Suède: ce que les catholiques peuvent apprendre des luthériens

Entretien avec le pape François dans La Civiltà cattolica

Rencontre avec un pèlerinage oecuménique de luthériens © L'Osservatore Romano

Rencontre avec un pèlerinage oecuménique de luthériens © L'Osservatore Romano

L’Eglise catholique peut apprendre de la tradition luthérienne la capacité de « réforme » et la proximité avec la Parole de Dieu. C’est ce qu’affirme le pape François dans un entretien publié dans la revue jésuite La Civiltà cattolica le 28 octobre 2016, trois jours avant son voyage apostolique en Suède. Il encourage les catholiques à vivre une saine cohabitation avec les non catholiques : « On ne peut être catholique et sectaire ».

Dans cet entretien réalisé par Ulf Jonsson, directeur de la revue des jésuites suédois Signum, le pape François confie ses attentes pour ce voyage réalisé à l’occasion d’une commémoration œcuménique des 500 ans de la Réforme protestante : « Réussir à faire un pas en avant dans la proximité, être plus proche de mes frères et sœurs qui vivent en Suède ». Pour le pape en effet « la proximité fait du bien à tous. La distance au contraire nous rend malades. (…) Nous aussi, chrétiens, nous nous rendons malades de divisions ».

Selon l’évêque de Rome, l’Eglise catholique pourrait apprendre deux choses de la tradition luthérienne : la capacité de « réforme », qui est « fondamentale car l’Eglise est semper reformanda ». Et la proximité avec l’Ecriture : « Luther a fait un grand pas pour mettre la Parole de Dieu dans les mains du peuple ».

Prière et action, le chemin de l’unité

Au fils de cette longue interview, le pape François fait l’état des lieux de l’œcuménisme : « Le dialogue théologique doit se poursuivre » même si « ce ne sera pas facile (…) à cause des différentes façons de comprendre certaines questions ». Mais il faut aussi « la prière commune et les œuvres de miséricorde, c’est-à-dire le travail fait ensemble dans l’aide aux malades, aux pauvres, aux prisonniers ».

« Faire quelque chose ensemble est une forme haute et efficace de dialogue », insiste le pape, exhortant à ne pas agir « de façon sectaire ». Il donne un critère pour le travail commun : pas de prosélytisme, qui est une attitude « peccamineuse ». Le chemin de l’unité consiste à « parler, prier, travailler ensemble » et à « comprendre l’œcuménisme du sang ». En effet « l’ennemi, le démon, ne se trompe jamais dans l’unité : quand les chrétiens sont persécutés et tués, ils le sont en tant que chrétiens et non en tant que luthériens, calvinistes, anglicans, catholiques ou orthodoxes ».

Le pape évoque la situation de la Suède, pays très sécularisé. Une vie sans transcendance court le risque d’être fermée sur elle-même, met-il en garde. « Contre l’athéisme, c’est-à-dire la fermeture à la transcendance, on ne peut que prier et témoigner ». « Mais pour ouvrir les autres à la transcendance, il n’est pas nécessaire de faire des discours. Celui qui vit la transcendance est visible ». « Je suis convaincu, ajoute-t-il, que celui qui ne croit pas ou ne cherche pas Dieu n’a probablement pas entendu ‘l’inquiétude’ d’un témoignage », une inquiétude étouffée par « le bien-être ».

On ne peut être catholique et sectaire

Le rôle des catholiques suédois, très minoritaires, est de vivre « une cohabitation saine, où chacun peut vivre sa foi et exprimer son témoignage dans un esprit ouvert et œcuménique », poursuit le pape : « On ne peut être catholique et sectaire. Il faut tendre à demeurer avec les autres ».

Le pape François, qui au départ ne prévoyait pas de célébrer de messe pour les catholiques suédois, afin d’insister sur le témoignage œcuménique, a finalement accédé à la requête de la communauté catholique, allongeant le voyage d’un jour, le 1er novembre. « Je voulais, explique-t-il, que la messe ne soit pas célébrée le même jour et au même endroit que la rencontre œcuménique pour éviter de mélanger les différents plans ».

Enfin, le pape jésuite donne à la Compagnie de Jésus présente en Suède le devoir de « favoriser par tous les moyens le dialogue avec ceux qui vivent dans la société sécularisée et avec les non croyants : parler, partager, comprendre, rester à côté ». Il exhorte aussi à favoriser le dialogue œcuménique.

Il conclut l’interview avec les mots d’ordre « aller, marcher ensemble! Sans rester enfermé dans des perspectives rigides, qui ne laissent pas de possibilité de réforme ».

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