Recevant les membres de l’Association des employés laïcs du Vatican et de l’Association des femmes du Vatican, le pape Léon XIV a souligné la richesse de la présence féminine et appelé à construire une communauté de travail fondée sur l’écoute, la collaboration et la reconnaissance de la dignité de chacun.
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Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Que la paix soit avec vous.
Chers frères et sœurs,
je suis heureux de vous accueillir, je vous remercie de votre visite et, plus encore, du dévouement et de l’esprit de service avec lesquels vous accomplissez votre travail quotidien au sein des différents organismes du Siège apostolique, collaborant ainsi au ministère pastoral du Pape.
Face aux défis actuels auxquels est confronté le monde du travail, notamment ceux liés aux progrès de l’intelligence artificielle, il est plus que jamais essentiel de rester attentif au caractère central et irremplaçable de la personne humaine et à la dignité inaliénable du travail ; en effet, celui-ci « n’est pas un simple instrument, mais il exprime et renforce la dignité de notre vie. C’est une exigence inscrite dans la condition humaine, un chemin ordinaire vers la maturité, le développement et l’épanouissement personnel ». [1]
Par le travail, « nous contribuons au progrès de la société et à la construction du bien commun, nous mettons à profit les capacités qui nous ont été données, nous améliorons et embellissons le monde, nous subvenons aux besoins de nos familles, nous nouons des relations de coopération et nous apprenons à construire ensemble, dans l’écoute et le dialogue, quelque chose que personne ne pourrait réaliser seul ». [2]
Chers amis et chères amies, vous appartenez à deux associations différentes, mais qui ont en commun le même lieu de travail, à savoir le Vatican. Mes prédécesseurs, dans leurs enseignements consacrés à la nature du travail au Siège apostolique, ont mis l’accent sur deux concepts d’une valeur fondamentale : celui de communauté et celui d’unité, qui me tiennent également très à cœur.
En effet, tous ceux qui, à divers titres et avec des tâches différentes, sont appelés à collaborer par leur travail au ministère du Pape constituent une communauté ecclésiale, participant, dans un esprit de foi et d’unité, à la mission unique et universelle que le Seigneur Jésus a confiée à l’apôtre Pierre et à ses successeurs.
Avec une dignité égale, tous contribuent, chacun dans son rôle et par son engagement professionnel, à cette même mission, en manifestant cette conscience et cette responsabilité avant tout « dans la fidélité scrupuleuse à toutes les tâches et à tous les devoirs qui leur sont confiés, ainsi que dans le zèle, l’assiduité et le professionnalisme qui doivent caractériser quiconque participe aux activités du Siège apostolique ». [3]
Saint Jean-Paul II a reconnu que – je cite – « pour promouvoir cet esprit […] les associations de travailleurs, telles que l’Association des employés laïcs du Vatican, pourront jouer un rôle utile de collaboration », en précisant que « le glissement de ce type d’organisations vers le terrain de la conflictualité ou de la lutte ne correspond pas à la doctrine sociale de l’Église ». [4]
La voie du dialogue reste donc la voie royale sur laquelle je vous exhorte moi aussi à marcher sans cesse, avec confiance et créativité, dans la recherche commune de solutions adaptées aux problèmes que nous devons affronter ensemble et dans l’édification quotidienne de notre communauté de travail.
Relancer le dialogue, à tous les niveaux, est en effet ce que, dans ma première encyclique, j’ai voulu proposer à l’Église tout entière et à toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté, en tant que « partie intégrante de la vocation de l’Église » [5], « principal instrument de la coexistence entre les personnes » [6] et « voie ordinaire pour affronter les conflits ». [7] En particulier, l’Association des employés laïcs du Vatican est définie, dans le « cadre réglementaire » en vigueur qui la concerne, comme « une structure de dialogue entre ses membres et le Bureau du travail du Siège apostolique ». [8]
De son côté, l’Association des femmes du Vatican peut contribuer à faire grandir, dans nos milieux, un esprit de collaboration, d’écoute réciproque et d’attention aux situations de difficulté. La présence des femmes constitue une richesse qui doit être de plus en plus reconnue et valorisée. Elles apportent, outre une sensibilité particulière envers les personnes et les relations, l’ensemble des talents humains, professionnels et intellectuels propres à l’expérience et à la pensée féminines. Leur compétence, leur capacité de discernement, leur créativité et leur sens pratique enrichissent la vie des institutions et contribuent à acquérir une vision plus large de la réalité et des problèmes rencontrés.
En parcourant ensemble ce chemin, nous nous engagerons à construire toujours davantage une communauté de travail où les personnes ne soient ni exploitées ni mises de côté, où l’on s’entraide, où la valeur et la compétence de chacun soient reconnues, en évitant de susciter insatisfactions et rancœurs. [9]
C’est avec ces sentiments d’estime et de confiance que je vous bénis de tout cœur, ainsi que vos proches et votre travail. Merci.
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[1] Lettre encyclique Magnifica humanitas (15 mai 2026), 149.
[3] Saint Jean-Paul II, Lettre sur la signification du travail accompli au Siège apostolique (20 novembre 1982) : AAS75 (1983), p. 121.
[5] Lettre encyclique Magnifica humanitas, 2.
[6] Ibid., 219.
[8] « Cadre réglementaire des relations entre l’Office du travail du Siège apostolique (ULSA) et l’Association des employés laïcs du Vatican (ADLV) », approuvé par arrêté du Secrétaire d’État (n° 343.814/A, du 16 avril 1994).
[9] Cf. Discours à la Curie romaine à l’occasion des vœux de Noël (22 décembre 2025).
