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Angélus du 12 août 2018, capture @ Vatican Media

Angélus du 12 août 2018, capture @ Vatican Media

Angélus: “Le chrétien ne peut pas être hypocrite: il doit vivre de façon cohérente!” (traduction complète)

Non à ce qui « trouble la joie de l’Esprit Saint et empoisonne le coeur”

“Le chrétien ne peut pas être hypocrite: il doit vivre de façon cohérente”, explique le pape François à l’angélus.

Le pape François a guidé la prière de l’angélus, avec les jeunes et les visiteurs présents, Place Saint-Pierre, soit quelque 90 000 personnes, dimanche 12 août 2018.

Le pape est en effet venu sous l’auvent des audiences du mercredi, au terme de la messe présidée par le cardinal Gualtiero Bassetti, président de la Conférence des évêques italiens (CEI), pour la “Rencontre de prière du Saint-Père avec les jeunes Italiens”.

Le pape avait auparavant sillonné la place Saint-Pierre en “papamobile”, pour saluer les jeunes enthousiastes.

Le cardinal Bassetti a accueilli le pape François, le remerciant entre autres d’avoir accueilli et aussi un peu “secoué” les jeunes, au cours de la veillée au Circo Massimo, samedi soir.

A l’angélus le pape a exhorté à une vie “cohérente” avec les promesses du Baptême et de la Confirmation: “Pour ne pas attrister l’Esprit Saint, il faut vivre de façon cohérente avec les promesses du Baptême, renouvelée à la Confirmation.” “De façon cohérente, pas de façon hypocrite: n’oubliez pas cela!” a insisté le pape en précisant: “Les promesses du Baptême ont deux aspects: le renoncement au mal et l’adhésion au bien.”

Le pape a cité la phrase du saint chilien et jésuite Alberto Hurtado (1901-1952): “C’est bien de ne pas faire le mal, mais c’est mal de ne pas faire le bien.”

Et il a ajouté: “Si nous ne nous opposons pas au mal, tacitement, nous l’alimentons.”

Voici notre traduction des paroles prononcées par le pape en italien avant l’angélus.
AB

Paroles du pape François avant l’angélus

Chers frères et soeurs,

et chers jeunes Italiens, bonjour!

Dans la seconde lecture d’aujourd’hui, saint Paul nous adresse une invitation pressante: “N’attristez pas le Saint Esprit de Dieu,  qui vous a marqués de son sceau en vue du jour de votre délivrance” (Ep 4,30).

Mais moi je me demande: comment est-ce qu’on attriste l’Esprit Saint? Nous l’avons tous reçu au Baptême et à la Confirmation, donc, pour ne pas attrister l’Esprit Saint, il faut vivre de façon cohérente avec les promesses du Baptême, renouvelée à la Confirmation. De façon cohérente, pas de façon hypocrite: n’oubliez pas cela! Le chrétien en peut pas être hypocrite: il doit vivre de façon cohérente. Les promesses du Baptême ont deux aspects: le renoncement au mal et l’adhésion au bien.

Renoncer au mal signifie dire “non” aux tentations, au péché, à satan. Plus concrètement, cela signifie dire “non” à une culture de mort qui se manifeste dans la fuite du réel vers un faux bonheur qui s’exprime par le mensonge, la fraude, l’injustice, le mépris de l’autre. A tout cela, « non ». La vie nouvelle qui nous a été donnée au baptême, et qui a comme source l’Esprit, rejette une conduite dominée par des sentiments de division et de discorde. C’est pour cela que l’Apôtre Paul exhorte à éliminer du cœur “amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes et toute espèce de méchanceté” (v. 31). C’est ce que dit saint Paul. Ces six éléments, ou vices, qui troublent la joie de l’Esprit Saint, empoisonnent le coeur et conduisent à des imprécations contre Dieu et contre le prochain.

Mais ne pas faire le mal ne suffit pas pour être un bon chrétien; il faut adhérer au bien et faire le bien. Et voilà que saint Paul continue: “Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ” (v. 32). On entend si souvent des gens qui disent: “Moi, je ne fais de mal à personne”. Et on croit être un saint. D’accord, mais le bin, tu le fais? Tant de personnes ne font pas de mal, mais pas de bien non plus et leur vie coule dans l’indifférence, dans l’apathie, dans al tiédeur. Cette attitude est contraire à l’Evangile et elle est aussi contraire à votre tempérament, vous, les jeunes, qui êtes par nature dynamiques, passionnés, et courageux.

Souvenez vous de ceci – si vous vous en souvenez, nous pouvons les répéter ensemble -: “C’est bien de ne pas faire le mal, mais c’est mal de ne pas faire le bien.” C’est saint Alberto Hurtado qui disait cela.

Je vous exhorte aujourd’hui à être les protagonistes dans le bien! Des protagonistes dans le bien. Ne vous sentez pas en règle quand vous ne faites pas de mal: chacun est coupable du bien qu’il pouvait faire et n’a pas fait. Il ne suffit pas de ne pas haïr, il faut pardonner; il ne suffit pas de ne pas avoir de rancoeur, il faut prier pour ses ennemis; il ne suffit pas de ne pas être cause de division, il faut apporter la paix là où elle n’est pas; il ne suffit pas de ne pas dire du mal des autres, mais quand nous entendons dire du mal de quelqu’un il faut interrompre, arrêter les racontars. C’est cela faire le bien. Si nous ne nous opposons pas au mal, tacitement, nous l’alimentons. Il faut intervenir là où le mal se répand; parce que le mal se diffuse là où l’on manque de chrétiens audacieux qui s’y opposent par le bien en “marchant dans la charité” (cf. 5,2), selon l’avertissement de Paul.

Chers jeunes, vous avez beaucoup marché ces jours-ci! Vous êtes donc entraînés et je peux donc vous dire: marchez dans la charité, marchez dans la charité! Et marchons ensemble vers le prochain synode des évêques. Que la Vierge Marie nous soutienne par son intercession maternelle, afin que chacun de nous, chaque jour, en actes, puisse dire « non » au mal et « oui » au bien.

© Traduction de ZENIT, Anita Bourdin

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