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Mgr Ivan Jurkovic @YouTube/OPTIC

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ONU : fonder le système financier mondial «sur des principes éthiques solides»

Mgr Ivan Jurkovic propose des mesures concrètes

« Le Saint-Siège juge essentiel de retrouver notre système financier mondial fondé sur des principes éthiques solides, accompagnés de justice, de vérité, d’équité et de solidarité », a déclaré Mgr Ivan Jurkovic, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation des Nations Unies et d’autres organisations internationales à Genève. Le Saint-Siège avance des propositions.

Il est intervenu à la douzième Conférence de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) à propos de la gestion de la dette, le 18 novembre 2019, à Genève.

Propositions du Saint-Siège

Le Saint-Siège propose « les contre-mesures », déclare Mgr Jurkovic.

Premièrement, dit-il, « une réglementation » est nécessaire pour garantir « un contrôle sérieux de la qualité et de la fiabilité de tous les produits économico-financiers, en particulier » des « instruments financiers titrés ».

Plus précisément, explique l’observateur permanent, « les pouvoirs publics devraient fournir une certification pour chaque produit généré par l’innovation financière ». Cela nécessitera « une coordination » entre « les diverses structures des systèmes financiers locaux » et visera à nourrir la « biodiversité économique et financière », à renforcer le principe de coopération et à encourager le crédit coopératif et public, « au service des familles, des entreprises, des économies locales ».

Deuxièmement la transparence. Pour Mgr Jurkovic, la réglementation des pouvoirs publics devrait s’efforcer davantage de mettre à disposition « un maximum d’informations » pour « assurer la transparence financière » et limiter les « mouvements excessifs » du capital du portefeuille.

En outre, souligne l’observateur permanent, les États sont invités à des réformes, de façon à « se protéger par une gestion appropriée du système public par le biais de réformes structurelles judicieuses, d’une répartition judicieuse des dépenses et d’un investissement prudent ».

Il recommande la restructuration de la dette des pays en voie de développement. « Nous encourageons vivement les initiatives et efforts internationaux visant à faciliter des restructurations de la dette souveraine justes, efficaces, complètes et faisant l’objet d’un arbitrage neutre », affirme Mgr Jurkovic. En outre, nous avons besoin d’une coopération fiscale internationale efficace et de la réalisation de « réductions raisonnables et de concordantes de la dette publique », ajoute-t-il.

Il en appelle à la responsabilité internationale: « Un soutien coordonné et une solidarité de la part de la communauté internationale sont indispensables, conclut Mgr Jurkovic : non seulement pour les États en développement, mais aussi pour assumer la responsabilité de réformes justes du système économique et financier international. »

Une situation internationale prédatrice

« La société civile, les décideurs des pays en développement et d’autres pays, ainsi que les dirigeants communautaires, les intellectuels et tous ceux qui sont touchés par les activités de puissants agents économiques et financiers, doivent œuvrer de concert pour réaliser de telles réformes », a-t-il ajouté.

Selon les données de l’Institute for International Finance, indique Mgr Jurkovic, « l’encours de la dette mondiale devrait dépasser 255 000 milliards de dollars d’ici la fin de l’année ».

« Cela reflète plusieurs décennies de création de crédit privé sans entraves sur des marchés financiers non réglementés, qui touche désormais également les pays en développement », explique-t-il : ces derniers « ont vu leur dette privée passer de 79% de leur PIB au début de la crise financière mondiale à 139% en 2017 ».

En outre, poursuit-il, « l’hyper-mondialisation – la déréglementation combinée et continue des marchés financiers, du travail et des biens dans le monde entier » – entraîne « des changements structurels dans les relations entre les États-nations et les grandes entreprises ». Ces effets ne se limitent pas aux marchés financiers, mais créent « un nouveau type de « rentiérisme » des entreprises » qui réussissent « à tirer parti des pouvoirs croissants du marché et du lobbying pour influencer les cadres de réglementation nationaux et régionaux » dans les domaines clés du développement (les droits de propriété intellectuelle, les politiques d’investissement, la fiscalité, le financement du développement) pour « faciliter l’extraction de rentes prédatrice par les entreprises ». 

 

 

About Marina Droujinina

Journalisme (Moscou & Bruxelles). Théologie (Bruxelles, IET).

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