Protection des mineurs : agir sur Internet

Congrès du Centre de l’Université pontificale grégorienne

Clavier d'ordinateur © Wikimedia Commons / Reategui12

Clavier d'ordinateur © Wikimedia Commons / Reategui12

“La dignité du mineur dans le monde numérique” (“Child Dignity in the Digital World”). C’est le thème du Congrès mondial organisé par le Centre pour la protection des mineurs de l’Université pontificale grégorienne, à Rome, du 3 au 6 octobre 2017. Une initiative pour dénoncer les dangers d’Internet et promouvoir l’action en faveur des enfants et des jeunes.

L’événement, qui intervient alors que plus de 800 millions de jeunes sont exposés à des risques de racolage, a été présenté au Vatican le 29 septembre. Des représentants de gouvernements, d’entreprises liées au monde d’Internet, de polices, d’ONG, d’organisations internationales comme l’Unicef, de médias, et de religions, y participeront.

Le p. Hans Zollner, président du Centre, a souligné, dans un entretien à l’agence catholique italienne SIR, que « l’abus sexuel sur les mineurs existe dans toutes les sociétés, cultures et pays du monde. C’est un mal beaucoup plus répandu qu’on ne le pense ».

Terrifiant ? Il faut en parler

« L’Union européenne a lancé il y a quelques années une initiative intitulée, “Un sur cinq”. Cela signifie qu’un jeune garçon ou une jeune file sur cinq, c’est-à-dire 20% de tous les jeunes en Europe, est abusé sexuellement. Ce sont des chiffres terrifiants  », a-t-il rapporté. « Dans ce contexte, Internet – qui est un instrument de communication merveilleux – peut devenir très dangereux », a affirmé le jésuite en évoquant le “sexting” ou encore le “grooming”.

« Il s’agit d’un thème dérangeant, douloureux, difficile à affronter et il manque souvent la volonté de le faire, a-t-il fait observer : non seulement dans l’Eglise, mais aussi dans la société » car « personne ne prend note » des chiffres stupéfiants : « C’est un phénomène trop épouvantable pour en parler ? Certes, mais c’est justement pour cela que nous devons le faire. »

A travers ce congrès, a-t-il expliqué, l’Eglise « prend sa responsabilité » et travaille en collaboration avec les forces de l’ordre : « Nous ne sommes pas une réalité à part et nous devons non seulement reconnaître les lois, mais aussi collaborer avec l’Etat. Evidemment, quand une personne commet des abus sur un mineur, y compris par l’utilisation d’images pédopornographiques, il accomplit un acte grave. Mais c’est encore plus grave si celui qui commet l’abus est un prêtre ou un religieux. »

Education, réseaux sociaux, gouvernants

Pour combattre ces phénomènes, le p. Zollner a recommandé l’éducation : « il est toujours plus fondamental d’éduquer les jeunes à une utilisation responsable d’Internet ».

Il a estimé aussi que les dirigeants des réseaux sociaux, où les jeunes peuvent « être amis avec des personnes qu’ils ne connaissent pas », doivent déterminer « ce qu’ils veulent et peuvent faire » pour éviter les harcèlements.

Le jésuite a souligné également la responsabilité des gouvernants de « contacter les entreprises, de les mettre face à leurs responsabilités et puis – à travers une législation adéquate – d’arriver à un accord pour empêcher les abuseurs de chercher leurs victimes sur Internet ».

Dans l’Eglise, « le travail de prévention fonctionne » lorsqu’il est pris « sérieusement ». Mais, a-t-il déploré, « il manque souvent du courage… il manque aussi la connaissance du phénomène et la prise de conscience ».

Créé en 2012 à Munich (Allemagne), le Centre de la protection de l’enfance a été transféré à l’Université pontificale grégorienne à Rome le 16 février 2015.

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