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Séminaristes de Lombardie © Vatican Media

Séminaristes de Lombardie © Vatican Media

La croix du doute est une croix féconde, affirme le pape (1/8)

Dialogue avec les séminaristes de Lombardie

« La croix du doute est une croix, mais une croix féconde », affirme le pape François. « C’est une croix, le doute, mais c’est une croix qui rapproche de Jésus. »

Le pape répondait ainsi à la question d’un séminariste du diocèse de Mantoue sur « la graine du doute et de la difficulté à suivre Jésus en tant que prêtre dans la société contemporaine », au cours d’un dialogue avec les séminaristes de Lombardie, le 13 octobre 2018, dans la salle Clémentine du palais apostolique, au Vatican.

« Le doute nous met en crise, a expliqué le pape François. Le doute nous fait nous demander : ‘Mais est-ce bien ou pas bien ?’ Le doute est une richesse. »

En cas de doute, a-t-il poursuivi, il faut passer à « l’action concrète », c’est-à-dire « dialoguer avec la personne qui t’accompagne, dialoguer avec le supérieur, dialoguer avec ses camarades ». « Mais un dialogue ouvert, un dialogue sincère, des choses concrètes, a souligné le pape. Et surtout dialoguer avec le Seigneur. »

Voici notre traduction de l’italien de la réponse du pape.

MD

Réponse du pape François

La croix du doute est une croix, mais une croix féconde. Je n’ai pas confiance dans les gens qui ne doutent jamais. Le doute nous met en crise ; le doute nous fait nous demander : « Mais est-ce bien ou pas bien ? Le doute est une richesse. Je parle du doute normal, pas de ces personnes dubitatives qui deviennent scrupuleuses. Non, ça ne va pas. Mais le doute normal de la personnalité est une richesse, parce qu’il me met en crise et me fait demander : cette pensée vient-elle de Dieu ou pas ? Est-ce une bonne chose ou pas ?

Tu as dit « la croix du doute », et je te réponds sur le doute intérieur, sur le doute que tu as dans ton orientation spirituelle. Tu parles peut-être aussi du doute culturel. Mais aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de doute culturel ; il y a peut-être plus d’affirmations culturelles opposées, chacun a la sienne et je crois que ce qui manque à l’humanité c’est un peu cette capacité à bien douter. Les grandes questions… : pense au doute sur la guerre, sur les migrations… Ce sont des doutes à prendre au sérieux, car autrement, dans ces domaines, le problème ne se résout pas par une recherche intérieure, mais selon les intérêts de toute nation, de toute société, de tout peuple. Alors s’il n’y a pas ces doutes, ce n’est pas bien, parce qu’on devient de plus en plus sûr, on ne se pose pas le problème…. C’est une croix, le doute, mais c’est une croix qui rapproche de Jésus et met en crise. Et comme tu l’as dit – c’est écrit là – « quelles actions concrètes pouvons-nous mettre en pratique chaque jour pour que notre vie quotidienne nourrisse ce chemin de confiance ? ». L’action concrète c’est dialoguer avec la personne qui t’accompagne, dialoguer avec le supérieur, dialoguer avec ses camarades. Mais un dialogue ouvert, un dialogue sincère, des choses concrètes. Et surtout dialoguer avec le Seigneur : « Seigneur, que veux-tu me dire avec ceci, avec ce que tu me fais ressentir, avec cette désolation, avec ce doute ?…. » Prenez le doute comme une invitation à chercher la vérité, à chercher la rencontre avec Jésus-Christ : c’est le vrai doute. Entendu ?

© Traduction de Zenit, Océane Le Gall

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