Gestation pour autrui: «Je suis poursuivie par mon erreur»

Témoignage d’Elisa Ana Gomez au sénat italien

Elisa Anna Gomez, ZENIT - FC

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Elisa Anna Gomez, arrivée des Etats-Unis en Italie, raconte sa souffrance après avoir accepté de porter un enfant pour d’autres, un cas de « Gestation pour autrui » (GPA) présenté au Sénat italien le 2 février.

Elisa Anna Gomez a été présentée aux journalistes par Toni Brandi, président de l’association italienne « ProVita », et par le sénateur Lucio Malan, au cours d’une conférence de presse.

Bien que très jeune, Elisa Anna est déjà la mère d’un jeune homme entré à l’aéronautique militaire et d’une jeune fille, étudiante en médecine. Quant à sa troisième fille, elle ne peut la voir, raconte-t-elle, la voix brisée par l’émotion.

C’est en 2006 qu’Elisa décide de « se proposer » comme mère porteuse dans un forum sur Internet. Elle vit dans l’Etat du Minnesota, où cette pratique est illégale. Elle raconte : « J’ai rencontré différents couples, par un site Internet sans consultation légale et j’ai choisi un couple homosexuel. »

Elisa explique que les deux hommes lui ont fait bonne impression et qu’elle a signé avec eux un accord lui garantissant de l’argent et l’assurance d’être toujours la mère de l’enfant et de rester présente dans sa vie.

La grossesse se passe bien, Elisa porte sa fille avec joie, confiante dans la garantie de pouvoir voir sa fille fréquemment. Mais les choses changent à la naissance : « Dès que la petite est née, je me suis sentie attachée à elle, je sentais que c’était ma fille et savais que je ne pouvais pas me séparer d’elle », explique-t-elle.

Cet attachement préoccupe le couple qui a conclu un accord avec elle et qui s’offre de la raccompagner chez elle à sa sortie d’hôpital avec l’enfant. Elisa accepte et monte en voiture. Là, elle comprend que l’attitude des deux hommes a radicalement changé. Ils essaient de la rassurer, mais Elisa pressent qu’ils veulent « se débarrasser » d’elle. Ils la raccompagnent puis repartent rapidement avec sa fille. « A partir de ce moment-là je suis devenue l’ombre de moi-même », commente-t-elle. Le couple a coupé tout contact et quitté le Minnesota. Elle s’adresse aux autorités, en vain : « On me traitait comme si la fillette n’était pas à moi. »

Elisa tente les voies légales, sans plus de succès : après un premier procès, le juge déclare qu’elle n’est pas la mère de sa fille, mais « seulement un donneur génétique ». Elle fait appel de ce jugement : on lui reconnaît des liens de parenté avec l’enfant, tout en confiant celle-ci au couple homosexuel. Elle est condamnée à verser près de 600 dollars de pension alimentaire, alors qu’elle est artiste peintre et vit de petits boulots pour entretenir sa famille. Et elle est désormais passible de prison si elle parle de ce qui lui est arrivé sur le territoire des Etats-Unis.

En Italie, libérée de cette censure, elle raconte sa souffrance d’entendre pleurer sa fille au téléphone. Elisa n’a plus jamais revu sa fille depuis ses deux ans et demi : « J’ai été naïve », regrette-t-elle. Et elle ajoute : « Je suis sûre que des milliers de femmes, dans le monde, subissent le même sort. » Ces femmes, dit-elle, « sont exploitées, forcées par la violence ou par la faim, à louer leur utérus » et elle s’écrie : « Je ne suis pas une esclave et ma fille n’est pas un objet. » Elle déplore que des pays « qui votent des lois contre la vente d’organes du corps humain acceptent la maternité de substitution ».

Traduction d’Océane Le Gall

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