Une étude récente de la sociologue française Isabelle Jonveaux, relayée en juillet 2026 par le magazine catholique La Vie, dresse un état des lieux sur la fermeture des monastères contemplatifs en France depuis une vingtaine d’années.
Le vieillissement des moines et des moniales, la crise des vocations et les charges financières trop lourdes obligent les communautés à fusionner ou à céder leurs édifices séculaires. Cette étude révèle qu’entre 2007 et 2026, 91 abbayes contemplatives ont fermé leurs portes, soit près d’un tiers du paysage monastique français.

La plupart des abbayes retrouvent une « autre vie » après leur fermeture © Facebook.com / Abbaye de La Trappe
De même qu’en Europe, cette crise s’accélère depuis quelques années en France. Elle affecte particulièrement les communautés féminines, notamment les ordres des carmélites, des clarisses et des visitandines. Les monastères trappistes hommes et femmes sont aussi fortement touchés. Récemment encore, la Grande-Trappe de Soligny a annoncé sa fermeture, ainsi que le Carmel de Compiègne et le monastère Sainte-Claire de Romans-sur-Isère.
En revanche, la fermeture ne veut pas dire l’abandon des édifices, qui peuvent retrouver une « nouvelle vie » d’une autre manière. De nombreux domaines sont réinvestis par des communautés monastiques plus jeunes ou traditionnelles, des communautés nouvelles ainsi que des laïcs ayant des projets spirituels ou culturels.
Autre fait marquant de cette étude : les monastères attachés à la liturgie traditionnelle en latin affichent une stabilité dans la durée : aucun des 23 monastères de rite traditionnel – majoritairement bénédictins – n’a fermé ses portes depuis 20 ans. Bien que la langue utilisée lors des offices n’explique pas à elle seule ce phénomène, le constat mérite d’être souligné.



