(ZENIT News – Persecution.org / Maharashtra, Inde, 20/07/2026).- Le 8 juillet, le gouvernement de l’État indien du Maharashtra a ordonné un audit à l’échelle de l’État, dans un délai imparti, des parcelles de terrain appartenant aux églises et aux organisations missionnaires chrétiennes afin d’identifier les empiètements illégaux, les titres fonciers contestés et les transferts non autorisés remontant à l’époque britannique.
L’annonce faite par le ministre des Finances du Maharashtra, Chandrashekhar Bawankule, à l’Assemblée législative de l’État, indique que la décision de procéder à l’audit a été prise après la découverte d’une fraude foncière présumée de 3 milliards de roupies indiennes (31 millions de dollars) commise par une organisation chrétienne dans la région de Nashik, dans l’État.
Ainsi, des comités de haut niveau examineront dans un délai de trois mois tous les registres fonciers des organisations et églises chrétiennes, y compris les propriétés affectées à des fins caritatives comme les écoles et les hôpitaux, et soumettront un rapport d’audit au gouvernement.
Anxiété communautaire
Toutefois, cet examen approfondi a accru les inquiétudes au sein des communautés chrétiennes. Des représentants chrétiens ont établi un lien entre le moment choisi pour cet audit et un climat d’intimidation plus général, caractérisé par des perturbations lors des réunions de prière par des groupes d’extrême droite, des discours haineux, etc., qui sont en augmentation dans le Maharashtra.
Les dirigeants chrétiens ont déclaré que cet audit coïncide avec l’approbation par le Maharashtra, en mars dernier, d’un projet de loi controversé sur la liberté de religion (une loi anti-conversion), intensifiant les craintes de pressions systémiques sur les minorités religieuses dans l’État.
Cette demande d’audit intervient également dans un contexte de mobilisation communautaire face aux atrocités commises contre les chrétiens. Récemment, des délégations chrétiennes, réunies notamment au sein de groupes tels que « Mumbai pour la paix », ont activement interpellé le commissaire de police de Mumbai afin d’obtenir une protection contre le harcèlement incessant et les campagnes de désinformation.
Implications de l’audit
Le gouvernement du Maharashtra a déclaré que les organisations disposant de titres légalement valides ne seront pas sanctionnées, mais que toute empiètement ou violation constatée entraînera des mesures gouvernementales.
Si les terrains litigieux ont déjà été aménagés ou affectés à des infrastructures publiques, l’État prévoit de consulter son service juridique afin de déterminer les prochaines étapes.
L’audit portera sur les registres fonciers, les baux et les actes de transfert de propriété remontant à l’époque britannique afin de déceler les empiètements illégaux et les titres de propriété contestés. L’objectif déclaré de l’État est de récupérer les terrains initialement destinés à des fins caritatives, comme les écoles et les hôpitaux, ou de remédier aux irrégularités qui y sont constatées.
Mais les autorités fiscales ont déjà ciblé les bâtiments et propriétés d’églises non autorisés dans les zones de Dhule et de Nandurbar, dans le Maharashtra, en vue de leur démolition.
Les responsables chrétiens craignent que cette tendance ne se poursuive dans d’autres régions de l’État sous couvert de l’audit.
Les dirigeants chrétiens d’autres États dirigés par le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP) craignent désormais eux aussi qu’un tel ordre d’audit puisse être adopté et reproduit dans leurs États.
