En quatre ans, le pape a rappelé la source de l’amour de Dieu, par le card. Parolin

Bilan du pontificat

Le cardinal Parolin célèbre la Journée du malade, capture vidéo sanctuaire de Lourdes

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« Cette insistance sur la miséricorde n’est pas tant un goût personnel du pape que le fait de centrer l’attention sur le mystère fondamental: celui de l’amour de Dieu », fait observer le cardinal Pietro Parolin: « Et le pape nous a justement rappelés à ce centre, à cette source. »

Dans une interview accordée à Radio Vatican en italien, le secrétaire d’État fait, ce 13 mars 2017, le bilan des quatre années du pontificat du pape François élu le 13 mars 2013 et rappelle que l’Année de la miséricorde a été « un cadeau que le pape a fait à l’Église pour qu’elle devienne … instrument de miséricorde ».

« L’histoire du salut, dit le cardinal Parolin, n’est rien d’autre que l’histoire de la révélation de l’amour, de la miséricorde et de la tendresse de Dieu à l’égard de l’humanité… Je crois que l’effort de l’Église doit être justement de se faire un intermédiaire, de se faire canal de cette rencontre entre la miséricorde de Dieu et l’homme d’aujourd’hui dans sa réalité concrète. »

Le cardinal indique deux « fruits » de l’Année de la miséricorde dont le premier est « la redécouverte de la confession comme sacrement de la miséricorde de Dieu ». « Il y a eu un réveil de ce sacrement », souligne le cardinal Parolin, « le sacrement où le Seigneur Jésus nous fait expérimenter la miséricorde du Père, le pardon des péchés et tout son amour pour nous. »

Le deuxième « fruit » de l’Année jubilaire « c’est l’attention aux situations de pauvreté, d’indigence », souligne le cardinal : « Le pape nous a montré, surtout par ses gestes, cet exercice de la miséricorde qui, d’ailleurs, est une des demandes qui nous est faite de manière pressante pendant le carême : la conversion naît justement de l’exercice des œuvres de charité fraternelle. Et par conséquent cette attention renouvelée aux personnes qui se trouvent en difficulté, aux pauvres, aux personnes marginales, à ceux qui ont besoin de soutien et de proximité. »

Le secrétaire d’État souligne que cette vision de « l’Église en chemin », de « l’Église qui s’ouvre » « a commencé avec le Concile Vatican II, dont le pape François veut être celui qui continue son application dans la vie de l’Église ». « Cela me semble important, cette Église en chemin, souligne le cardinal: une Église qui s’ouvre avant tout au Seigneur, une Église qui sort vers son Seigneur… Et c’est justement parce que l’Église sort vers Jésus-Christ qu’elle réussit aussi…à rencontrer les gens, à accompagner les gens dans sa réalité de tous les jours. Cela me semble très important et il me semble que ce chemin doit être fait ensemble. Voilà la synodalité ! »

Le cardinal Parolin estime que le désir du pape François de réformer la curie romaine exprime «  une dimension fondamentale de l’Église d’être dans un processus de réforme, de « conversion » pour utiliser le terme évangélique ».

« Et il est juste qu’il en soit ainsi, il est nécessaire qu’il en soit ainsi, ajoute le cardinal.  Le pape nous le rappelle avec insistance pour que l’église devienne toujours plus elle-même, qu’elle devienne toujours plus authentique, qu’elle enlève ces incrustations qui s’accumulent sur le chemin de l’histoire et qu’elle resplendisse vraiment comme une transparence de l’Évangile. Je dirais que ceci est fondamentalement le sens de la réforme et c’est pour cela que le pape insiste sur la « réforme du cœur »! « Ce ne sont pas les critères fonctionnels qui doivent guider cette réforme, poursuit le secrétaire d’État,  mais, justement, plus profondément, les critères d’un authentique retour à Dieu et d’une authentique manifestation de la vraie nature de l’Église. »

En revenant aux « critiques » de l’exhortation Amoris Laetitia par certains membres de l’Église, le cardinal note que « ce n’est pas la première fois que cela se produit » et que « le pape lui-même nous a donné les clés pour les lire : à savoir qu’il doit y avoir des critiques sincères, qui veulent construire et elles servent alors pour progresser, elles servent aussi pour trouver la manière, ensemble, de connaître toujours mieux la volonté de Dieu et de l’appliquer ».

Pour le cardinal Parolin, Amoris Laetitia est « un grand cadeau » qui « donne une grande impulsion … à la pastorale familiale »: « Elle produit vraiment des fruits de renouveau et d’accompagnement des situations familiales qui se trouvent dans la fragilité », ajoute-t-il. En citant les paroles du pape qui disait avant le premier synode sur la famille: « ce synode devra faire briller l’Évangile de la famille », le cardinal Parolin souligne que « l’Évangile de la famille veut dire d’un côté le plan de Dieu sur la famille, ce plan que Dieu a conçu dès l’éternité sur la famille, et en même temps aussi les conditions réelles dans lesquelles cette famille vit : une famille marquée par le péché originel comme toute la réalité humaine ».

En se souvenant du jour de l’élection du pape François, le cardinal Parolin, qui était en ce moment nonce au Venezuela, parle d’une « grande surprise » pour le « nom de « François » qui n’existait pas dans la série des papes » et qui a, à son avis, « aussitôt caractérisé ce qui allait être les caractéristiques du nouveau pontife ». Le cardinal se souvient aussi du premier discours du pape « fait avec une telle simplicité, avec une telle paix, une telle sérénité »: « Ce qui m’a surtout frappé c’est cette confiance réciproque, le fait qu’il s’en soit remis au peuple et qu’il ait demandé la prière du peuple afin que le Seigneur le bénisse. »

Le cardinal Parolin « remercie vraiment le Seigneur » d’être aux côtés du pape François pendant ces années: « Ce qui m’impressionne chez le pape François, raconte-t-il, c’est vraiment sa lecture de foi des choses, des situations, d’où naît, dirais-je, une grande sérénité de fond. » Il est impressionné par « cette capacité à regarder les choses avec sérénité, à savoir que les choses sont dans la main de Dieu et par conséquent à aller de l’avant avec force, à aller de l’avant avec courage ». « Et je dirais que cela m’aide beaucoup aussi dans l’exercice de mes responsabilités et de mon rôle », conclut le cardinal Parolin.

Avec une traduction de Constance Roques

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