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Retraite de carême à Ariccia © Vatican Media

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Retraite de carême : la soif de Jésus

Cinquième méditation de don José Tolentino de Mendonça

La soif de Jésus est de « rompre les chaînes qui nous enferment dans la culpabilité et dans l’égoïsme », a affirmé don José Tolentino de Mendonça dans l’après-midi du 20 février 2018, devant le pape François et la Curie romaine réunis à Ariccia pour leur retraite de carême.

Dans sa cinquième méditation rapportée par Vatican News en italien, le prédicateur portugais a souligné les incompréhensions sur la « soif » de Jésus, dans l’Evangile : la samaritaine, par exemple, « ne comprend pas tout de suite les paroles de Jésus, elle les interprète comme en référence à une soif physique. Mais depuis le début, Jésus jouait avec un sens spirituel. Son désir visait une autre soif, comme il l’expliqua à la femme : ‘Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive.’ »

Au Calvaire aussi, le « J’ai soif » de Jésus est incompris. Mais c’est là qu’il s’exclame ‘Tout est accompli !’. Et don José Tolentino de Mendonça d’expliquer : « La soif est le sceau de l’accomplissement de son œuvre et, en même temps, du désir ardent de faire don de l’Esprit, véritable eau vive capable de désaltérer radicalement la soif du cœur humain. »

Avoir soif, a-t-il ajouté, c’est « croire en Jésus » et boire c’est « venir au Christ » : « En vérité, la soif dont Jésus parle est une soif existentielle qui s’appelle en faisant converger notre vie vers la sienne. Avoir soif, c’est avoir soif de Lui. Nous sommes ainsi appelés à vivre une centralité christologique : sortir de nous-mêmes et chercher en Christ cette eau qui étanche notre soif, en vainquant la tentation d’autoréférentialité qui nous rend si malades et nous tyrannise. »

Pour le poète portugais, la soif de Jésus permet « de comprendre la soif qui habite dans le cœur humain et de nous disposer à la servir », en répondant « à la soif de Dieu, au manque de sens et de vérité, au désir d’être sauvé qui subsiste dans tout être humain, même si c’est un désir occulte ou enseveli sous les détritus existentiels ».

Don José Tolentino de Mendonça a conclu en assurant que les paroles de Jésus « J’ai soif » « ne concernent pas seulement le passé mais sont encore vivantes aujourd’hui » : « Sa soif est de rompre les chaînes qui nous enferment dans la culpabilité et dans l’égoïsme, en nous empêchant d’avancer et de grandir dans la liberté intérieure. Sa soif est de libérer les énergies plus profondes cachées en nous pour que nous puissions devenir hommes et femmes de compassion, artisans de paix comme lui, sans fuir la souffrance et les conflits de notre monde brisé, mais en prenant notre place et en créant des communautés et des lieux d’amour, afin d’apporter une espérance sur cette terre. »

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