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"La Force de la vocation" @ EdB

"La Force de la vocation" @ EdB

“La force de la vocation”: « L’ignorance, c’est le Royaume de satan »

Eduquer, c’est pour «gagner» insiste le pape François

« L’ignorance, c’est le Royaume de satan. Je le dis comme je le crois. Le diable se manifeste toujours dans l’obscurité. Et là où il y a ignorance, il y a ténèbres, manque de lumière et de clarté. Mettre de la lumière là-dedans et éduquer, c’est faire grandir le bien dans la personne et faire déguerpir le diable »: le pape François – qui tient à l’éducation au point que la fondation Scholas Occurrentes est devenue “pontificale” -, dénonce l’ignorance, avec force, dans son livre sur la vie consacrée, “La force de la vocation. La vie consacrée aujourd’hui” (EdB, 2018).

Le pape y rend hommage aux congrégations religieuses dédiées à l’éducation des enfants et des jeunes, pour certains, depuis des siècles. Il reconnaît la difficulté pour certaines communautés à passer la main aux laïcs quand elles n’ont plus les forces nécessaires à la gestion des écoles, mais il souligne l’importance du « discernement », et du discernement « ensemble » dans les diocèses par exemple, avec l’évêque et les laïcs concernés : une mission et un discernement « partagés ».

« Je crois profondément au diable »

Mais surtout, le pape souligne combien l’éducation est le lieu d’un combat spirituel. Ce faisant, il offre des pages sur le combat du chrétien pour choisir constamment la bonté, la vérité et la beauté, dont tout baptisé peut faire du fruit, et pas seulement les consacrés, ou pas seulement les enseignants.

Le pape redit l’urgence, humaine et spirituelle de l’éducation. Plus encore, il débusque un piège spirituel et il affirme sans ambages: “Je crois profondément au diable. Non seulement je crois qu’il existe, mais je le crois très actif. Je crois que plus il y a d’ignorance, plus il prend ses aises.

Un passage de son livre que l’on pourrait intituler, en écho à C. S. Lewis,  “tactique du diable”: “Voilà donc comment il agit, dans la duperie, l’ignorance, quand on s’éloigne de la lumière de la vérité.”

La culture et l’éducation, lieu d’un combat

Pour le pape, ce combat est au cœur de la culture et de l’éducation: “C’est pour cela que je trouve que la frontière existentielle de la culture et de l’éducation est si importante. Il faut bien apprécier tout cela, dans un sens eschatologique, cette lutte entre le bien et le mal.”

Mais la perspective est “gagnante”: “Parce qu’éduquer, c’est toujours gagner. La vérité, la bonté et la beauté sont de Dieu. Gagner en cela, c’est gagner pour Dieu.

A contrario, le pape avertit que qui ne grandit pas – ne fait pas grandir – se met en danger: “Celui qui n’est pas éduqué et qui n’améliore pas ses capacités de bonté, de vérité et de beauté, ouvre une porte au diable.”

Il précise les tentations des simulacres de bonté, de vérité, de bonté : « Certains essaient de suppléer ces capacités: la bonté avec un éthicisme (un éthicisme sans bonté), la vérité avec un « casuistisme » (casuistique), la beauté avec un maquillage artificiel… Si tu ne te bats pas, ce sont des choses dont le mauvais esprit va se servir pour te détourner du bon chemin. »

« Eduquer, c’est donc donner des armes pour gagner », insiste le pape.

Coordonner la tête, le cœur et la main

Puis il rappelle comment concevoir l’éducation intégrale et harmonieuse des jeunes, sans les réduire à une machine à emmagasiner des notions : « Il faut toujours que l’éducation soit conçue correctement. L’éducation ne consiste pas à remplir de concepts la tête des jeunes. Non, ça ne sert à rien. Une éducation authentique doit maintenir l’équilibre entre les trois langages humains : celui de l’esprit, celui du cœur et celui des mains. »

Cette interaction entre la tête, le cœur et la main est fondamentale dans la conception que le pape François a de l’éducation des enfants et des jeunes. Il exprime cette interaction (nous soulignons la pensée par la disposition), cette synergie des capacités de toute la personne : « Il faut enseigner à bien penser, à bien sentir et à bien agir. Et ce, de manière coordonnée :

-de manière à ce que l’on pense ce que l’on ressent et ce que l’on fait,

-que l’on ressente ce que l’on pense et ce que l’on fait,

-et que l’on fasse ce que l’on ressent et ce que l’on pense. »

En somme, ce petit livre, qui pourrait passer inaperçu, constitue un vrai traité spirituel « pour tous », et pas seulement à l’usage des consacrés. Il peut aussi favoriser la communion entre laïcs, clercs et consacrés en dévoilant de l’intérieur, au concret, l’importance des combats de la vie consacrée pour tout le peuple de Dieu.

 

 

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