Synode des jeunes : mon grand désir est que les jeunes des « périphéries » soient les protagonistes

En dialogue avec le pape (5)

Journée contre la traite, le trafic © Vatican Media

Journée contre la traite, le trafic © Vatican Media

« Mon grand désir est que les jeunes représentants des « périphéries » soient les protagonistes de ce synode », affirme le pape François en évoquant le Synode des évêques sur les jeunes qui aura lieu en octobre 2018.

En recevant les participants à un événement organisé au Vatican pour la Journée mondiale de réflexion contre la traite des personnes, le 12 février 2018, le pape a souhaité que l’assemblée synodale soit « un lieu pour lancer un message aux gouvernants des pays de provenance et d’arrivée [des réfugiés] pour demander protection et soutien » contre le trafic d’êtres humains.

« J’espère que ces jeunes lanceront un message mondial pour une mobilisation mondiale des jeunes, pour construire ensemble une maison commune inclusive et accueillante. J’espère qu’ils seront un exemple d’espérance pour ceux qui traversent le drame existentiel de la détresse », a-t-il ajouté.

Nous publions ci-dessous la cinquième partie du dialogue que le pape a entamé avec les participants à la rencontre.

AK

En dialogue avec le pape (5)

[Maria Magdalene Savini] Pape François, dans votre message aux maires de grands villes rassemblés au Vatican, vous avez dit que « pour être vraiment efficace, l’engagement commun pour la construction d’une conscience écologique et pour lutter contre les esclavages modernes — trafic d’êtres humains et d’organes, prostitution, travail au noir — doit partir des périphéries ». Nous aussi les jeunes, souvent, nous nous trouvons en périphérie et souffrons d’exclusion, d’insécurité car nous sommes sans travail et sans accès à une éducation de qualité, parce que nous vivons dans des situations de guerre, de violence, parce que nous sommes obligés de quitter nos terres, parce que nous appartenons à des minorités ethniques et religieuses. Surtout nous les femmes, nous sommes pénalisées et nous sommes les principales victimes. Quel espace sera donné au synode des jeunes, aux jeunes qui proviennent des périphéries de la marginalisation provoquée par un modèle de développement désormais dépassé, qui continue à dégrader l’homme ? Comment faire pour que ces jeunes filles et jeunes garçons soient les protagonistes du changement dans la société et dans l’Eglise ?

Je désire, pour ceux qui sont les témoins réels des risques de la traite dans leur pays d’origine, qu’ils puissent trouver dans le synode un lieu pour s’exprimer, d’où appeler l’Église à l’action. C’est pourquoi, mon grand désir est que les jeunes représentants des « périphéries » soient les protagonistes de ce synode. Je souhaite qu’ils puissent voir le synode comme un lieu pour lancer un message aux gouvernants des pays de provenance et d’arrivée pour demander protection et soutien. J’espère que ces jeunes lanceront un message mondial pour une mobilisation mondiale des jeunes pour construire ensemble une maison commune inclusive et accueillante. J’espère qu’ils seront un exemple d’espérance pour ceux qui traversent le drame existentiel de la détresse.

L’Église catholique entend intervenir à chaque phase de la traite des êtres humains : elle veut les protéger du mensonge et du racolage ; elle veut les trouver et les libérer quand ils sont transportés et réduits en esclavage ; elle veut les assister une fois libérés. Souvent les personnes qui ont été piégées et maltraitées perdent leur capacité à faire confiance aux autres et l’Église est souvent l’unique ancre de salut.

Il est absolument important de répondre de manière concrète aux vulnérabilités de ceux qui sont en danger, pour ensuite accompagner le processus de libération en commençant à mettre leurs vies à l’abri. Les groupes ecclésiaux peuvent ouvrir des espaces de sécurité là où c’est nécessaire, dans les lieux de recrutement, sur les routes du trafic et dans les pays d’arrivée. Mon espérance est que le synode soit aussi pour les Églises locales une occasion d’apprendre à travailler ensemble et à devenir « un réseau de salut ».

Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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