de Sion : « Vierge immaculée, il y a 175 ans, non loin d’ici, dans l’église de Saint Andrea delle Fratte, tu as touché le cœur d’Alphonse Ratisbonne qui, à ce moment-là, d’athée et ennemi de l’Église, est devenu chrétien. Tu t’es montrée à lui comme Mère de grâce et de miséricorde. » Alphonse Ratisbonne portait la « Médaille miraculeuse » offerte par les filles d’un ami. La Vierge lui fut représentée « comme sur la médaille » : « Elle n’a rien dit mais j’ai tout compris » dira-t-il. Les Romains appelle la Vierge de Sant’Andrea « la Vierge du Miracle ».

Petits et pauvres

Le pape a demandé cette troisième grâce pour Rome : « Accorde-nous aussi, surtout dans l’épreuve et la tentation, de fixer notre regard sur tes mains ouvertes, qui laissent descendre sur la terre les grâces du Seigneur, et de nous dépouiller de toute arrogance orgueilleuse, pour nous reconnaître vraiment tels que nous sommes : petits et pauvres pécheurs, mais toujours tes enfants. Et ainsi, de mettre notre main dans la tienne pour nous laisser reconduire à Jésus, notre frère et sauveur, et à notre Père céleste qui ne se lasse jamais de nous attendre et de nous pardonner quand nous retournons à lui. »

« Merci, ô Mère, parce que tu nous écoutes toujours ! Bénis l’Église qui est à Rome, bénis cette ville et le monde entier. Amen », a conclu le pape.

Le pape, qui venait de Sainte-Marie-Majeure où il a fleuri l’autel de la Vierge Marie « Salut du Peuple romain »,  avait été accueilli place d’Espagne, par la maire de Rome, Virginia Raggi, et les autorités civiles et religieuses. A l’issue de la prière, le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, dont le siège est à deux pas, est venu saluer le pape accompagné du secrétaire et du secrétaire adjoint du dicastère, Mgr Protase Rugambwa (Tanzanie) et Mgr Giovanni Pietro Dal Toso (Italie).

Après le salut d’autres personnalités, le pape a pris le temps d’échanger quelques mots ou un geste d’affection, avec les malades présents Place d’Espagne.

Il s’est ensuite rendu à pied à la basilique Sant’Andrea delle Fratte, pour rendre hommage, de façon privée, à la Vierge « du Miracle ».

« Que la Vierge Marie soit toujours notre refuge, notre consolation et la voie qui nous mène au Christ », avait twitté le pape un peu auparavant.

Avec une traduction d’Hélène Ginabat

About Anita Bourdin

Journaliste accréditée au Vatican depuis 1995. A lancé Zenit en français en janvier 1999. Correspondante à Rome de Radio Espérance. Formation: journalisme (IJRS, Bruxelles), théologie biblique (PUG, Rome), lettres classiques (Paris IV, Sorbonne).

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