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Mgr Bernardito Auza 13/12/2017 © Oss_romano

Mgr Bernardito Auza 13/12/2017 © Oss_romano

ONU: contre la pauvreté, l’éducation et la famille, par Mgr Auza (traduction complète)

Et une plus grande égalité hommes-femmes

Le « fossé entre les très riches et les pauvres » qui continue de se creuser dans le monde, sape la « cohésion sociale et la confiance dans les systèmes socio-politiques », en particulier « parmi les jeunes », a fait observer Mgr Bernardito Auza. La promotion de l’avenir des jeunes doit passer par « une éducation inclusive de qualité », a-t-il affirmé, et par « un investissement dans la famille ».

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège, est intervenu à la 57èmesession de la Commission pour le Développement social, sur le point 3 (a) : Lutte contre les inégalités et les obstacles à l’inclusion sociale au moyen de politiques fiscales, salariales et de protection sociale, à New York, le 14 février 2019.

Le représentant du Saint-Siège a déclaré que « le renforcement de la famille est peut-être la politique de protection sociale la plus efficace » parce qu’elle « favorise », entre autres, un « esprit d’inclusion ». Soulignant « la grande contribution que les femmes apportent en tant que dignes protagonistes du développement », il a invité à promouvoir aussi « une plus grande égalité entre les femmes et les hommes ».

Voici notre traduction de l’intervention de Mgr Auza prononcée en anglais.

HG

Intervention de Mgr Bernardito Auza

Monsieur le Président,

Le rapport du secrétaire général sur la lutte contre les inégalités et les obstacles à l’inclusion sociale au moyen de politiques fiscales, salariales et de protection sociale, montre que les niveaux d’inégalité dans le monde demeurent très élevés et que les inégalités à l’intérieur des pays ont augmenté dans de nombreuses régions du monde. En effet, les études indiquent que le fossé entre (1) les très riches et les pauvres continue de se creuser.

Une plus grande inégalité des revenus diminue la mobilité économique intergénérationnelle et l’impact de la croissance économique sur la réduction de la pauvreté. Elle sape aussi la cohésion sociale et la confiance dans les systèmes socio-politiques, ce qui entraîne un décalage entre ceux qui gouvernent et les citoyens et engendre insécurité et incertitude quant à l’avenir. Cela est particulièrement vrai parmi les jeunes, dont beaucoup doivent faire face aux conséquences des inégalités et à un chômage persistant.

En ce qui concerne les jeunes, le pape François a déclaré, dans son récent Discours au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, que « les jeunes sont notre avenir et la tâche de la politique est d’ouvrir la voie de leur avenir » (2). Il a exhorté les gouvernements à construire des perspectives sures pour les jeunes en investissant dans des initiatives qui puissent les aider à construire leur avenir et leur permettre non seulement de trouver du travail, mais aussi de former une famille et d’élever des enfants.

Ici, le Saint-Siège ne saurait trop insister sur le fait qu’une éducation inclusive de qualité, en particulier pour les enfants et les jeunes vivant dans des situations socio-économiques désavantagées, est un instrument fondamental pour réduire les inégalités et un puissant catalyseur pour une mobilité socio-économique plus dynamique et équitable des individus et des familles entières.

La promotion de l’avenir des jeunes doit passer par un investissement dans la famille. Comme le souligne le Préambule de la Convention sur les droits des enfants, « la famille, en tant que groupe fondamental de la société et environnement naturel pour la croissance et le bien-être de tous ses membres, et en particulier des enfants, devrait bénéficier de la protection et de l’aide nécessaires pour pouvoir assumer entièrement ses responsabilités au sein de la communauté » (3).

Le renforcement de la famille est peut-être la politique de protection sociale la plus efficace de toutes, parce qu’une famille forte offre un solide filet de protection sociale. Cela favorise aussi un esprit d’inclusion, rendant la société plus familiale et permettant aux jeunes d’être de bien meilleurs étudiants. Par conséquent, les politiques familiales, comme le soutien aux enfants et à la famille, les politiques fiscales favorables à la famille et les programmes de protection sociale, sont des investissements qui servent de catalyseur aux familles afin qu’elles contribuent à nourrir les générations futures et à prendre soin des membres les plus vulnérables de notre société.

Monsieur le Président,

Le pape François souligne souvent que « l’être humain est le centre du développement et, tant que les hommes et les femmes demeurent passifs ou marginalisés, le bien commun ne peut être considéré comme pleinement réalisé » (4). Il est aussi essentiel de reconnaître la grande contribution que les femmes apportent en tant que dignes protagonistes du développement et d’assurer une plus grande égalité entre les femmes et les hommes, ce qui inclut un salaire égal pour un travail égal, des progrès professionnels équitables ainsi que la protection des mères.

Pour atteindre cet objectif, nous devons continuer sans relâche de promouvoir les principes de la justice, de la solidarité et du bien commun. Ils garantissent le bien-être de la famille humaine tout entière, qui est fondée sur la dignité de toute personne humaine, quelle que soit sa vulnérabilité. « Un autre monde est possible ! », s’est exclamé le pape François pendant les Journées mondiales de la jeunesse, récemment célébrées à Panama. Il nous a exhortés à prendre nos responsabilités dans sa construction afin que, a-t-il dit, « nos rêves ne restent pas éphémères ou éthérés, mais puisse promouvoir un contrat social dans lequel tout le monde a la chance de rêver d’un lendemain » (5).

Pour que ces rêves deviennent réalité, il faut lutter contre les inégalités et les obstacles à l’inclusion sociale. Cette Commission est un pas encourageant dans cette direction.

Merci, Monsieur le Président.

NOTES

  1. A/CN.5/2019/3.
  2. Pape François, Discours aux membres du Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège pour l’échange traditionnel de vœux du Nouvel An, 7 janvier 2019.
  3. Convention relative aux droits de l’enfant, Préambule.
  4. Pape François, Discours à la Fédération nationale italienne des Chevaliers du Travail au Palais Apostolique, 20 juin 2015.
  5. Pape François, Discours aux autorités, au corps diplomatique et aux représentants de la société, Panama, 24 janvier 2019.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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