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Carte du Moyen-Orient © Wikimedia Commons, domaine public

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ONU : Mgr Auza plaide pour la paix au Moyen-Orient

Le don précieux de vivre dans la paix et la sécurité (Traduction intégrale)

« La question palestinienne reste importante parmi tous les problèmes affectant le Moyen-Orient », affirme Mgr Auza. « Le Saint-Siège appelle les autorités israéliennes et palestiniennes à faire preuve d’une volonté politique déterminée à trouver une solution et à donner à leurs peuples le don précieux de vivre dans la paix et la sécurité ».

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies, est intervenu lors du débat ouvert du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne, à New York, 18 octobre 2017.

Il a invité les parties impliquées dans la guerre au Yémen à « entreprendre sans délai les démarches nécessaires pour parvenir à un cessez-le-feu afin d’ouvrir la voie à des négociations » et a appelé à « la fin immédiate de la violence et à une résolution pacifique dans le cadre d’un processus politique dirigé par la Syrie ».

Voici notre traduction de l’intervention de Mgr Auza.

HG

 

Monsieur le Président,

Le Saint-Siège tient à remercier la Présidence française d’avoir tenu ce débat public sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.

La région du Moyen-Orient continue d’être l’épicentre de multiples conflits armés animés par diverses causes et par les intérêts d’une multitude d’acteurs qui y participent d’une manière ou d’une autre.

Parmi les conflits qui préoccupent profondément la communauté internationale depuis 70 ans, il y a les négociations israélo-palestiniennes inachevées. La question palestinienne reste importante parmi tous les problèmes affectant le Moyen-Orient. Sa résolution aura un effet bénéfique en cascade sur les autres crises de la région, favorisant ainsi l’avènement d’une paix durable et le respect mutuel entre les diverses composantes et parties prenantes du Moyen-Orient.

Pour cette raison, le Saint-Siège réaffirme une fois de plus, comme depuis 1947, son soutien indéfectible au droit d’Israël et de la Palestine de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues dans une atmosphère de respect mutuel et de coopération. Le Saint-Siège réitère son soutien à la solution des deux États indépendants, convaincu que c’est la seule option qui permette la coexistence pacifique d’Israël et de la Palestine.

Le Saint-Siège appelle les autorités israéliennes et palestiniennes à faire preuve d’une volonté politique déterminée à trouver une solution et à donner à leurs peuples le don précieux de vivre dans la paix et la sécurité. Une telle détermination impliquerait de s’abstenir de toute action provocante, incitation ou rhétorique incendiaire, afin de désamorcer les tensions sur le terrain, de rétablir la confiance et de créer les conditions nécessaires aux négociations. Le soutien impartial de la communauté internationale est nécessaire pour aider les deux parties à négocier avec confiance et dans le respect des droits mutuels, en les aidant à réaliser qu’une négociation sincère est le moyen le plus efficace d’aboutir à un résultat honorable et mutuellement bénéfique.

Le Saint-Siège encourage tous les efforts qui favorisent un dialogue ouvert, le respect mutuel et la coexistence pacifique; en tant que tel, il reconnaît avec satisfaction l’accord récent entre les Palestiniens qui semble indiquer une volonté ferme de parvenir à une solution durable.

Le Saint-Siège souhaite réaffirmer le statu quo historique de Jérusalem, conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies, et rejette toute mesure unilatérale visant à la modifier. Ma délégation estime que la ville sainte doit être un lieu de convergence et de paix et que les fidèles des trois religions monothéistes du judaïsme, du christianisme et de l’islam – et en fait tous les hommes de bonne volonté – doivent pouvoir accéder librement aux Lieux Saints.

Monsieur le Président,

La guerre au Yémen continue de provoquer un désastre humanitaire de proportions apocalyptiques. Les acteurs impliqués doivent permettre l’accès et l’assistance humanitaires et respecter le droit international humanitaire, en particulier la sécurité de la population civile et des infrastructures, telles que les écoles, les hôpitaux et l’approvisionnement en eau. Les parties intéressées, internes et externes au Yémen, doivent réaliser qu’il y a beaucoup plus à gagner en s’asseyant à la table des négociations que de continuer ce qui est en train de devenir un conflit interne prolongé. Ils doivent entreprendre sans délai les démarches nécessaires pour parvenir à un cessez-le-feu afin d’ouvrir la voie à des négociations.

En ce qui concerne la Syrie, depuis le début de la crise, le Saint-Siège a appelé à la fin immédiate de la violence et à une résolution pacifique dans le cadre d’un processus politique dirigé par la Syrie, piloté par une vision internationale unifiée basée sur des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, incluant les négociations et conférences pertinentes. Tous les efforts doivent garantir l’unité et l’intégrité territoriale de la Syrie, garantir le retour en toute sécurité des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et consolider le soutien à la nature pluraliste de la nation syrienne.

Monsieur le Président,

Ma délégation souhaite exprimer la profonde gratitude et le fort encouragement du pape François à tous ceux qui s’efforcent inlassablement de trouver des solutions politiques équitables aux conflits au Moyen-Orient et d’aider de toutes les manières les victimes d’une violence indicible. Le Saint-Siège continue de se joindre aux appels à un financement accru pour aider les réfugiés et les pays hôtes touchés, en particulier la Jordanie, le Liban, l’Irak, la Turquie et l’Égypte.

Les droits de chaque citoyen partout au Moyen-Orient doivent être respectés. À cet égard, la primauté du droit, y compris le respect de la liberté de religion et de l’égalité devant la loi fondée sur le principe de la citoyenneté indépendamment de la race, de l’origine ethnique ou de la religion, est fondamentale pour la réalisation et le maintien de la coexistence pacifique et fructueuse entre les individus et les communautés de la région et au-delà.

Pour que 2017 soit le début d’une ère de paix pour tous les peuples du Moyen-Orient, toutes les parties concernées par les conflits dans la région, leurs alliés étrangers et l’ensemble de la communauté internationale ne doivent ménager aucun effort pour faire taire la clameur de la guerre et entamer des négociations sérieuses afin de trouver des solutions politiques durables aux problèmes, récents et en cours, au Moyen-Orient.

Merci, Monsieur le Président.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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