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Audience générale du 7 nov 2018 © Vatican Media

Audience générale du 7 nov 2018 © Vatican Media

La soif dans le monde : une immense honte pour l’humanité du XXIème siècle

Message du pape François à une Conférence sur la gestion de l’eau potable

« Les dramatiques statistiques de la soif » sont « une immense honte pour l’humanité du XXIème siècle » : Ainsi s’exprime le pape François qui dénonce « la corruption et les intérêts d’une économie » qui s’intéresse à la fourniture d’armes et de munitions plutôt qu’à garantir l’accès à l’eau potable. Il faut, dit-il, « de la volonté et de la détermination » ainsi que « tous les efforts institutionnels, organisationnels, éducatifs, technologiques et financiers » pour lutter contre ce fléau.

Le pape François a envoyé un Message aux participants à la Conférence internationale, organisée par le Dicastère pour le Développement humain intégral en collaboration avec les ambassades accréditées auprès du Saint-Siège de France, d’Italie, de Monaco et des Etats-Unis, sur le thème : « La gestion d’un bien commun : l’accès à l’eau potable pour tous » et qui se déroule ce jeudi 8 novembre 2018 à l’Université pontificale urbanienne.

Le pape souligne que l’eau est « centrale dans la formation du tissu social, de la coexistence et de l’organisation communautaire ». C’est pourquoi « une anthropologie adéquate est indispensable pour des styles de vie responsables et solidaires, pour une véritable écologie » et pour faire de l’accès à l’eau potable « un droit qui émane de la dignité humaine ».

Voici notre traduction du Message envoyé par le pape François.

HG

Message du pape François

Monsieur le Cardinal,

Monsieur le Recteur Magnifique,

Frères et sœurs,

Je vous félicite pour l’organisation de la Conférence intitulée « La gestion d’un bien commun : l’accès à l’eau potable pour tous ».

L’eau est fondamentale pour la vie. Dans de nombreuses zones du monde, nos frères et sœurs ne peuvent pas avoir une vie digne, précisément en raison du manque d’accès à une eau propre. Les dramatiques statistiques de la soif, surtout la situation des personnes qui tombent malades et souvent meurent à cause d’une eau insalubre, sont une immense honte pour l’humanité du XXIème siècle.

Malheureusement, dans beaucoup des pays où la population n’a pas un accès régulier à l’eau potable, il ne manque pas de fourniture d’armes et de munitions qui continuent de détériorer la situation ! La corruption et les intérêts d’une économie qui exclut et qui tue prévalent trop souvent sur les efforts qui, en étant solidaires, devraient garantir l’accès à l’eau. Les statistiques de la soif requièrent de la volonté et de la détermination, et tous les efforts institutionnels, organisationnels, éducatifs, technologiques et financiers ne peuvent pas diminuer.

J’ai déjà proposé certaines considérations sur cette question dans l’encyclique Laudato si’ et dans mon récent Message à l’occasion de la Journée de prière pour la protection de la création. J’espère que les personnes qui interviennent et participent à cette Conférence peuvent partager dans leurs milieux professionnels et politiques l’urgence, la volonté et la détermination nécessaires. Cet engagement se manifeste dans de multiples initiatives comme la réalisation d’infrastructures, la formation, la mobilisation, l’aide aux populations en danger dont l’approvisionnement en eau est compromis, dont font partie les migrants, et le rappel à cet ensemble de références éthiques et de principes qui partent de l’Évangile et d’une saine anthropologie.

En effet, une anthropologie adéquate est indispensable pour des styles de vie responsables et solidaires, pour une véritable écologie (cf. Laudato si’, 118 ; 122), ainsi que pour la reconnaissance de l’accès à l’eau potable comme un droit qui émane de la dignité humaine et donc incompatible avec une conception de l’eau qui équivaudrait à n’importe quelle marchandise. Les principes et les valeurs évangéliques doivent conduire à l’engagement concret de chacun vers la réalisation du bien commun de toute la famille humaine (cf. exhort. ap. Evangelii gaudium, 179-183). Du point de vue de la foi, en tout homme assoiffé, nous percevons la même image de Dieu, comme nous le lisons dans l’Évangile de Matthieu : « j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire » (Mt 25,42). Cette Conférence implique, de manière opportune, des représentants de différentes religions et cultures ; la double dimension spirituelle et culturelle de l’eau ne doit jamais être négligée, puisqu’elle est centrale dans la formation du tissu social, de la coexistence et de l’organisation communautaire.

Je vous invite à méditer sur le symbole de l’eau dans les principales traditions religieuses, vous exhortant également à la contemplation de cette ressource qui, comme l’écrivait saint François d’Assise, est « très utile et humble et précieuse et chaste ».

J’implore la bénédiction du Très-Haut Créateur sur chacun de vous, sur vos familles, sur les initiatives destinées à mieux gérer l’eau. Je vous souhaite le meilleur pour vos travaux et vous demande, s’il vous plaît, de prier pour moi.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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