Discours de clôture du consistoire extraordinaire (26-27 juin 2026), 27 juin 2026, © Vatican Media

Le Consistoire appelle à bâtir une civilisation de l’amour face à la culture de la puissance

Résumé de la deuxième session du consistoire extraordinaire (26-27 juin 2026)

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Réunis en deuxième session de travail, les cardinaux ont approfondi l’appel de l’encyclique Magnifica humanitas à promouvoir une civilisation de l’amour. Ils ont souligné l’urgence d’un témoignage crédible de l’Église, d’un engagement renouvelé pour la paix et d’une responsabilité partagée face aux défis de notre temps.

La session de cet après-midi a débuté à 16 h 00 dans la Salle Paul VI, sous la présidence du cardinal Siongco David. En ouvrant les travaux, celui-ci a évoqué la situation dramatique du Venezuela et les nombreuses victimes du violent séisme survenu au cours des dernières heures. Après la prière commune, le cardinal a présenté le thème de la session : « La culture de la puissance et la civilisation de l’amour », consacrée à la réflexion sur le chapitre V de l’encyclique Magnifica humanitas, avant de donner la parole au cardinal Fernández pour son intervention introductive. À l’issue de cette présentation, après un temps de silence et de prière, le cardinal David a ouvert les travaux en groupes, selon les modalités prévues. Ceux-ci se sont poursuivis, avec une pause, jusqu’à 18 h 20.

Le pape Léon XIV, présent à l’ouverture de la session, est revenu pour la séance plénière. Onze groupes ont ensuite présenté leurs synthèses en assemblée : les huit groupes du premier ensemble et trois groupes du second.

Les interventions de tous les groupes ont manifesté une vive conscience des graves défis de notre époque, de la force déshumanisante de la culture de la puissance, de son caractère universel, de la tentation de se conformer à la logique des puissants, de banaliser la guerre et la polarisation, qui conduisent à un abaissement inquiétant du seuil de tolérance face à la violence ainsi qu’à une dangereuse simplification dans la recherche de solutions.

Tous les groupes ont également exprimé la responsabilité profonde et urgente de construire la paix et une civilisation de l’amour.

Pour beaucoup, cette mission exige avant tout un témoignage crédible, d’abord au sein même de l’Église, ainsi qu’un langage nouveau qui considère chacun comme une personne et non comme « un autre ». Il s’agit d’un langage fait d’écoute, de pardon, de réconciliation, de justice réparatrice et de gestes concrets, capable de toucher le cœur des hommes et des femmes, y compris de ceux qui sont engagés dans les conflits, afin de leur faire prendre conscience des blessures engendrées par la violence. Un tel langage doit aussi favoriser la recherche de l’unité dans l’Église. Dans cette perspective, plusieurs groupes ont insisté sur le fait que ce témoignage doit être porté de manière unie par l’ensemble des chrétiens afin d’être crédible.

Dans le même contexte, il a été question de la nécessité du dialogue avec les autres confessions chrétiennes et les autres religions, en particulier avec l’islam, ainsi que de l’implication des institutions internationales. À une époque où la mondialisation de l’indifférence rend les hommes toujours moins sensibles à la souffrance d’autrui, les cardinaux ont rappelé que chaque homme et chaque femme est appelé à assumer sa responsabilité dans la construction de la paix.

Dans cette perspective, tous les groupes ont souligné le rôle central de la foi au Christ et de l’Évangile, qui transforme le monde lorsqu’il n’est pas réduit à une simple théorie, ainsi que la vocation première de l’Église. Certaines situations, ont-ils rappelé, ne peuvent être affrontées sans l’intervention de Dieu. Plusieurs groupes ont cité, à cet égard, l’action de l’Église en Terre Sainte et en Europe de l’Est.

Les échanges ont également porté sur le rôle du pouvoir politique, appelé à se libérer de son lien toxique avec le pouvoir économique, sur l’importance de la famille et de l’éducation, ainsi que sur la difficulté de sortir d’une logique de réponses immédiates au détriment de projets durables. Les cardinaux ont insisté sur la nécessité d’une œuvre d’évangélisation audacieuse, rappelant que la véritable détermination naît de l’Évangile, de la vie chrétienne et de la foi.

Plusieurs groupes ont également évoqué le rôle de la diplomatie du Saint-Siège et des nonces apostoliques pour faire entendre la voix de l’Église sur la scène internationale. De nombreux groupes ont exprimé la nécessité de dépasser la logique de la « guerre juste », estimant que l’Évangile ne s’impose jamais par la force. Ils ont proposé de privilégier plutôt la notion de droit à une défense proportionnée. Les rapports ont également exprimé une profonde gratitude envers le Saint-Père pour son encyclique Magnifica humanitas et une volonté unanime de le soutenir dans son appel à la paix ainsi que dans sa condamnation de la guerre.

Dans ce contexte, les cardinaux ont également réfléchi au munus petrinum, le ministère pétrinien, considéré comme la garantie de l’indépendance de l’Église à l’égard des pouvoirs politiques. Ils ont souligné le besoin de gestes forts qui puissent devenir, en notre temps, de véritables icônes de paix. À l’issue des rapports des groupes de travail, le temps restant a été consacré à plusieurs interventions personnelles portant sur les thèmes de la session.

Les cardinaux ont évoqué le témoignage chrétien comme un moyen de transformer les mentalités et la culture. Ils ont renouvelé leurs remerciements pour cet espace de partage et de communion qu’a constitué le consistoire, soulignant également la nécessité de travailler avec les responsables des autres religions afin de promouvoir la civilisation de l’amour.

Ils ont aussi relevé que les paroles exigeantes du pape dans son encyclique concernant le retard de l’Église à condamner l’esclavage avaient ouvert le cœur de millions de personnes à l’Évangile, apportant lumière et espérance à l’Église.

Enfin, ils ont souligné que cette encyclique constitue un appel personnel adressé à tous, mais d’abord au Collège cardinalice, à assumer la responsabilité de la construction de la paix, à répondre aux attentes des hommes et des femmes de notre temps, ainsi qu’au besoin de gestes symboliques, à l’image de la Rencontre de prière pour la paix convoquée par saint Jean-Paul II à Assise en 1986.

La session s’est achevée vers 19 h 30, le pape Léon XIV conduisant la prière finale.

Traduction réalisée par ZENIT

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Rédaction

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