Le lundi 25 mai 2026, dans la Salle Clémentine du Vatican, le pape Léon XIV a reçu les membres de l’Intergroupe « Démographie » du Parlement européen et les a exhortés à relever le défi démographique de l’Europe par des politiques fondées sur la famille, la solidarité entre générations et le respect de la dignité humaine.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
La paix soit avec vous.
Bonjour à tous,
et bienvenue !
Je suis heureux de vous accueillir, membres de l’Intergroupe du Parlement européen sur la démographie, ainsi que le Commissaire européen pour la Méditerranée, le Ministre italien de la famille, de la natalité et de l’égalité des chances, et le Représentant spécial de l’OSCE pour les changements démographiques et la sécurité, à l’occasion de votre conférence sur la famille et la démographie.
En tant que représentants de vos peuples respectifs, reflétant une pluralité d’opinions politiques au sein des États membres de l’Union européenne, votre attention à la question démographique du continent est certainement opportune. En effet, ce sujet représente un défi urgent, aux conséquences concrètes pour des millions de personnes et leurs familles, « dans ce qui devient le vieux continent non plus à cause de sa glorieuse histoire, mais de son âge avancé », comme le rappelait souvent le pape François.
Les problèmes liés à une démographie stagnante sont nombreux et complexes ; ils incluent notamment la pandémie de la solitude. Les données démographiques ne sont pas seulement des statistiques : elles parlent de paternité, de maternité et d’enfants. Et les enfants sont l’avenir !
Or parler de l’avenir implique un développement intégral et durable, gravement compromis sans solidarité entre les générations. Malheureusement, cette solidarité exige un équilibre intergénérationnel qui fait aujourd’hui défaut en Europe.
En outre, ces dernières décennies, nous avons pu constater que le rejet de l’inspiration chrétienne des pères fondateurs des institutions européennes a conduit à une période de profonde stérilité. Non seulement parce que trop d’êtres humains ont été privés du droit de naître, mais aussi parce que l’on n’a pas su transmettre aux jeunes les moyens matériels et culturels nécessaires pour affronter l’avenir.
Ainsi, nous nous trouvons souvent face à des contradictions : certaines politiques prétendument favorables à la famille promeuvent simultanément des discriminations envers la maternité, exaltent l’avortement comme un droit et sapent les fondements mêmes du désir de fonder une famille. Heureusement, il existe aujourd’hui de magnifiques exceptions parmi nous !
Toutes ces questions doivent donc être examinées et affrontées de manière coordonnée par une grande diversité d’institutions académiques, politiques et sociales. Le défi démographique constitue un moment décisif pour l’avenir anthropologique, social et économique de l’Europe.
Votre engagement, grâce à la diversité de vos membres, peut jouer un rôle fondamental et représente un lieu privilégié pour faire émerger des idées nouvelles, dont l’Europe et le monde ont désespérément besoin. Ce dialogue ne doit pas seulement impliquer les institutions et les gouvernements européens, mais aussi toute la société civile, dont les chrétiens font pleinement partie.
Au cœur de ces défis urgents, indispensables pour trouver des solutions, se trouvent la dignité fondamentale de toute personne humaine et le rôle de la famille dans la société.
Comme le rappelait saint Jean-Paul II, la famille est « la première et irremplaçable école de sociabilité » et elle est fondée sur le mariage entre un homme et une femme, réalité qui unit la dimension personnelle et la dimension publique.
À la lumière de cela, vos discussions ont aussi pour mission de promouvoir la responsabilité commune et le rôle actif des familles dans la vie sociale, politique et culturelle. En effet, ce n’est qu’en respectant et en promouvant cette centralité de la famille, ainsi qu’en appliquant le principe de subsidiarité, qu’il est possible d’éviter les deux extrêmes : l’intervention excessive de l’État et l’individualisme.
Enfin, cette approche ne consiste pas à revenir aux modèles sociaux du passé, mais à offrir aux hommes et aux femmes de notre temps des principes immuables capables de les guider face aux grandes questions de toujours :
- quel est le sens et la valeur de la vie humaine ?
- qu’est-ce qu’une société véritablement humaine ?
- quel monde voulons-nous transmettre aux générations futures ?
À cet égard, il est nécessaire de développer et de mettre en œuvre des politiques nationales et européennes en collaboration avec la société civile.
Je voudrais souligner ici que la coopération de l’Intergroupe avec la Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe (FAFCE) et avec la Commission des Épiscopats de l’Union européenne (COMECE) constitue un excellent exemple de la manière dont différentes institutions — chacune dans son domaine de compétence — peuvent travailler ensemble afin de favoriser un changement réel et améliorer la qualité de vie de tous.
C’est là l’élan que les chrétiens souhaitent apporter au projet européen : que les politiques regardent la personne humaine dans sa totalité et promeuvent toujours la dignité de tout être humain.
Ainsi, pour répondre à la crise démographique, peut s’ouvrir un chemin authentiquement humain, orienté vers le bien commun et le bien-être des générations futures. En vérité, seule une nouvelle bouffée de printemps pourra transformer l’hiver froid de nos populations vieillissantes !
Avec ces réflexions, je prie afin que vous poursuiviez vos efforts essentiels en faveur des familles et de la dignité de toute personne humaine.
En vous adressant mes vœux les plus sincères, j’invoque sur chacun de vous et sur vos proches l’abondance des bénédictions de Dieu Tout-Puissant.
Merci.
