10 juin 2026 © Vatican Media 

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« Nous ne pouvons pas croire en Jésus et promouvoir la guerre »

À la Sagrada Família, Léon XIV appelle à une foi qui se fait paix, miséricorde et espérance

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Barcelone, 10 juin 2026 – Lors de la messe célébrée dans la basilique de la Sagrada Família, le pape Léon XIV a invité les fidèles à contempler le Christ crucifié et ressuscité comme source de réconciliation, affirmant avec force que la foi chrétienne est incompatible avec la violence, l’exclusion et l’indifférence envers ceux qui souffrent.

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Messe en la basilique de la Sagrada Família (Barcelone), 10 juin 2026 © Vatican Media  «Seigneur, notre Roi, que ton nom soit glorifié sur toute la terre !» (Ps 8, 2.10). C’est par la louange de ce psaume, débordant de joie et d’émerveillement que je vous salue tous, chers frères et sœurs. J’exprime ma gratitude envers Leurs Majestés, je remercie le Cardinal Juan José Omella, Archevêque de Barcelone, sans oublier mes frères dans l’épiscopat et tous ceux qui s’unissent à notre prière : prêtres, diacres, religieux et religieuses. En cet après-midi de fête pour toute la ville de Barcelone, j’adresse mes salutations reconnaissantes aux autorités publiques, ainsi qu’aux membres d’autres communautés chrétiennes ou d’autres religions qui participent à notre action de grâce.

Aujourd’hui, la basilique de la Sagrada Familia nous accueille dans cette belle ville, ouvrant ses portes comme s’il s’agissait de ses bras pour inviter chacun à cet autel, à écouter la Parole de Dieu qui fait de nous une famille aimée du Seigneur, nourrie de sa propre vie dans l’Eucharistie. Ainsi, avec la ville comtale et toute la Catalogne, nous nous réunissons dans ce temple, signe également d’unité et de concorde, et nous levons les yeux pour rencontrer le visage de Dieu le Père, resplendissant en son Fils fait homme, Jésus-Christ.

Messe en la basilique de la Sagrada Família (Barcelone), 10 juin 2026 © Vatican Media  Tout en rendant grâce au Seigneur pour sa charité à notre égard, nous le louons pour ce qu’Il accomplit dans notre vie. Nous le remercions tout particulièrement pour cette extraordinaire basilique, que le Pape Benoît XVI a consacrée en 2010, en rappelant qu’elle est un signe visible du Dieu invisible, pour la gloire duquel s’élèvent ses tours (cf. Homélie pour la consécration, 7 novembre 2010). Dans la continuité de la prière de mon prédécesseur, je vais dans quelques instants bénir la tour la plus haute, celle de Jésus-Christ.

Cette église est un édifice unique, composé de nombreuses pierres. Une maison qui grandit constamment au fil des ans, suivant un même projet. Nous sommes tous les pierres vivantes de cette œuvre qui a le Christ pour fondement et sommet, pour commencement et fin. Bien plus qu’un monument, la basilique de la Sagrada Familia reste aujourd’hui un chantier en cours qui nous rappelle que la vie chrétienne est toujours un chemin, parce qu’il s’agit d’un projet que Dieu réalise.

Messe en la basilique de la Sagrada Família (Barcelone), 10 juin 2026 © Vatican Media  Nous n’habitons donc pas une œuvre inachevée, mais un temple encore en construction. Son imperfection n’est pas un défaut, car elle témoigne d’un désir ; elle ne signifie pas un manque, mais exprime une promesse que nous voulons honorer avec cohérence. Notre gratitude se transforme alors en engagement, tandis que nous coopérons au projet de Dieu, c’est-à-dire à la construction à laquelle Il nous appelle Lui-même. Puisque nous sommes le temple du Saint-Esprit (cf. 1 Co 6, 16.19), cette œuvre coïncide avec notre vie conçue par Dieu comme un chef-d’œuvre que nous devons réaliser ensemble et Il nous appelle à collaborer avec Lui (cf. 1 Co 3, 9).

À cet égard, nous gardons dans notre cœur les paroles que le Seigneur a adressées au roi David : « Est-ce toi qui vas me bâtir une maison pour que j’y habite ? » (2 S 7, 5). Au contraire, « le Seigneur t’annonce qu’il va te bâtir une maison » (v. 11). Par cette annonce, l’Écriture nous enseigne que ce n’est pas nous qui donnons une place à Dieu, comme s’Il était un élément d’une série ou une partie d’un tout plus grand que Lui. C’est Dieu, au contraire, qui nous donne une place, et la place qu’Il nous offre, c’est son propre cœur : la place du Fils, pour nous qui étions des étrangers ; la place du Bien-Aimé, pour nous qui sommes pécheurs.

Messe en la basilique de la Sagrada Família (Barcelone), 10 juin 2026 © Vatican Media  Cette volonté s’accomplit à travers Jésus ; nous pouvons alors comprendre le sens de ce que nous avons entendu dans l’Évangile, lorsque le Seigneur dit aux pharisiens : « Si vous ne croyez pas que “Je suis”, vous mourrez dans vos péchés » (Jn 8, 24). Des paroles fortes qui ne sont en aucun cas des menaces, ni un chantage. Elles sont une invitation au salut, c’est-à-dire un appel à la liberté de la part du Christ qui veut pour nous le bien définitif, éternel. Face à la menace du mal, le Seigneur est toujours avec nous, toujours de notre côté. « Je suis » : tel est le Nom très saint que Dieu a donné à Moïse depuis le buisson ardent, révélant ainsi sa fidélité inébranlable. Devenu homme, Il devient pour nous l’Emmanuel, source de grâce et de pardon, de salut et de vie nouvelle. Chers frères, nous ne pouvons pas croire en Jésus et promouvoir la guerre. Nous ne pouvons pas croire en Jésus et tuer l’innocent. Nous ne pouvons pas croire en Jésus et abandonner celui qui souffre, celui qui pleure, celui qui fuit la misère.

Ce soir, rappelons-nous donc que la Croix du Christ, qui couronne cette basilique, est la Croix des derniers qui deviennent les premiers, des pécheurs qui deviennent saints, des morts qui ressusciteront. Les trois façades de la Sagrada Familia en témoignent : le Premier devient le dernier pour nous dans la Nativité ; par son sacrifice, il nous rachète à travers la Passion et sa mort nous donne la vie éternelle en nous rendant participants de la gloire divine. En admirant la tour de Jésus-Christ, nous levons les yeux vers Lui, vers Celui qui seul nous révèle la vérité de Dieu et la vérité de nous-mêmes. En regardant le Christ, nous pouvons voir le monde d’un œil nouveau : la tour de la croix devient alors l’étendard de la charité, parce que Dieu nous aime ainsi, transformant un instrument de mort en signe d’espérance. Sur la croix de Jésus, notre foi atteint son sommet comme le professe l’inscription située à la base de la flèche : « Tu solus Sanctus, Tu solus Dominus, tu solus Altissimus ». Cette croix brille le jour, en reflétant la lumière du soleil, et brille la nuit, en illuminant la ville comme un phare ouvert sur la Méditerranée.

Messe en la basilique de la Sagrada Família (Barcelone), 10 juin 2026 © Vatican Media  Oui, la lumière du Christ brille dans les ténèbres, même si les ténèbres ne l’ont pas accueillie (cf. Jn 1, 5.11). Cependant, ce rejet n’entraîne pas l’absence de l’amour de Dieu : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, – leur dit Jésus – alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m’a enseigné » (Jn 8, 28). Il faut passer par la passion du Crucifié pour être illuminés par la gloire du Ressuscité. Depuis toujours, en effet, le Père enseigne à donner la vie et le Fils, qui la reçoit de Lui, la donne à tous par la puissance de l’Esprit Saint. C’est précisément pour cela que la croix est le signe lumineux de son amour.

C’est la foi qui donne forme aux pierres et un sens à l’édifice que nous habitons ensemble. Dans notre prière, nous découvrons donc le lien originel qui unit les choses à Dieu, créateur du ciel et de la terre : c’est Lui l’artiste qui a imprimé sa splendeur dans le cosmos. Créé à son image, l’homme répond à l’œuvre de Dieu par son propre génie : c’est ainsi que l’artiste transforme le talent en louange et la créativité en témoignage du Créateur lui-même. En tant qu’architecte brûlant de foi, le vénérable Antoni Gaudí conçut ces espaces avec le désir de raconter les mystères de la vie du Seigneur : il nous a ainsi proposé un pèlerinage spirituel conduisant à la rencontre avec le Christ né, mort et ressuscité pour nous. Aux côtés de Gaudí, dont nous commémorons le centenaire de la mort, nous vous remercions et nous faisons mémoire cet après-midi de tous les promoteurs et bienfaiteurs, des artistes et des ouvriers coopérant à la construction d’un chef-d’œuvre architectural qui est aussi une catéchèse éloquente faite de pierres, de couleurs et de lumière. Dans sa sagesse, l’Église renouvelle ainsi la Biblia pauperum [Bible des pauvres] que sont les anciennes cathédrales, lesquelles sont en elles-mêmes des messages d’évangélisation d’une grande richesse. À l’heure de l’image, il apparaît encore plus évident que l’art et la beauté sont d’éminents canaux d’évangélisation.

Messe en la basilique de la Sagrada Família (Barcelone), 10 juin 2026 © Vatican Media  Chers frères et sœurs, la beauté de ce temple nous incite à apprendre toujours davantage de notre Maître et Seigneur l’art de vivre selon son Évangile. Alors que nous levons les yeux vers Lui, le Crucifié ressuscité, engageons-nous à relever le visage de ceux qui gisent dans la poussière (cf. 1 S 2, 8). Et montrons ainsi que la Sagrada Familia est la plus haute église du monde, non pas pour figurer en tête des classements mondains, mais pour guider les pas du peuple de Dieu en pèlerinage sur cette terre de Catalogne, avec la croix qui éclaire le chemin telle une lampe allumée dans l’attente du retour de l’Époux.

Que Dieu soit béni pour toujours !

 

 

 

 

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Pape Léon XIV

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