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Rencontre avec Mar Gewargis III, catholicos de l'Eglise assyrienne de l’Orient © L'Osservatore Romano

Rencontre avec Mar Gewargis III, catholicos de l'Eglise assyrienne de l’Orient © L'Osservatore Romano

Eglise assyrienne de l’Orient: le pape encourage à « avancer à grands pas » vers l’unité

Rencontre avec Mar Gewargis III (Traduction intégrale)

« Nous avons l’opportunité d’avancer à grands pas, en grandissant dans la connaissance mutuelle et en témoignant ensemble de l’Évangile », a déclaré le pape François en recevant Mar Gewargis III, catholicos-patriarche de l’Église assyrienne de l’Orient, le 17 novembre 2016.

Devant le patriarche élu en septembre 2015 pour succéder à Mar Dinkha IV, le pape a évoqué sa consternation devant « ce qui continue de se produire au Moyen-Orient, spécialement en Irak et en Syrie ». Il a rendu hommage aux martyrs du Moyen-Orient : « Ces frères et sœurs sont des modèles qui nous exhortent en toutes circonstances à rester avec le Seigneur, à embrasser sa croix et à avoir confiance en son amour ».

Discours du pape François

Sainteté, très chers frères dans le Christ,

C’est une grande joie et une occasion de grâce de vous rencontrer ici, près de la tombe de saint Pierre. Je vous souhaite de tout cœur la bienvenue et je remercie pour les aimables paroles qui m’ont été adressées. À travers vous, je désire étendre mes cordiales salutations dans le Seigneur à tous les évêques, les prêtres et les fidèles de l’Église assyrienne de l’Orient. Avec les paroles de l’apôtre Paul qui a versé son sang pour le Seigneur dans cette ville, je voudrais vous dire : « la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ » (Rm 1,7).

Cette rencontre et la prière que nous élèverons ensemble, aujourd’hui, au Seigneur invoquent précisément le don de la paix. En effet, nous sommes consternés par ce qui continue de se produire au Moyen-Orient, spécialement en Irak et en Syrie. Là-bas se déverse sur des centaines de milliers d’enfants innocents, de femmes et d’hommes la violence terrible de conflits sanguinaires qu’aucune motivation ne peut justifier ni permettre. Là-bas, nos frères et sœurs chrétiens, ainsi que diverses minorités religieuses et ethniques sont malheureusement habitués à souffrir quotidiennement de grandes épreuves.

Au milieu de tant de douleur, dont j’implore la fin, nous voyons tous les jours des chrétiens parcourir le chemin de croix en marchant avec douceur dans les pas de Jésus, s’unissant à lui qui, par sa croix, nous a réconciliés : « en sa personne, il a tué la haine » (Ép 2,16). Ces frères et sœurs sont des modèles qui nous exhortent en toutes circonstances à rester avec le Seigneur, à embrasser sa croix et à avoir confiance en son amour. Ils nous indiquent qu’au centre de notre foi se trouve toujours la présence de Jésus qui nous invite, même dans l’adversité, à ne pas nous lasser de vivre son message d’amour, de réconciliation et de pardon. C’est ce que nous apprenons des martyrs et de ceux qui, aujourd’hui encore, même au prix de leur vie, restent fidèles au Seigneur et avec lui sont vainqueurs du mal par le bien (cf. Rm 12,21). Nous sommes reconnaissants envers ces frères qui nous poussent à suivre la voie de Jésus pour vaincre l’inimitié. De même que le sang du Christ, répandu par amour, a réconcilié et uni, faisant germer l’Église, ainsi le sang des martyrs est la semence de l’unité des chrétiens. Il nous appelle à nous dépenser pour la communion avec une charité fraternelle.

Je remercie Dieu pour les solides liens fraternels qui existent déjà entre nous et que cette visite, si appréciée et précieuse, renforce davantage. De nombreux pas importants ont déjà été accomplis. Votre prédécesseur bien-aimé, le catholicos-patriarche Mar Dinkha IV, que j’ai eu la joie de rencontrer il y a deux ans, a signé ici à Rome, avec saint Jean-Paul II, la Déclaration christologique commune. Elle nous permet de confesser la même foi dans le mystère de l’Incarnation. Cet objectif historique a ouvert la voie à notre pèlerinage vers la pleine communion, un chemin que je désire ardemment poursuivre. Sur ce parcours, je confirme l’engagement de l’Église catholique pour que notre dialogue, déjà si fécond, puisse avancer. À l’avenir, il pourra contribuer à recomposer la pleine harmonie, au bénéfice de nos communautés qui vivent déjà souvent en étroit contact. C’est pourquoi je souhaite vivement que la Commission conjointe pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église assyrienne de l’Orient puisse nous aider à aplanir la route vers ce jour si attendu, où nous pourrons célébrer le sacrifice du Seigneur au même autel, en signe réel de la communion ecclésiale pleinement rétablie.

Entre-temps, nous avons l’opportunité d’avancer à grands pas, en grandissant dans la connaissance mutuelle et en témoignant ensemble de l’Évangile. Notre proximité sera un levain d’unité. Nous sommes appelés à œuvrer ensemble dans la charité partout où c’est possible, de sorte que l’amour indique la voie de la communion. Dans le baptême, nous avons redécouvert le fondement de la communion réelle entre nous. Catholiques et assyriens, « tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit » (1 Cor 12,13) : nous appartenons à l’unique Corps du Christ, nous sommes frères en lui. Nous avançons avec cette certitude, cheminant ensemble dans la confiance, nourrissant – dans la prière et surtout à l’autel du Seigneur – la charité qui « est le lien le plus parfait » (Col 3,14). Elle recompose les fractures et guérit les déchirures. Ne nous lassons pas de demander au Seigneur, médecin divin, de guérir les blessures du passé par l’onction bénéfique de sa miséricorde.

Cela nous fera du bien aussi de raviver la mémoire commune de notre activité d’évangélisation. Elle plonge ses racines dans la communion de l’Église primitive. De là la diffusion de l’Évangile qui, à l’aube de la foi, a rejoint Rome et les terres de Mésopotamie, berceau de civilisations très anciennes, donnant vie à des communautés chrétiennes florissantes. Les grands évangélisateurs d’alors, les saints et les martyrs de tous les temps, tous concitoyens de la Jérusalem céleste, nous exhortent maintenant, en nous accompagnant, à ouvrir ensemble des sentiers féconds de communion et de témoignage.

Sainteté, très cher Frère, avec joie et affection je désire exprimer ma gratitude pour votre visite et pour le don de pouvoir prier ensemble aujourd’hui, les uns pour les autres, pour invoquer la protection et le secours du Seigneur, pour demander que sa miséricordieuse volonté soit pleinement accueillie par nous et que nous en témoignions fraternellement.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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