consistoire extraordinaire (26-27 juin 2026), 27 juin 2026, © Vatican Media

La synodalité au cœur des échanges du consistoire

Résumé de la quatrième session du consistoire et rapport du cardinal Grech sur le parcours de mise en œuvre du Synode

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La première partie de la quatrième session du consistoire s’est ouverte l’après-midi du samedi 17 juin à 16 h 00 dans la salle du Synode. Après la prière d’ouverture, le cardinal Tobin, modérateur de la session, a introduit les travaux consacrés au chemin de mise en œuvre du Synode, avant de donner la parole au cardinal Grech pour son rapport.

À l’issue de cette présentation, plusieurs cardinaux sont intervenus sur le thème. Les échanges ont fait apparaître un consensus sur la nécessité d’approfondir davantage et de mettre concrètement en œuvre les dimensions ascétique et historique de la synodalité. Les participants ont également souligné l’importance d’offrir au clergé une image du sacerdoce à la fois belle, créative, profondément évangélique, tout en évitant toute forme de cléricalisme. Les cardinaux ont également débattu du risque que la complexité des processus de consultation n’alourdisse la vie de l’Église au moment même où celle-ci est appelée à rendre un témoignage clair et crédible. Ils ont en outre réfléchi à la manière dont l’Église hiérarchique et le peuple de Dieu participent, chacun selon son rôle propre, au discernement de ce que l’Esprit dit aujourd’hui à l’Église.

Enfin, les échanges ont mis en valeur la contribution des communautés catholiques de rite oriental, ainsi que leur participation au chemin synodal de toute l’Église, grâce à leur longue expérience de la synodalité. La première partie de la session s’est achevée à 17 h 00.

Le parcours de mise en œuvre du Synode
Vers les Assemblées 2027-2028

S.Em. Rev. le Card. Mario Grech

Saint-Père,

Chers frères cardinaux,

  1. L’expérience de l’Esprit dans une Église en chemin synodal

     

C’est avec joie et gratitude que je prends la parole pour partager quelques réflexions sur ce qui a commencé à se dessiner dans toute l’Église au cours de ces années de cheminement synodal. Je le fais en gardant à l’esprit la manière dont ce processus nous a permis à tous de vivre de façon intense l’écoute des évêques et des communautés ecclésiales qui leur sont indissolublement unies ; la manière dont la pratique du dialogue dans l’Esprit s’est répandue et continue d’être largement adoptée ; et la manière dont le désir de participation s’est accru dans toutes les dimensions de la vie de l’Église. C’est dans cette perspective que je souhaite indiquer les étapes qui s’ouvrent désormais devant nous dans ce que notre récent document décrit comme la phase de mise en œuvre du Synode.

Cette intervention n’a cependant pas pour but de persuader qui que ce soit de la nécessité ou de la fécondité du Synode. Elle représente plutôt un acte modeste et humble de foi et de discernement, qui contemple le Synode à travers le don de la crainte de Dieu, accordé par le Saint-Esprit.

Il y a quelques années, lorsque le Synode sur la synodalité a été lancé, rares étaient ceux qui auraient pu imaginer l’ampleur de la participation qu’il susciterait. Des millions de personnes, dans les régions les plus diverses du monde, ont pris part à ce cheminement : évêques, prêtres, diacres, personnes consacrées, laïcs, jeunes, familles et personnes vivant dans des situations de souffrance ou de marginalisation. Beaucoup ont pris part pour la première fois à des moments d’écoute et de discernement ecclésiaux. De nombreuses communautés ont découvert de nouvelles formes de rencontre, de dialogue et de coresponsabilité.

Naturellement, le processus n’a pas été uniforme. Les contextes ecclésiaux diffèrent considérablement les uns des autres. Dans certains lieux, ce cheminement a été accueilli avec enthousiasme ; dans d’autres, il s’est heurté à des résistances, des difficultés et des interrogations. Pourtant, au-delà de ces différences, un fait mérite d’être souligné : le Synode a éveillé, dans toute l’Église, un désir généralisé de participation, d’écoute mutuelle et de discernement communautaire. Il a mis en lumière l’aspiration à une Église capable de cheminer ensemble, en valorisant les dons et les responsabilités de chacun.

De nombreux fidèles ont découvert que l’Église mère, à laquelle ils appartiennent, est aussi une communauté pour laquelle ils sont appelés à exercer une coresponsabilité selon leur vocation. De nombreux pasteurs ont redécouvert que l’écoute du Peuple de Dieu n’affaiblit pas leur ministère, mais qu’elle le soutient et l’enrichit.

Le Synode a été une véritable expérience spirituelle ; en effet, il serait plus juste de la décrire comme une expérience « dans l’Esprit ». La notion d’expérience dans l’Esprit nous invite à l’adopter désormais comme clé d’interprétation des processus ecclésiaux actuellement en cours. L’Esprit de Dieu, l’Esprit qui est Dieu avec le Père et le Fils, est à l’œuvre parmi nous ; Il réside au cœur de nos conversations et de nos débats, de nos consultations et de nos discernements. C’est là qu’Il rend présente la réalité vivante du Seigneur ressuscité et de son être en tant que Verbe éternel du Père.

L’une des caractéristiques les plus significatives qui ont accompagné l’expérience synodale de ces dernières années a été le choix de la méthode de la conversation dans l’Esprit. L’effort demandé à chacun, et je souhaite le souligner : à chacun, pour parvenir à une nouvelle prise de conscience capable de saisir la différence fondamentale entre la conversation spirituelle (en tant qu’exercice thématique) et la conversation dans l’Esprit (c’est-à-dire entrer dans le don de soi et la communication de soi du Seigneur ressuscité parmi nous par l’œuvre de l’Esprit) est devenu en soi un témoignage du cri de foi qui habite Ecclesiae in Synodo perficiendo : nous désirons rencontrer le Seigneur ressuscité ; nous désirons expérimenter et vivre concrètement notre identité de disciples.

Au-delà de la méthode elle-même, ce qui a frappé tant de participants, c’est la découverte que le discernement ecclésial ne consiste pas avant tout en un échange d’opinions, mais en une recherche commune de ce que l’Esprit dit aujourd’hui aux Églises.

  1. La phase de mise en œuvre du Synode : communication et communion

     

Chers frères cardinaux, réunis ici avec Pierre et autour de lui, si nous réfléchissons au moment présent, nous pouvons reconnaître que c’est véritablement un moment propice pour que toute l’Église fasse l’expérience, tout en respectant la diversité des ministères, de la participation synodale comme force dynamique de communion, orientée vers le mystère de l’unité et de l’universalité de l’Église. Nous sommes son Corps ; nous formons un seul corps.

La phase de mise en œuvre est un acte de communication et de communion ecclésiales qui permet de participer à l’échange de dons entre les Églises, en offrant sa propre expérience tout en restant ouvert à celle des autres. Le chemin synodal a éveillé dans toute l’Église un désir spirituel de fraternité et de partage entre les différentes Églises locales ; il a élargi le sentiment d’appartenance à l’unique Peuple de Dieu.

En d’autres termes, nous sommes appelés à accompagner un processus de réception ecclésiale. Comme cela s’est produit tout au long de l’histoire de l’Église à chaque évolution significative, le Synode nécessite désormais une période d’assimilation, de discernement et de maturation. Les réflexions les plus fructueuses ne produisent pas immédiatement tous leurs effets. Elles doivent être accueillies au sein des cultures, des institutions, des pratiques pastorales et des relations ecclésiales. Elles doivent être mises à l’épreuve et vérifiées dans la vie concrète des communautés.

L’un des aspects les plus beaux du processus synodal réside précisément dans la diversité de ceux qu’il a impliqués et qu’il continue d’impliquer. C’est un cheminement qui engage l’ensemble du Peuple de Dieu, chacun selon sa vocation, son charisme et sa responsabilité.

Cette participation synodale à l’unité et à l’universalité de l’Église doit donc être soigneusement conçue et planifiée dans son déroulement progressif et sa mise en œuvre concrète. Le processus synodal nécessite désormais un cadre de mise en œuvre, une expérience vivante et participative du lien entre l’Esprit et l’Église.

Pour accompagner cette phase, le Secrétariat général du Synode a proposé un parcours menant à l’Assemblée ecclésiale prévue pour octobre 2028. Les étapes décrites dans le document « Vers les Assemblées 2027-2028 » ne constituent pas une nouvelle consultation mondiale. Il ne nous est pas demandé de répéter le travail déjà accompli.

Parfois, le mot « mise en œuvre » peut prêter à confusion. On pourrait y voir la simple mise en pratique de décisions déjà prises, ou un ensemble de tâches à accomplir. Ce n’est pas le sens que nous entendons lui donner. Nous sommes plutôt invités à récolter les fruits de l’expérience vécue. Nous sommes appelés à aider les Églises à revisiter ce qu’elles ont vécu, à reconnaître les fruits qui ont mûri, à identifier les conversions qui sont encore nécessaires, et à traduire progressivement dans la vie ordinaire des communautés les perspectives qui ont émergé en cours de route.

Par la suite, les Églises sont invitées à partager ces expériences dans le cadre du grand échange de dons qui caractérise la vie de l’Église. Cet aspect mérite une attention particulière. Au cours du Synode, de nombreuses Églises ont découvert plus profondément la valeur de l’écoute mutuelle au sein de leurs propres communautés. La phase de mise en œuvre nous invite désormais à franchir une étape supplémentaire : apprendre à écouter les autres Églises. Les Assemblées nationales, régionales et continentales ne seront pas avant tout des réunions de conférences épiscopales, d’organes de coordination ou de structures ecclésiales. Elles se veulent plutôt, dans la mesure du possible, des lieux de rencontre entre les Églises elles-mêmes, représentées dans la diversité de leurs vocations, de leurs ministères et de leurs charismes.

La voie proposée vise précisément à favoriser un dialogue authentique entre les Églises. À travers les lettres qui seront rédigées au cours des différentes Assemblées, chaque Église sera invitée à partager son expérience, les fruits qui ont mûri, les éclairages reçus et les questions qui restent en suspens. Ainsi, un échange de dons devient possible : un échange qui va au-delà de la simple transmission d’informations et devient une expérience concrète de communion ecclésiale.

Dans ce processus, le ministère de l’évêque joue un rôle irremplaçable. L’évêque est le premier responsable du cheminement synodal au sein de l’Église qui lui est confiée. Il lui incombe de favoriser le discernement, de préserver la communion, d’encourager la participation et de guider le processus d’accueil. À ses côtés œuvrent de nombreuses autres personnes et réalités ecclésiales : équipes synodales, instances participatives, ministres ordonnés, hommes et femmes consacrés, associations, mouvements, institutions de formation, familles, jeunes et communautés locales.

  1. La phase de mise en œuvre du Synode : la signification ecclésiologique des différentes étapes

     

Le parcours proposé s’articule donc autour d’étapes, de critères et d’outils de préparation. Je ne tenterai pas ici de résumer le parcours lui-même ; c’est là l’objet du Document. Je voudrais plutôt rendre compte de l’esprit qui sous-tend le choix des quatre verbes qui marquent ses étapes : faire mémoire, interpréter, orienter, célébrer.

Faire mémoire, c’est-à-dire choisir d’accompagner toutes les Églises locales dans un échange dynamique entre elles, qui nourrit la communion et soutient la mission. Cela signifie aider les Églises à transformer leur expérience vécue en sagesse partagée. Cela n’implique pas de répéter la phase initiale d’écoute qui a caractérisé la première étape du Synode. Il s’agit plutôt d’accueillir ce qui a été entendu, en particulier de la part de ceux qui subissent des formes de marginalisation ecclésiale, afin

de parvenir à une sagesse partagée, à un récit commun qui choisisse des paroles d’accueil à la lumière de ces mêmes paroles de l’Évangile qui n’exclue personne.

Interpréter représente le moment où les expériences locales s’inscrivent dans un horizon plus large: celui des regroupements d’Églises capables d’identifier des dynamiques communes, des convergences et des tensions, ainsi que des perspectives concernant la vie de l’Église dans son ensemble sur un territoire donné. Au cours de cette phase, la contribution des théologiens, des facultés de théologie et des instituts de formation revêt une importance particulière.

C’est là le moment théologique, appelé à réunir l’écoute de la foi et l’écoute de l’humanité, de l’histoire et des récits humains, en touchant à la fois leurs profondeurs cachées et leurs blessures. C’est une théologie fidèle au mystère de l’Incarnation. « Nous avons la pensée du Christ », affirme saint Paul avec humilité. Nous sommes donc appelés à entrer dans ces récits accueillants et partagés afin de discerner les questions et les attentes qui y résident, les espoirs qui les animent et les blessures qui les affaiblissent. À ce niveau plus profond, on perçoit le lien salvateur entre la vie de l’Église et l’histoire de tous les hommes et de toutes les femmes.

Orienter : dans le processus de mise en œuvre du Synode, la phase continentale revêt un rôle distinctif d’orientation, capable d’ouvrir de nouveaux horizons. C’est dans Ecclesia in Synodo perficiendo que l’Église vit sa vocation prophétique. Les horizons du discernement s’élargissent. Le discernement des signes des temps, le dialogue œcuménique et interreligieux, ainsi que l’engagement en faveur de la justice et de la paix deviennent les critères de la diakonia de l’Église. Tel est le chemin synodal de la transmission de la foi. Nous sommes appelés à identifier les priorités, à soutenir les processus les plus prometteurs, à aborder les questions qui restent en suspens et à offrir des orientations capables de guider le cheminement futur.

Célébrer : le chemin parcouru est finalement rassemblé dans l’unité, ouvert à de nouveaux développements et confié au discernement de l’Église tout entière, sous la conduite du Saint-Père. La célébration ne représente pas une conclusion purement formelle du processus. Il s’agit plutôt du moment où l’Église rend grâce pour le chemin parcouru, renouvelle son engagement envers la mission et confie au Seigneur les étapes qui restent à franchir.

Ainsi, l’action eucharistique et la synodalité sont profondément interreliées. La synodalité trouve à la fois sa source et son sommet dans la célébration liturgique et, d’une manière particulière, dans la participation pleine, consciente et active des fidèles à la Synaxe eucharistique. Par l’action de l’Esprit, nous devenons ce que nous célébrons. Le mystère de l’épiclèse établit une profonde réciprocité entre la Synaxe et le Synode. La Synaxe est le Synode.

L’Assemblée ecclésiale prévue pour 2028 devra être précisée davantage à la lumière du cheminement que les Églises entreprendront dans les années à venir. Dès à présent, il est toutefois important de préciser qu’elle n’est pas conçue comme une nouvelle Assemblée synodale.

  1. Quel lien l’Esprit tisse-t-il entre notre consistoire et le synode ?

     

Le Saint-Esprit est le véritable lien entre l’expérience du consistoire et l’expérience synodale que nous avons tous vécue jusqu’à présent, avec l’ensemble du Peuple de Dieu. Notre rassemblement au sein du consistoire ne se détache pas de la spiritualité ecclésiale mûre de la synodalité qui s’est si largement imposée dans toute l’Église. Nous appartenons à l’unique Corps du Seigneur, qui est

l’Église, et en son sein, nous partageons, à travers l’exercice synodal de la communion, une proximité particulière avec Pierre et son précieux ministère universel.

Aujourd’hui, nous faisons l’expérience de la présence de l’Esprit parmi nous comme le lien vivant entre la collégialité et la synodalité : deux dimensions opérationnelles d’une même communion. Le consistoire est appelé à être la mémoire vivante de cette communion collégiale que le Maître a confiée à ses premiers disciples en tant que mode relationnel de gouvernement, et qu’il a confiée à la responsabilité, à la primauté et à la foi de Pierre, signe et gardien de l’unité de toute l’Église.

Aux côtés des assemblées synodales, qui sont elles-mêmes une mémoire vivante de cette communion fraternelle et théologique qui donne vie à chaque Église locale et lui permet, de manière sacramentelle, de participer au don du salut, le consistoire est désormais appelé à exercer un ministère de discernement et de témoignage. Ainsi, nous sommes tous héritiers et fidèles interprètes de l’ecclésiologie du Concile Vatican II : cette ecclésiologie du Peuple de Dieu et de la communion qui trouve dans la hierarchica communio à la fois sa structure et sa force vitale.

Aujourd’hui, le consistoire s’inscrit dans ce processus synodal qui imprègne toute l’Église, une Église en chemin synodal. Notre collégialité, tout autant que la synodalité, est un espace hospitalier capable d’accueillir à nouveau la présence du Seigneur dans l’Esprit.

La synodalité sans le ministère des pasteurs risquerait de perdre son ancrage ecclésial. La collégialité sans l’écoute du Peuple de Dieu risquerait de ne pas tirer pleinement parti de la richesse des dons que l’Esprit distribue dans toute l’Église.

  1. Nous avons confiance que le Saint-Esprit continue de guider l’Église

     

Chers frères cardinaux, dans ce contexte de fraternité et de collégialité, en présence de Pierre, je souhaite m’adresser directement à vous. Le chemin que nous avons décrit ne concerne pas seulement le Secrétariat général du Synode, les équipes synodales ou ceux qui sont plus directement impliqués dans l’organisation du processus. Il concerne l’Église tout entière et, d’une manière particulière, le ministère que chacun de nous exerce.

Beaucoup d’entre vous sont à la tête d’Églises locales appelées à vivre cette phase de mise en œuvre. D’autres servent l’Église universelle à travers les Dicastères de la Curie romaine. Nous partageons tous la responsabilité de sauvegarder la communion ecclésiale et de faire avancer la mission de l’Église. C’est pourquoi la contribution du Collège des cardinaux sera particulièrement importante dans les années à venir.

Le cheminement synodal requiert notre soutien, notre discernement et notre proximité avec les Églises. Nous sommes appelés à encourager les processus d’accueil, à aider à surmonter les malentendus et les craintes, et à favoriser un climat de confiance et de communion. La phase de mise en œuvre exige une sagesse partagée.

Car l’horizon ultime reste la mission. La synodalité n’est pas une fin en soi. Elle existe pour que l’Église puisse proclamer l’Évangile plus efficacement et servir plus fidèlement les hommes et les femmes de notre temps.

Nous vivons dans un monde marqué par de profondes transformations. Les guerres et la violence continuent de meurtrir des peuples entiers. Les inégalités sociales s’accentuent. Les migrations

redessinent le visage de nos sociétés. Les nouvelles technologies modifient notre façon de communiquer, d’apprendre et même de nous comprendre nous-mêmes. Beaucoup de personnes sont en quête de sens, d’espérance et de relations authentiques. Beaucoup se tournent vers l’Église pour y trouver un témoignage crédible de l’Évangile.

Face à ces défis, la synodalité apparaît de plus en plus clairement comme une ressource missionnaire. Elle aide l’Église à écouter plus attentivement les questions de l’humanité, à reconnaître les signes des temps, à valoriser les dons de chacun et à discerner ensemble les mesures à prendre. Ainsi, la phase de mise en œuvre devient une nouvelle étape dans l’assimilation du Concile Vatican II et dans le renouveau missionnaire de l’Église au sein des réalités concrètes de la vie ecclésiale.

Telle est la responsabilité que le Saint-Père, le pape Léon XIV, nous encourage à assumer ensemble : non seulement préserver l’héritage que nous avons reçu, mais le faire porter ses fruits dans la vie des Églises et dans la mission confiée à l’Église à notre époque.

Permettez-moi une dernière réflexion. À une époque marquée par la tragédie d’une géopolitique qui s’est habituée, et même presque résignée, à la guerre et à la domination économique, Ecclesia in Synodo perficiendo peut devenir, pour l’histoire de la famille humaine, un signe des temps : un témoignage d’un style de gouvernance et de participation façonné par la vertu évangélique de la douceur. Comme l’affirme le pape Léon dans Magnifica humanitas, dans l’effort de la société pour reconstruire la Nouvelle Jérusalem, « les chrétiens trouvent leur propre manière de construire : orienter l’action vers Dieu afin que, à sa lumière, le pluralisme ne se disperse pas dans le désordre, mais devienne, dans l’exercice de la synodalité, l’espace où l’humanité retrouve ses fondements solides et sa fin ultime » (n. 10).

La béatitude de la douceur est l’âme spirituelle du chemin synodal.

 

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Rédaction

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