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Mgr Ivan Jurkovic © RV

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ONU : l’urgence des soins de santé pour les migrants et les réfugiés, par Mgr Jurkovic

Non aux incitations à l’avortement du Plan d’action global (Traduction intégrale)

Mgr Jurkovic attire l’attention sur « l’urgence des besoins des migrants et réfugiés dans le monde en matière de soins de santé ». Il souligne que les cinq priorités définies dans le Plan d’action global « exigeront une attention et une action ciblées et concertées, en particulier parce que ces questions ont actuellement un impact considérable sur le bien-être général et la santé physique et mentale des migrants et réfugiés dans le monde ».

Mgr Ivan Jurkovič, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies et des autres Organisations internationales à Genève, est intervenu à la 144ème réunion du Comité exécutif de l’Organisation mondiale de la santé, sur le point 6.4 de l’ordre du jour : « Promouvoir la santé des réfugiés et des migrants », y compris le projet de Plan d’action global 2019-2023, le 30 janvier 2019.

Le représentant du Saint-Siège dénonce par ailleurs les « références aux soi-disant “droits en matière de reproduction” » dans le projet de Plan d’action global. Il demande « instamment » d’une part que soit supprimée la référence au « dispositif minimum d’urgence » (DMU), puisque les kits DMU peuvent contenir « des abortifs ou des outils pour pratiquer un avortement » et d’autre part que les « nombreuses organisations de la société civile et organisations confessionnelles » participent aux efforts visant à promouvoir la santé parmi les réfugiés et les migrants.

Voici notre traduction de l’intervention de Mgr Jurkovič.

HG

Intervention de Mgr Ivan Jurkovič

Madame la Présidente,

Le Saint-Siège prend note de l’évolution du projet de Plan d’action global 2019-2023 sur la promotion de la santé des réfugiés et migrants et souhaite attirer particulièrement l’attention sur l’urgence des besoins des migrants et réfugiés dans le monde en matière de soins de santé et sur les conséquences pour la santé publique d’un nouveau retard dans la réponse globale, équitable et concertée à ces besoins.

Le Rapport du Directeur général fournit des données statistiques sur la croissance significative, de 49 pour cent, de la migration internationale entre 2000 et 2017. Il met aussi en lumière les vulnérabilités particulières, y compris celles qui sont liées à la santé, de 68,5 millions de personnes déplacées de force, dont des réfugiés reconnus officiellement et des personnes déplacées dans leur propre pays, ainsi que 10 millions de personnes apatrides. Toutefois, comme l’a souligné à maintes occasions le pape François, « le problème de la migration n’est pas simplement un problème de chiffres, mais de personnes, chacune avec son histoire, sa culture, ses sentiments et ses aspirations… Ces personnes, nos frères et sœurs, ont besoin d’une “protection permanente”, indépendamment du statut de migrant dont elles disposent… Toutes espèrent que nous aurons le courage de faire tomber le mur de la “complicité confortable et silencieuse” qui aggrave leur impuissance ; elles attendent que nous leur montrions notre préoccupation, notre compassion et notre dévouement » (1).

Ma délégation prend note en outre des cinq priorités (2) définies dans le projet de Plan global. Les progrès dans la mise en œuvre des mesures recommandées pour s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé et l’accélération des progrès vers la réalisation des objectifs du développement durable, y compris la couverture sanitaire universelle, ainsi que pour améliorer la communication générale avec les migrants et les réfugiés et pour lutter contre la xénophobie exigeront une attention et une action ciblées et concertées, en particulier parce que ces questions ont actuellement un impact considérable sur le bien-être général et la santé physique et mentale des migrants et réfugiés dans le monde.

Le Saint-Siège demande instamment que le Plan d’action proposé reconnaisse la nécessité d’associer un large éventail de parties prenantes aux efforts visant à promouvoir la santé parmi les réfugiés et les migrants. Si l’engagement des États Membres est essentiel à ces efforts, de nombreuses organisations de la société civile et organisations confessionnelles peuvent et doivent s’engager dans les actions complexes et multiformes qui seront nécessaires pour atteindre cet objectif.

Ma délégation tient à exprimer sa profonde préoccupation quant à l’inclusion, dans le document, de références aux soi-disant « droits en matière de reproduction ». En particulier, le Saint-Siège réaffirme qu’il ne considère pas l’avortement ou les services d’avortement comme une dimension de la santé reproductive ou des services de santé reproductive. Le Saint-Siège n’approuve aucune forme de législation qui reconnaisse légalement l’avortement. De même, le Saint-Siège considère les termes « santé sexuelle et reproductive » et « services de santé sexuelle et reproductive » comme s’appliquant à une conception holistique de la santé. Il ne considère pas non plus l’avortement, l’accès à l’avortement ou l’accès aux abortifs comme une dimension de ces termes. (3) Enfin, ma délégation demande instamment la suppression de la référence, dans ce plan d’action proposé, à ce qu’il est convenu d’appeler le « dispositif minimum d’urgence » (DMU), qui est recommandé parmi les « services de santé essentiels », dans le cadre des priorités et principes directeurs de l’OMS, d’autant que certains des kits DMU contiennent des abortifs et des outils pour pratiquer un avortement (4).

Merci, Madame la Présidente.

  1. Message du Pape François au Colloque Saint-Siège – Mexique sur les migrations internationales, Cité du Vatican, 14 juin 2018.
  2. Priorité 1 : Réduire la mortalité et la morbidité chez les réfugiés et les migrants par des interventions de santé publique à court et à long terme ; Priorité 2 : Promouvoir la continuité et la qualité des soins, tout en développant, renforçant et mettant en œuvre des mesures de santé et de sécurité au travail ; Priorité 3 : Promouvoir l’intégration de la santé des réfugiés et migrants dans les programmes mondiaux, régionaux et nationaux, et promouvoir ce qui suit : les politiques de santé tenant compte des besoins des réfugiés et des migrants et la protection juridique et sociale ; la santé et le bien-être des femmes, des enfants et des adolescents vivant dans des situations de réfugiés et de migrants ; l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles réfugiées et migrantes ; les partenariats et les mécanismes de coordination et de collaboration intersectorielle, multinationale et inter-institutions ; priorité 4 : renforcer la capacité de s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé et accélérer les progrès vers la réalisation des objectifs du développement durable, y compris la couverture sanitaire universelle ; et Priorité 5 : Soutenir les mesures visant à améliorer la communication et à combattre la xénophobie.
  3. Déclaration de réserves, délégation du Saint-Siège, comme indiqué dans le rapport de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, Pékin, 4-15 septembre 1995.
  4. Exposé de position de Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York, après l’adoption de la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies d’approuver les résultats de la Conférence internationale pour l’adoption du Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière, New York, à New York le 19 décembre 2018

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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