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Enfants à l'école © Réseau mondial de prière du pape

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ONU: Oui à une éducation de qualité, mais pas «élitiste», par Mgr Auza

Pour une culture de la rencontre qui respecte les identités

Pour Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies à New-York, il est nécessaire de « promouvoir une culture de la rencontre, qui implique une atmosphère authentique de respect, d’estime, d’écoute sincère et de solidarité, sans qu’il soit nécessaire de brouiller ou de diminuer son identité ». C’est ainsi qu’il s’est exprimé lors de l’événement d’action ODD de haut niveau sur l’éducation, ce mercredi 28 juin 2017.

Reprenant le concept forgé par le pape François de « dialogue de la grammaire », le nonce apostolique affirme qu’il faut former les nouvelles générations à une « grammaire de la conversation intellectuelle », visant à faire « découvrir la vérité ensemble » et laissant « les étudiants motivés pour construire des ponts et trouver de nouvelles réponses aux nombreux défis de notre époque ».

« Une ‘éducation élitiste’ aggraverait les inégalités », avertit Mgr Auza ; elle « élargirait l’écart entre les riches et les pauvres et perpétuerait la marginalisation sociale et économique et l’exclusion de ceux qui n’ont pas accès à l’éducation, en particulier à une éducation de qualité ».

Voici notre traduction intégrale de son discours prononcé en anglais.

CR

Déclaration de Mgr Bernardito Auza

Monsieur le Président,

Nous vous remercions de cette occasion de nous engager auprès des acteurs clés de la communauté de l’éducation et, en outre, dans des discussions sur l’accès universel à une éducation de qualité et équitable et à l’éducation des enfants et des jeunes, concernant les Objectifs de développement durable (ODD).

L’Église catholique a des siècles d’expérience dans la gestion d’institutions d’éducation, ouvertes non seulement aux catholiques, mais aussi à tous, garçons et filles, et surtout dans la fondation d’écoles dans le monde entier pour éduquer les pauvres qui, sinon, ne recevraient aucune éducation. Ce faisant, l’Église s’efforce de contribuer à la construction d’un monde plus uni et pacifique grâce à la formation intégrale de générations successives de citoyens et de dirigeants.

Le pape François a parlé du « droit à l’éducation » lorsqu’il s’est adressé à l’Assemblée générale des Nations Unies en 2015. Il a déclaré que ce principe « est assuré avant tout en respectant et en renforçant le droit primordial de la famille à éduquer ses enfants, ainsi que le droit des Églises et des groupes sociaux à soutenir et aider les familles dans l’éducation de leurs enfants. L’éducation conçue de cette façon », a-t-il souligné, « est la base de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 ». [1]

Pour réussir dans cette tâche ardue, il est nécessaire de promouvoir une culture de la rencontre, qui implique une atmosphère authentique de respect, d’estime, d’écoute sincère et de solidarité, sans qu’il soit nécessaire de brouiller ou de diminuer son identité. Une telle culture est capable de répondre aux nombreuses formes de violence, de pauvreté, d’exploitation, de discrimination, de marginalisation, de gaspillage et de restrictions à la liberté auxquelles les ODD cherchent à remédier.

Dans ce contexte, les établissements d’enseignement doivent chercher à diffuser la « grammaire du dialogue » [2] qui, comme l’a affirmé récemment le pape François, est à la base de la rencontre et le moyen d’harmoniser la diversité culturelle. La formation de nouvelles générations dans cette grammaire de la conversation intellectuelle, visant à découvrir la vérité ensemble, laissera les étudiants motivés pour construire des ponts et trouver de nouvelles réponses aux nombreux défis de notre époque.

Il y a quelques semaines, le pape François a inauguré le bureau du Vatican de la Fondation Scholas Occurrentes, qu’il a lui-même fondée en 2013. La Fondation dispose d’un réseau d’un demi-million d’écoles dans 190 pays, unies dans son objectif principal de promouvoir une « culture de la rencontre pour la paix par l’éducation, la technologie, l’art et le sport ». À cette occasion, le pape François nous a prévenus du danger de l’ « élitisme » dans l’éducation, en particulier dans une éducation de qualité. Ce danger est réel et présent, surtout dans les endroits où le soutien public à l’éducation est érodé et où des institutions exclusives sont créées par ceux qui peuvent se permettre de payer pour l’éducation. [3] Une « éducation élitiste » aggraverait les inégalités, élargirait l’écart entre les riches et les pauvres et perpétuerait la marginalisation sociale et économique et l’exclusion de ceux qui n’ont pas accès à l’éducation, en particulier à une éducation de qualité.

L’éducation sème l’espoir. La personne humaine ne peut pas vivre sans espoir, un espoir que l’éducation aide à générer, dans la mesure où les étudiants et les enseignants recherchent la beauté, la bonté, la vérité et la communion avec les autres pour le bien commun. Lorsque les éducateurs écoutent les jeunes et les étudiants leurs professeurs, un monde plus uni et pacifique qui écoute l’autre avec sensibilité et compréhension devient réalisable.

Merci, Monsieur le Président.

  1. Pape François, Discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, 25 septembre 2015.
  2. Pape François, Discours à l’Assemblée plénière de la Congrégation pour l’éducation catholique, 9 février 2017.
  3. Pape François, Inauguration du Bureau du Vatican des Scholas Occurrentes, 9 juin 2017.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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