Pour le card. Koch, «la doctrine de la justification par la foi ne divise pas les chrétiens, mais les unit»

Conférence à la faculté vaudoise de Rome

L'évêque luthérien Younan entre le pape François et le card. Koch, au fond le Rév. Martin Junge, secrétaire général de la FLM (Malmö, 31 oct. 2016), capture FLM

L'évêque luthérien Younan entre le pape François et le card. Koch, au fond le Rév. Martin Junge, secrétaire général de la FLM (Malmö, 31 oct. 2016), capture FLM

« L’actualité de la doctrine chrétienne de la justification par la foi » : c’est le thème de cette conférence du cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, donnée à la faculté vaudoise de Rome et publiée le 16 février 2017, en italien, sur le site riforma.it avec pour sous-titre : « Une contribution catholique à une lecture œcuménique de la justification ».

Rappelons que c’est le cardinal Joseph Ratzinger qui a signé, pour l’Eglise catholique et le Saint-Siège, la Déclaration commune sur la justification du 31 octobre 1999 à Augsbourg (Allemagne), une théologie dont Benoît XVI a dit qu’elle était un thème « essentiel à la théologie » lors des vêpres œcuméniques qu’il a présidées à Ratisbonne (Allemagne), en l’église Sainte-Anne, le 13 septembre 2006, en disant notamment : « Bien que le thème du pardon réciproque soit à nouveau urgent en raison des évènements dramatiques de notre temps, on n’a pas conscience qu’avant tout c’est le pardon de Dieu qui est nécessaire, la Justification par lui. »

De fait cette rencontre s’est située vingt ans après le débat entre le cardinal Joseph Ratzinger et le professeur Paolo Ricca. Un événement pour la faculté, ce 13 février 2017. Le grand amphi a accueilli experts et représentants du monde catholique et du monde protestant, dont Giancarlo Pani, vice-directeur de la revue des jésuites italiens « La civiltà cattolica », Mirella Manocchio, présidente  de l’œuvre pour les Eglises méthodistes en Italie, et le modérateur de la Table vaudoise Eugenio Bernardini. Le cardinal Koch a été présenté par le professeur Fulvio Ferrario, doyen de la faculté vaudoise.

Pour le cardinal Koch, « la doctrine de la justification par la foi ne divise pas les chrétiens, mais les unit », même si historiquement, c’est le contraire qui est arrivé.

Il conclut en citant un passage d’un docteur de l’Eglise, relevé par le site, sainte Thérèse de Lisieux qui disait: « Je ne veux pas amasser de mérites pour le Ciel, je veux travailler pour votre seul Amour … Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides, car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes œuvres … Je veux me revêtir de votre propre Justice. »

« L’actualité de la doctrine chrétienne de la justification » se comprend par le fait que cette doctrine est devenue un « patrimoine œcuménique », tant chez les catholiques que chez les protestants. Et dans ce sens, la Déclaration conjointe sur la justification par la foi, de 1999 représente, a dit le cardinal Koch « une étape importante sans laquelle il aurait été impossible d’envisager, en cette année 2017, une commémoration commune de la Réforme protestante ».

Le cardinal Koch a rappelé les propos du cardinal Joseph Ratzinger-Benoît XVI et il a cité largement le Nouveau Testament pour montrer comment catholiques et protestants « partagent le caractère  inconditionnel et incommensurable de la grâce divine » : Pour lui, l’être humain est en effet caractérisé par « une réceptivité créaturelle »: nul ne peut se créer tout seul, nul ne peut non plus se racheter par soi-même, et justifier ses actions soi-même pour obtenir le salut. « L’être humain n’est pas en mesure de se justifier devant Dieu, c’est Dieu qui le justifie, c’est-à-dire qui l’accueille ». Lui, l’être humain, doit simplement accueillir dans la foi ce que Dieu accomplit », a-t-il constaté.

Il n’a pas caché les interrogations qui demeurent : la prééminence de la grâce divine sur les œuvres humaines étant affirmée, est-il possible de considérer une « collaboration » de l’être humain avec l’action de Dieu ? « La croix du Christ n’est pas qu’un don de Dieu à l’humanité, c’est aussi un « don de soi » de l’homme Jésus à Dieu », répond le cardinal Koch. Et comme le Dieu Un et Trine est « relation », cette relation doit prévoir un double mouvement, de Dieu vers l’être humain, mais aussi de l’être humain vers Dieu. Il s’agira donc, a souhaité le cardinal Koch, d’élargir le débat à la recherche d’un consensus sur l’anthropologie, sur l’ecclésiologie, et même sur la mariologie.

Avec une traduction d’Océane Le Gall

 

 

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel

Pope-crowd-blur

Abonnez-vous au service quotidien de ZENIT par courriel

Des informations sur le pape François et l'Eglise chaque jour par courriel

Merci de vous être abonné!