Mgr Gabriele Caccia © Vatican Media

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ONU: la diplomatie du Saint-Siège une « diplomatie de la proximité », par Mgr Caccia

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La Journée de l’ONU 2021

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La diplomatie du Saint-Siège est une « diplomatie de la proximité », explique Mgr Gabriele Giordano Caccia, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, à New York, depuis le 16 décembre 2019, interviewé par l’agence catholique italienne SIR. Un entretien publié le 24 octobre 2021, Journée internationale de l’ONU.

« Pour le bien de toute l’humanité »

Milanais de naissance, citoyen du monde, Mgr Caccia est arrivé à New York quelques semaines avant que la métropole ne devienne l’épicentre de la pandémie de coronavirus et lui qui avait ouvert les portes de la Mission à tout le monde, s’est retrouvé à devoir les fermer immédiatement en raison du confinement forcé, rappelle l’agence SIR:  « Nous nous sommes adaptés, après quelques hésitations initiales, aux plateformes en ligne », avoue-t-il, mais cela ne l’a pas empêché d’exercer la « diplomatie virtuelle de la rencontre ».

Il confie avoir perçu à l’issue « de nombreuses rencontres avec les ambassadeurs qui travaillent ici : chacun porte la vision et les priorités du pays qu’il représente, mais il y a en chacun une forte conviction que nous sommes ici pour quelque chose de plus grand et que nous travaillons pour le bien de toute l’humanité ».

« Cela permet aussi, ajoute-t-il, de belles relations humaines, au-delà des différents points de vue ou positions officielles, en essayant de créer des ponts, des points de contact et de dialogue, ce qui est fondamentalement la spécificité de l’action diplomatique. »

La Journée de l’ONU

La Journée de l’ONU 2021 a pour thème: « Reconstruire ensemble la paix et la prospérité » (« Building Back Together for Peace and Prosperity »).

A ce propos Mgr Caccia mentionne un « projet François » qui « par sa prière, par sa parole et surtout par son exemple et son action, ouvre des chemins de réflexion et de partage qui permettront de mieux sortir de la « crise », en ayant appris à cheminer ensemble en commençant par les « derniers ». Ici, en communion avec le cheminement de toute l’Église catholique, nous essayons de suivre ses indications, de les faire connaître et de lancer des processus qui peuvent conduire à leur réalisation. »

Pour une éventuelle réforme de l’ONU, il ajoute: « La pandémie a fait sentir aux gens et partout dans le monde, que les problèmes mondiaux ne peuvent avoir que des solutions mondiales et que si nous ne travaillons pas ensemble, nous luttons souvent en vain. En ce sens, une organisation intergouvernementale parvient à être efficace dans la mesure où ses membres (c’est-à-dire les États) sont disposés de manière partagée à s’engager à des fins communes. »

En revanche, si cette volonté multilatérale fait défaut, très peu de choses peuvent être réalisées au niveau international: « En ce sens, l’Encyclique « Fratelli tutti » aide à marcher dans la bonne direction en créant les conditions de base qui rendent possible cet esprit de collaboration. »

Pour une distribution équitable

A propos des vaccins et des brevets, Mgr Caccia ajoute: « Il y a eu plusieurs propositions et initiatives qui peuvent se résumer à la formule « un vaccin pour tous » et qui s’est concrétisée avec le programme « Covax » pour une distribution équitable des vaccins dans le monde. Bien sûr, il existe de nombreux problèmes qui s’entremêlent sur cette question et touchent des domaines et des aspects qui vont au-delà du vaccin. C’est aussi ce qui ressort de la composition de la Commission vaticane Covid 19, par laquelle le Saint-Père a voulu s’attaquer à l’épidémie dans son ensemble. »

Pour Mgr Caccia, « les valeurs évangéliques, interprétées par la doctrine sociale de l’Église, dont les principaux fondements ont été rappelés par le pape François lors des audiences générales pendant la pandémie, sont un levain qui peut aider à faire ressortir le meilleur de chaque personne et de chaque culture pour le bien de tous ».

La liberté de l’Eglise

Il rappelle que, quand, en 1965, saint Paul VI visita le Palais de Verre en tant que premier Pape, il déclara que les Nations Unies « aspirent à être sur le plan politique et diplomatique ce que l’Église cherche à réaliser sur le plan humain et spirituel : servir tous les peuples partout. En ce sens, la solidarité et la fraternité, voire la communion, qui existent dans l’Église catholique, veulent être un modèle et aussi une aide pour les Nations Unies ».

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Rédaction

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