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Rencontre oecuménique avec les jeunes Tallinn (Estonie) 25 sept. 2018 © Vatican News

Rencontre oecuménique avec les jeunes Tallinn (Estonie) 25 sept. 2018 © Vatican News

Abus : là-dessus, l’Eglise «ne négocie pas» déclare le Pape François

Conférence de presse dans l’avion Tallinn-Rome (1)

Là-dessus, l’Eglise « ne négocie pas » déclare le Pape François à propos des abus sexuels, ou de pouvoir, en répondant à une question de la presse sur ce qui scandalise les jeunes, dans l’avion Tallinn-Rome, mardi 25 septembre 2018.

Voici notre traduction de la réponse du pape François, faite en italien.

Les intertitres sont de la rédaction.

AB

***

Ce qui scandalise les jeunes

Et maintenant, je me réfère à la rencontre d’aujourd’hui avec les jeunes. Les jeunes sont scandalisés: je présente ici la première question qui était hors du thème du voyage. Les jeunes sont scandalisés par l’hypocrisie des grands. Ils sont scandalisés par les guerres, ils sont scandalisés par l’incohérence, ils sont scandalisés par la corruption.

Et dans ce cas de corruption entre ce que vous avez souligné, des abus sexuels. Il est vrai qu’il y a une accusation contre l’Eglise, et nous le savons tous, nous connaissons les statistiques, je ne le dirai pas ici. Mais même s’il avait eu un seul prêtre à abuser d’un enfant, ce serait toujours monstrueux, car cet homme a été choisi par Dieu pour conduire l’enfant au ciel. Je comprends que les jeunes soient scandalisés par une si grande corruption.

Ils savent qu’il y en a partout, mais dans l’Église, c’est plus scandaleux, car nous devons conduire les enfants à Dieu et non pas les détruire. Les jeunes essaient de se frayer un chemin à travers l’expérience. La rencontre avec les jeunes, aujourd’hui, était très claire: ils demandent l’écoute, ils demandent l’écoute. Ils ne veulent pas de formules toutes faites. Ils ne veulent pas d’un accompagnement directif.

Les fruits de la lutte de l’Eglise

Et la deuxième partie de cette question, qui était la première en-dehors du voyage, était que « l’Eglise ne fait pas les choses comme elle le doit pour nettoyer cette corruption ». Je prends le Rapport de Pennsylvanie, par exemple, et je vois que jusqu’au début des années 70, beaucoup de prêtres étaient tombés dans cette corruption. Puis, plus récemment, ils ont diminué parce que l’Église s’est rendue compte qu’elle devait se battre d’une autre manière.

Dans le passé, on couvrait ces choses. On les couvrait aussi à la maison, lorsque l’oncle violait sa petite nièce, lorsque un père violait ses enfants: on les couvrait, parce que c’était une très grande honte. C’était la manière de penser des siècles passés et du siècle dernier.

Interpréter les faits historiques

En cela, il y a un principe qui m’aide à interpréter l’histoire: un fait historique doit être interprété avec l’herméneutique de l’époque où ce fait s’est produit, pas avec l’herméneutique d’aujourd’hui.

Par exemple: l’indigénisme. Il y a eu tant d’injustices, tant de brutalités. Mais cela ne peut pas être interprété avec l’herméneutique d’aujourd’hui où nous avons une autre prise de conscience.

Un dernier exemple: la peine de mort. Même le Vatican en tant qu’État, lorsqu’il était un État papal, avait la peine de mort; le dernier a été décapité vers 1870, un criminel, un jeune homme.

Mais ensuite la conscience morale grandit, la conscience morale grandit. C’est vrai qu’il y a toujours des échappatoires, il y a toujours des condamnations à mort cachées: tu es vieux, tu est ennuyeux, je ne te donne pas les médicaments … et puis ils disent: « il est parti ». C’est une condamnation à mort – sociale – d’aujourd’hui.

Aucune grâce accordée

Mais je pense avec cela avoir répondu. L’Église: je prends l’exemple de la Pennsylvanie, si regardez les proportions vous constatez que lorsque l’Église a commencé à prendre conscience de cela, elle a tout fait [contre cela].

Et ces derniers temps, j’ai reçu de très nombreuses condamnations de la part de la Congrégation pour la doctrine de la foi et j’ai dit: « En avant, en avant ». Jamais, jamais je n’ai signé une demande de grâce après une condamnation. Là-dessus, on ne négocie pas, il n’y a pas de négociation.

© Traduction de ZENIT, Anita Bourdin

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